‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 186 sur 756 · SCÈNE VIL Les Précédents; GUICHARD* qm «rt enu^ «ont · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL Les Précédents; GUICHARD* qm «rt enu^ «ont

doucement , et ({ui Ice regarde.

OUIGHARb.

Me voilà, belle-mère!

ROSE et MADAMB BBATTlIftlflL.

0 ciel! M. Guichard!

OUIGHARft.

Restes donc , Je vous en prie. Ce qw touI regardiez vaut mieux que ce que vous illei voir* C'est assez galant, n'est-ce pas, belle-mère? Mais si on ne l'était pas un Jour de nooe I

MADAME BEAUMÉNIL, embarraaAe.

Mais comment étes-vous donc entré?

GUICHARD, d^unalffin.

Ah! dame ! les maris le glissenl parlDiit fà trouvé la porte ouverte.

MADAME BBAUMÊNIL.

Je croyais l'avoir ferméOé

ROSE, interdite.

Et, VOUS venez...

GUICHARD

Parbleu , je viens vous chercher.

LES D^UX FEMME3i se regardant.

Nous chercher!

GUICHARD

Sans doute. Dites donc, il y a des gensqd tiennent à se marier dans les églises ; mais oomiK en ce moment elles sont fermées , l'essentiel c'M la municipalité. Nos amis y sont déjà, avec mes deux témoins, un pharmaden et un cafntahie: c'est mon compagnon d'armes.

ROSE

Le pharmaden >

OtICHARD.

Non, le aq)itaine; du temps que j'étais BOX limées, dais les ambilances, ooDiarildv Itaui,

JEUNE ET VIEILLE

et depuis médecin du Directoire, qui est mort entre mes mains. Pauvre Directoire I Je vois avec plaisir que la mariée ne se fera pas attendre.

ROSE , à ta mère.

Ah ! mon Dieu ! il ne sait donc pas...

MADAME BBAUMÉNIU

Monsieur Guicbard , est-ce qu'en rentrant chez VOUS tout à rheure , on ne vous a pas remis?...

QUICBABD.

On aurait eu de la peine : je ne suis pas rentré chez moi depuis hier.

MADAME BEAUMÉNIL.

Conunent I

BOSB, ba».

n n'a pas reçu ma lettre.

MADAME BEAUMÉNIL | bas.

C'est égal, il faut le prévenir.

GDIGBARD , remarquant leur trouble.

Eh ! mais, qu'avez- vous donc? (D*un airientu meniai.) Est-ce quc Ça VOUS luquièto, Rose, que je n'aie pas couché chez moi?

BOSB.

Oh ! ce D*est pas cela.

GUICUABD.

Calmez-vous, chère amie: c'est que j'étais à Versailles pour une succession qui m'est tombée sm- la tête, comme une tuile; mais ça ne m'a pas fait de mal; une succession, celle de mon oncle Guillaume, ancien fournisseur dans les fourrages, qui m'a laissé vhigt mille livres de rentes, c'est modeste.

MADAME BEAUMÉNIL.

Tu Pentends, maûlle.

BOSE , arec humeur.

£h ! maman , je ne suis pas sourde. ( a oniehard tiinidemtnt. ) Comment I monsieur Guicbard, et cette fortune subite, cet héritage ne vous a pas lait changer d'idée à mon égard ?

GUICDABO.

Changer d'idée , moi ? an contraire.

MADAME BEAUMÉNIL.

Quelle délicatesse !

OUICHABDé

Kon , ce n'est pas par délicatesse, c'est par calcul. Voyex-vous, moi, je n'ai pas l'air, mais de nia nature je suis un peu faible, cl une femme riche, habituée au monde, je ne serais pas le nwître; tandis qu'avec une petite fille pauvre, modeste, qui me devra tout...

MADAME BEAUMÉNIL.

C'est bien plus rassurant.

GUICHABD.

El puis, ce qui m'a décidé pour l'aimable Rose, c'est cette figure candide. ( Bc»e bais^^ les y«w. ) Ce n'est pas elle qui aurait une intrigue à l'insu de sa mère. Voyei tes yeux baissés : avec

ça , un mari est sûr de son fait , c'est bien tranquillisant

MADAME BEAUMÉNIL.

Quel brave homme! (Aaaûiie.) Ah çà, il faut pourtant le détromper, lui dire que tu ne l'épouses pas.

BOSE , la pounant près de lui.

Chargez-vous-en , maman , je vous en prie.

GUICHABD.

Aussi je veux qu'elle soit bien heureuse, qu'elle

éclipse tout le monde ! ( Tirant un écrin de sa poche. )

Et d'abord voilà un petit écrin qui manquait à la corbeille.

MADAMB BBAUMÉNIL, oufrtnt récria.

Des diamants!

BOSE , le prenant des mains de sa mère.

Des girandoles ! eh bien , je crois qu'il gagne à être connu , une bonne physiononde.

GUICHABD.

Et pour la maman un petit cadeau.

( Il lui présente un étui de lunettM.) MADAME BBAUMÉNIL.

Pour moi ! un étui î des lunettes ! des lunettes d'or! (Bas à Bose.) Ah! dis-lui, toi, ma fille; je n'ai pas le courage.

( Elle fait passer Bose auprès de Guicbard.) GUICHABD.

Et puis une surprise que je vous garde encore.

BOSE

Encore!

GUICHABD.

C'est d'occasion ; mais nous en jouirons tout de suite, un joli cabriolet que j'ai acheté à un membre des Cinq-Cents qui s'en va avec les autres ; il a sauté par la fenêtre. Et moi je serai de là.

( U imite quelqu*an qui conduit on cabriolet. ) BOSE.

Une voiture! une voitme! maman.

MADAME BBAUMÉNIL.

Une voiture, ma fille! juste ton rêve de cette nuit.

GUICHABD, avec joie.

Elle avait rêvé & moi !

MADAME BEAUMÉNIL.

Oui , à une voltiu-e, dans laquelle vous étiez , avec vingt mille livres de rentes.

GUIGHARD.

Il y en a dnq de plus, et tout cela à votre porte; car j'entends le cabriolet qui vient nous prendre.

( îï Ta regarder à U fenêtre. ) MADAME BEAUMÉNIL, à sa fiUe.

Et la Gibelet qui est toujours à sa fenêtre , qui nous verrait passer.

œUVRES COMPLÈTES DE SCRIBE.

ROSE, l ptrt.

Ah ! je n'y tiens plus. Certainement j'aimerai toujours Emile; ob ça! Mais je l'attendrais dix ans qu'il n'en serait pas plus avancé.

MADAME BBAUMÉNIL.

Eh bien?

BOSE , avec effort.

Eh bien I maman , je me sacrifie.

MADAME BEAUMÉNIL.

Est-il posnble?

ROSE , pleurant dam ie« brat.

Mais pour vous, pour vous seule, car je suis bien malheureuse.

GUICHABD, revenant à elle.

Eh bien ! eh bien ! comme disait le Directoire, partons-nous?

ROSE

Ciel! Angélique ! Je vous en prie , pas un mot de ce mariage.

6DICHABD.

Gomment?

Je vous dirai mes raisons. Mais partons sur-lechamp.

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