‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 261 sur 756 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LUDOVIC, en cottumedeTiUe; AMABLE.

LUDOVIC

Me voilà , mon cher voisin* et avons.

LE BUDGET D'UN JEUNE MÉNAGE

AMABLE

Je venais tous proposer une affaire. Tai id , an premier, on appartement de garçon, qoi toacbe au vôtre, deux petites pièces charmantes donnant sur le boulevard; et comme Tautre Jour votre femme se plaignait de n'avoir point de boudoir...

LUDOVIC

Vous avez raison, cette chère Stéphanie!...

AlfABLE.

Xai pensé qu*U nous serait agréable, à vous de prévenir ses vœux, et à moi de louer un appartement vacant.

LUDOVIC

Certainement

AUABLE.

D*autant que c'est pour rien, mille à douze cents francs.

LUDOVIC

Oh ! certainement , mais c'est qu'ayant déjà cinq mille francs de loyer, cela fera...

Deux mille écus, un compte rond; qui estce qui n'a pas deux mille écus de loyer? il est impossible de se loger à moins, quand on a nn certain rang , nne certaine fortune.

LUDOVIC

Vous avez raison , d'autant plus que j'attends aojourd'hui ma nomination à une place importante.

AllABLB.

VndmentI

LUDOVIC

C'est sûr, on me l'a promise, le ministre est ■on ancien camarade de collège, et sll est vrai que Stéphanie vous ait parlé de ce boudoir...

AUABLE.

Je vous l'atteste.

LUDOVIC

Cette pauvre petite femme! dès que cela lui fait plaisir.... Par exemple , je vous demanderai un service. Il se peut qu'aujourd'hui, à i dtoer, vous vous trouviez avec le frère de ma femme, Victor d'Hemetal, qui vient d'arriver àParIs.

AlfABLE.

D'Hemetal! n'est-ce pas un manu&cturierde Rouen?

LUDOVIC

Oui. Ne lui parlez pas de cette augmentation de dépense , non plus que du loyer de six mille francs.

Est-ce qu'on parle jamais de cela? est-ce que vous me prenez pour une quittance?

LUDOVIC

Non pas que ce ne soit notre ami, notre meilleur ami ; mais cette année, j'ai été un peu vite, et ces négociants de province sont des gens en arrière , qui croient tout perdu dès qu'on est en avance ; mais dès que j'aurai ma place...

AUABLE.

En attendant , vous avez des amis ; car je vous prie, dans l'occasion, de regarder ma bourse comme la vôtre, c'est comme je vous le dis; et je me fftcherais si vous ne vous adressiez pas à moi.

LUDOVIC

Vous êtes trop bon , comment reconnaître ?.. .

AMABLE

Soyez tranquille , je me payerai moi-même ; Je veux dire, je suis trop payé par le bonheur de vous être utile. Voilà donc qui est dit, à tantôt, à dîner; surtout pas de façons.

LUDOVIC

Soyez tranquille.

AMABLE

n se peut que je vous amène deux de nos amis.

LUDOVIC

Avec vous, ils seront les bien reçus...

Edmond , qui a de si beaux chevaux, et Dageville , qui a une si jolie femme.

LUDOVIC

A laquelle vous pensez , à ce qu'on dit

AMABLE

C'est possible , (en confidence) et à blcu d'autrcs encore.

LUDOVIC

Vous?... nn homme marié !

AMABLE

Raison de plus, c'est loyal , parce qu'au moins il y a une revanche h prendre, et moi , je n'empêche pas.... Adieu donc, à ce soir; est-ce qu'après dîner vous n'irez pas à l'Opéra ?

LUDOVIC

Non , je resterai ici avec ma femme, qui sera fatiguée, et se couchera de bonne heure. '

AMABLE

C'est juste ; alors je resterai avec vous. Et ce matin , est-ce que vous ne sortirez pas ?

LUDOVIC

Non , j'ai à causer avec ma femme.

AMABLE, i part.

C'est ça, toujours ensemble! impossible de la trouver seule un moment ; ma foi , j'écrirai , c'est plus commode, et à la première occasion...

Air du Piège.

Il tic grand Joor.

AMABLE

Bonne nuit, Jt toit tagt.

Et Je m'en vais me livrer aa sommeil.

Ma Terome et moi nous sommes en ménage ,

Comme la lune et le soleil.

Astres rivaux dont la course s'achève Sans se heurter et sans se rapprocher... Adieu... Voilà ma femme qui se lève, Je m'en vais me coucher.

(Il sort.)

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