RÉPONSE DE M. REBOUL
DB HMES,
Juillet 1850.
Mon nom , qu*a prononcé ton généreux délire , Dans la tombe avec moi ne peut être emporté ; Car toute chose obscure , en passant par ta lyre Se revêt d'immortalité.
S*il est vrai que ma muse en plus d'une mémoire  laissé des accords et des pensers touchants , Chantre ami , qu'à toi seul en retourne la gloire ! Mes chants naquirent de tes chants.
C'est toi qui , faisant naître en mon âme ravie Cet espoir de laisser un noble souvenir, Me fois sacrifier, chaque jour de ma vie , Sur les autels de l'avenir.
* Voir la haUième barmonie, adressée par M. de Lamartioe h M. Reboal , p. 204.
RÉPONSE DE M. REBOllL. 3t9
C'est toi qui fus pour moi cet ange de lumière Qui se laisse tomber du haut du firmament , Et qui sur le palais comme sur la chaumière Se repose indifféremment.
Tu t'abattis vers moi. Des sphères immortelles Tu me vantas l'éclat , les chœurs mystérieux , Et soudain comme toi je secouai mes ailes Et nous partîmes pour les cieux.
Quelle extase inconnue a subjugué mon être !
Quel jour éblouissant mes yeux ont vu paraître !
Et quel concert ai-je entendu 1 Dans ces ravissements mon âme s*évapore ; Et je voulais franchir quelques mondes encore...
Sans toi je m'y serais perdu.
Mais tu m'as dit : Voilà l'inflexible barrière ; Tu vas voir s'éclipser nos songes de lumière.
Descendons , les ordres divins Veulent que ce bonheur, ces clartés sans mélange , Passent rapidement pour que l'homme, de l'ange
N'envahisse pas les destins.
Attendons que le temps ait achevé sa course ; Que la mort à l'esprit abandonne la source
De celle pure volupté ; Que des jours éternels l'astre éternel se lève , Alors , la terre alors ne sera que le rêve ,
Et le ciel la réalité !
380 HÉPOKSE t>E M. REBOdL.
Et quand tu me rendis aux terrestres domaines, Je sentir s*allumer une fièvre en mes veines
Dont rien n'a pu calmer l'ardeur, Si ce n*est une lyre entre mes mains vibrante , Et faisant apparaître une image enivrante
De tout ce qu'éprouva mon cœur.
Rayons dont s'inonda mon avide paupière ,
Ehl comment, replongé dans cette ombre grossière,
Comment ne pas vous exalter I Ineffables accords des célestes génies.
Gomment, en retrouvant dliumaines harmonies,
Comment ne pas vous répéter 1