HENRIETTE, LE SURINTENDANT
LE SURINTENDANT
Que je vous remercie de lui avoir parlé en ma faveur ; que lui avez-vous donc demandé ?
HENRIETTE
Moi ! rien : vous le saurez.
LE SURINTENDANT
Je n'insiste pas ; mais en revanche , je vous promets que, quels que soient les partisans de la comtesse, demain elle n'en aura plus.
HENRIETTE
Comment?
C'est qu'elle est congédiée aujourd'hui; et en vous laissant guider par les gens dont les intérêts sont liés aux vôtres....
HENRIETTE , qui n*a eutendu que let deroiert mob.
Vous êtes bien bon , et je vous remercie. Ditesmoi alors...
LE SURINTENDANT
Tout ce que vous voudrez...
HENRIETTE
Savez-vous pourquoi le comte Rodolphe, votre neveu , était tout à l'heure ici?
LE SURINTENDANT
Lui , en ces lieux !
HENRIETTE
Je l'ai vu*
LE SURINTENDANT, avec dépit.
Mon neveu ! il y venait pour la signora Augusta , avec qui il est d'intelligence.
HENRIETTE
Vous croyez?
LE SURINTENDANT
Ten suis sûr.
Cette femme-là , je la déteste...
LE SURINTENDANT
Et moi aussi ; heureusement , et quoiqae le prince tienne beaucoup à son talent , il suffira d'un mot de vous pour la faire congédier.
HENRIETTE
Un mot de moi?
LE SURINTENDANT
Sans doute ; vous ne connaissez pas votre pouvoir. Dès que vous direz : « Je le veux ! » chacun doit obéir, et il faut le dire souvent., le dire à tout le monde , ne fût-ce que pour prendre acte , pour vous installer souveraine daus Topinion , et pour y habituer la cour, le peuple , et le prince lui-même, habitude qui, à la longue, acquiert force de loi , et devient presque de la légitimité.
HENRIETTE , à part.
Je crois que c'est lui.
LE SURINTENDANT
Tout ce qu'on vous demande , c'est la sévérité la plus absolue, l'indiOérence la plus complète; n'éprouvez rien , n'aimez rien , et vous goûtera, au sein de la grandeur, le sort le plus heoreoL On vient.
HENRIETTE
Rodolphe 1