‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 157 sur 756 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LÉONIE, seule.

Pauvre enfant! que je m'estimerai heureuse si

je puis la sauver ! ( Klle s'aesied à gauche , reste plougt^ dans «es réflexions et le coude appujé sur la table ; ses regards tombent sur les lettres quelle y a laissées. } Ache- VOUS... ( Elle en ouvre une. ) DU COmtC de LémOS, de mon père... (EUe porte U lettre i ses lèvres. Lisant :)

tt Mon enfant chéri , ma fille, voilà bien longn temps que je ne vous ai écrit; mais si enfin je » puis le faire, si j'existe encore, je le dois au » plus noble, au plus généreux des hommes, à » celui que je vous ai donné pour mari. Vous » avez su ma disgrâce et mon rappel en Espagne: » mais ce que vous ignorez , c'est que , quelque » temps après mon retour, arrêté comme ancien » membre des Cortès , j'ai été dépouillé de mes a biens,etcondamnéà une peine infamante •

UNE FAUTE

( S'interrompant. ) Grand DieU !••• ( Gontiooant. )

« L'arrêt était porté ; et avant que vous puissiez » rapprendre, mon gendre accourt à Madrid... 11 » voit Tambassadeur, nos ministres, tout est » inutile. Alors, à force d*or, d'adresse et de » courage , il parvient à me faire évader, et me » conduit sur une terre étrangère , où il a par- » tagé mon exil , et tous mos maux , jusqu'au jour » de la Justice , qui est enfin arrivé... On me rap- » pelle, on me rend mes biens... mais à mon âge, » à soixante-dix ans , je ne puis jamais espérer » m'acquitter envers Ernest... C'est vous, mon » enfant, que je charge de ce soin... c'est vous » seule qui pouvez payer mes dettes... Songez > que si jamais vous lui causiez le moindre cha- * grin, j'en mourrais, ma fille. » (Elle retombe la

tête appuyée dans let mains ) O mon Dieu !

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