I. Soiilu'onistiis et MiMicxoiiiis
déjà assez grand ' ; et on fit end-er les femmes de sa famille-. Il leur parla quelque temps en présence de Crilon , et leur donna ses ordres ; ensuite il fit retirer les femmes et les enfants, et revint nous trouver; et déjà le coucher du soleil a[)prochait, car il était resté longtemps enfermé.
Mais je pense, Socrate, lui dit Ciiton, que le soleil est encore sur les montagnes , et qu'il n'est pas couché : d'ailleurs je sais que beaucoup d'autres ne prennent le poison que longtemps après que l'ordre leur en a été donné ; ([u'ils mangent et qu'ils boivent à souhait , fjuelques-uns même ont pu jouir de leurs amours ; c'est pourquoi ne te presse pas , tu as encore du temps.
Ceux qui font ce que tu dis, Criton, répondit Socrate, ont leurs raisons; ils croient que c'est autant de gagné : et moi, j'ai aussi les miennes pour ne pas le faire; car la seule chose que je crois gagner, en buvant un peu plus tard , c'est de me rendre ridicule à moi-même, en me trouvant si amoureux de la vie, que je veui'le l'épargner lorsciu'il n'y en a plus^. Ainsi donc, mon cher Criton, fais ce que je te dis, et ne me tourmente pas davantage.
A ces mots, Criton fit signe à l'esclave qui se tenait auprès.