SCÈNE II
Les PaÉGÉDENTS ; AMABLE , en habit de bal , cortnme du jour un peu outré.
AMABLE, à la cantonade.
G'estbien, c'est bien, s'ils ne sont pas couchés...
LUDOVIC
Notre propriétaire.
STÉPHANIE
Monsieur Amable de Roquebrune !
AMABLE
Eh! bonjour, mes amis; savez-vous que c'est bien mal d'avoir quitté le bal comme ça, moi qui voulais revenir avec vous !
LUDOVIC
Bah ! vous étiez à la bouillotte.
Justement, vous êtes cause que j'ai perdu jusqu'à mon dernier philippe. Je ne sais pas comment ça se fait; c'est toujours de même. Je ne suis heureux en rien.
LUDOVIC
Laissez donc! à votre âge, répandu dans le grand monde , et riche comme vous l'êtes...
AMABLE , avec mélaocolie.
Ah ! la fortune ne fait pas le bonheur !
STÉPHANIE
Vous avez bien raison.
AMABLE
Et lorsque la sensibilité dont on est doué, et qui ne demanderait qu'à s'épancher, se trouve , par la force des circonstances , en quelque sorte concentrée, et comme forcée de retomber sur elle-même, on a bien du vague dans l'âme, mon voisin, on est seul dans la foule.
LUDOVIC
n me semble cependant qu'avec madame de Roquebrune...
AMABLE
Ma femme! oh! certainement, elle tient de la place dans ma vie ! ne fût-ce que par son embonpoint Pauvre Amanda! je ne lui fais pas de reproches , ce n'est pas sa faute , si elle est ma femme; je n'en accuse que moi, et ma délicatesse.
STÉPHANIE
Et comment cela?
Je l'avais aimée autrefois... Elle toujours! et
Tannée dernière, qnand elle devint veuve, elle avait cinquante mille livres de rente, et autant d*années; moi Je ne possédais que ce que vous voyez... un physique assez agréable, de la Jeunesse , un beau nom, c*est peu de chose ; c'était trop encore , puisqu'elle voulut absolument m'épouser; moi, je ne voulais pas; mais elle me menaça d'être malade, de mourir à mes yeux, de mourir de consomption.
STÉPHANIE et LUDOVIC.
0 ciel 1
AMABLE
Et pour sauver ses Jours, victime d'une délicatesse exagérée!... vous savez le reste. Amanda se.porte à merveille , et continue d'exister , heureuse et fière de son choix, tandis que moi, attaché à une chaîne dorée , qui , par cela même , n'en est que plus pesante ! prisonnier dans ce bel hôtel qui m'appartient , et dont je vous ai loué le premier étage à raison de cinq mille francs par an , je tfiche de m'étourdir de mon mieux ; Je vais aux Itoliens ; je sème l'or à pleines mains ; J*ai des chevaux, des équipages; Je vois tout le monde, Je ne vois jamais ma femme; mais, comme je vous le disais , le plaisir n'est pas le bonheur , et votre malheureux voisin est bien h plaindre.
STÉPHANIE
Pauvre jeune homme ! il fout venir souvent nous voir, nous vous consolerons.
AMAELB.
Vous êtes trop bonne l et, pour commencer, je viendrai vous demander à dîner aujourd'hui.
LUDOVIC
A la bonne heure.
AMABLB.
Ifa femme dtne en ville, j'ai congé. Je suis garçon. ( a Stéphanie. ) Et puis J'avais à parler à votre mari.
STÉPHANIE
Je vous laisse. Je vais ôter ma robe de bal, il ne s'agit que de réveiller ma femme de chambre.
LUDOVIC
Et pourquoi donc? cette pauvre Annette, qui s'est couchée si tard...
( Il pane aoprèsde Stéphanie.) Air dei Carabinien (âê Fra Diavolo ).
A ses domestiques, je pense, On doit quelques égards..* Mais moi , Ne puis-j« pas, en son abseoc«, La remplacer auprès de toi?
AMABLE
Channant!
LUDOVIC , I Amable.
Vous pormettei, j'espère...
AMABLB* Ne TOUS gênez pas entre noqs.
Quoique je sois propriétaire.
Faites toujours comme chez tous.
BMSBIIBLI.
LUDOVIC
II faut un pen de complaisance Pour ses domestiques... et mol, Je vais, ma chère , en son absence, La remplacer auprès de toi.
STÉPHANIE
II faut un pen de complaisance Pour ses domestiques... et toi , Ta vas , mon cher, en son abtenee La remplacer auprès de moi.
AMABLB* C'est avoir trop de complaisanee Pour ses domestiques... Pourquoi Un tel service , en leur absence.
Ne peatril être fait par moi ?
(Ludovic tt Sl^banie eotrenl daas U
fbantbfe I droihk)
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