‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 238 sur 756 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

RODOLPHE, puis HENRIETTE.

RODOLPHE

Je ne puis y croire encore. C'est comme une fée bienfaisante, à qui rien n'est impossible. C'est Henriette...

HENRIETTE, accourant.

Ah ! mon ami , si vous saviez ; quelle nouvelle!... quel bonheur!

RODOLPHE

Qu*est-ce donc ?

HENRIETTE

Ce matin sont venus ici deun inconnus, deux grands seigneurs , à ce qu'il parait , et je reçois à l'instant une lettre de l'un d'eux, où, comme ûile d'un ancien officier, l'on me propose d'être demoiselle d'honneur de la duchesse douairière , la princesse Ulrique , la tante de notre souverain.

RODOLPHE, à part.

Qu'est-ce que cela signifie?

HENRIETTE

On ajoute que, tout à l'heure, un conseiller de son altesse, un chambellan , viendra me prendre dans une voiture du prince, et que j'aie à me tenir prête.

RODOLPHE

Et une pareille offre pourrait vous éblouir?

Et pourquoi pas ? c'est si gentil ! et puis c'est honorable.

RODOLPHE

Honorable! Ne voyez- vous pas que c'est un piège? que quelque grand personnage, qui a daigné jeter les yeux sur vous , se sert de ce prétexte pour vous attirer à la cour ?

HENRIETTE

Et l'on croit que je pourrais accepter? Non, Rodolphe. Qu'il vienne ce chambellan , et devant lui, devant tout le monde, je dirai que , pauvre et malheureuse, je vous préfère à tous, et que je vous aime , parce que vous m'êtes fidèle.

( Apercevant Amélie qui tort du cabinet. ) Ah I mOH

Dieu ! encore une femme ici ! et une nouvelle ! et pourquoi donc, Rodolphe ?

RODOLPHE

Silence.

HENRIETTE , te tenant contre lui.

Pourquoi donc est-elle aussi belle ?

RODOLPHE

Taisez-vous, de grâce.

GEUVtlEâ COMPLÈTES DE SCRIBE.

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