‹ uvres completes de M. de LamartineChapitre 31 sur 48 · L'AUTOMNE · texte numérisé non relu

L'AUTOMNE

Salut! bois couronnés d'un reste de verdure! Feuillages jaunissants sur les gazons épars ! Salut! derniers beaux jours; le deuil de la nature (Convient à la douleur, et plaît à mes regards.

Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire ; .lainie à revoir encor, pour la dernière fois . Ce soleil pâlissant , dont la faible lumière Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois.

Oui , dans ces jours d'automne où la nature expire, A ses regards voilés je trouve plus d'attraits; C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire Des lèvres que la mort va fermer pour jamais.

Ainsi , prêt a quitter l'iiorizon de la vie, Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui , Je me retourne encore, et d'un regard d'envie Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui.

Terre, soleils, vallons, belle et douce naliire, Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau 1 L'air est si parfumé ! la lumière est si pure 1 Aux regards d'un mourant le soleil est si beau!

Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie Ce calice mêlé de nectar et de fiel : Au fond de cette coupe où je buvais la vie. Peut-être restait-il une goutte de miel.

Peut-être l'avenir me gardait-il encore Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ! Peut-être dans la foule une âme que j'ignore Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu !...

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphyre ; A la vie, au soleil . ce sont là ses adieux ; Moi, je meurs; et mon àme, au moment qu'elle expire S'exhale comme un son triste et mélodieux.

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