U A MADEMOISELLE
Mais un jour , c'était l'heure où le soin du ménage Retient la jeune fille à son foyer jHeux, Où l'on n'a pas encor composé son \isage Pour l'œil des envieux ;
J'entrai comme un ami qui vient avec l'aurore Solliciter sans bruit la porte d'un ami , Qui l'entr'ouvreet du seuil que son pied toucbeencore Demande : A*t-il dormi ?
Les meubles dispersés dans la salle nocturne, La lampe qui fumait j oubliée au soleil , Étalaient ce désordre , emblème taciturne D'une nuit sans sonuneil :
Des harpes et des chants, souvenirs d'une fête, Des livres échappés à des doigts assoupis , Et des feuilles de fleurs qui couronnaient ta tête Y jonchaient les tapis.
La veille avait flétri de ta blanche parure Les longs plis qu'à ton sein le nœud pressait encor. Et tes cheveux cendrés jusques à ta ceinture Roulaient leurs ondes d'or ;
Ton visage était pâle , une sombre pensée De ton front incliné lentement s'effaçait.
Et dans ta froide main ta main entrelacée Sur tes genoux glissait.