ARTHUR, MISS CLARENCE
MISS CLARENCE , sortant de Tappartement 4 gauche.
Je respire, nous sommes tous d'accord, la
paix est signée... (montrant une lettre qu'elle tient)
un peu aux dépens de sir Robert , mon tuteur. Malheur aux absens! Et de tout le château, il n'y a plus maintenant que sir Arthur à gagner...
(Elle aperçoit Arihur qui va regarder au ibnd, et ferme
la porte à gauche) Cl je ue crois pas que ce soit bien difficile.
ARTHUR , revenant près d'elle, et & voix batâe.
Ce matin , Madame , quand j'ai refusé de vous servir, j'ignorais les dangers qui vous menaçaient. Je les connais , ils sont très-grands.
MISS CLARENCE, aouriant.
Vous croyez ?
ARTHUR
On a juré votre perte, mais vous avez des défenseurs... vous en aurez, du moins, tant que j'existerai... Venez...
Ajr : Restes , restez, troupe Jolie.
Voiro aspect double mon courage, Je réponds de voire destin ; Je saurai m'ouvrir un passage , Fùi-ce les armes à la main.
MISS CLARENCE
Quoi! braver un péril certain !
ÀRTnCR.
Qu'importe, si je vous délivre!... Oui , désormais je dois vous fuir ; Et si pour TOUS je ne peux vivre.
Pour TOUS du moins je peux mourir.
III88 CLARENCE
Le ciel m'est témoin que je ne vous en demande pas tant., et vous pouvez compter sur ma reconnaissance, si vous consentez seulement à me ramener à Carlisle.
ARTHUR
Moi! vous y laisser retourner!... ne l'espérez pas.
MISS CLARENCE
Et pourquoi donc ?
ARTHUR
N'est-ce pas là qu'est la cour?... n'est-ce pas là qu'un rival vous attend?... Jamais, jamais... vous n'irez pas , je m'y oppose.
MISS CLARENCE
Il est le seul maintenant !... (Avec joie, et prête à s'oubUer.) Monsicur Arthur... ( se reprenant. ) Monsieur , vous êtes un bon et honnête jeune homme.
Vous n'êtes pas avide, ambitieux, comme tant d'autres, et c'est rare, je vous en estime davantage ; mais je ne perds pas l'espérance de vous ranger de mon parti.
ARTHUR
Je vous le répète, je repousse toutes vos offres.
MISS CLâRBNGE, louriant.
Quoi ! toutes?
ARTHUR
Oui , Madame.
MISS CLARF.NCE.
J'ai bien envie d'essayer. Et si je vous disais : « Je suis jeune, je suis riche, j'espère bientôt être libre et maîtresse de ma main , Ja voulezvous?»
ARTHUR
0 ciel !
MISS CLARENCE, riant.
C'est une supposition ; mais si je parlais ainsi , que répondriez-vous?
ARTHUR
Ne me le demandez pas.
MISS CLARENCE
Vous hésitez?
ARTHUR
Non , je n'hésiterais pas un instant... j'en mourrais peut-être , mais je refuserais.
MISS CLARENCE , avec joie.
Ah ! que je vous remercie !
ARTHUR, étonné.
Que voulez-vous dire ?
MISS CLARENCE
Que je ne vous en aurais jamais cru capable... et c'est une action qui me touche, qui m'émeut jusqu'aux larmes. Vous en serez récompensé , je vous le promets, et pour commencer, je veux vous donner un bon conseil. Ne vous mêlez jamais d'aucun complot, surtout avec de vieux courtisans, qui ont conspiré sous tous les régimes.
ARTHUR
Et pourquoi?
MISS CLARENCE
Vous seriez toujours dupe de votre franchise » de votre générosité ; et ces dangers que vous aurez cru partager avec eux... ils sauront s'en retirer , en vous y laissant exposé.
ARTHUR » avec impatience.
Eh! Madame... (On entend un bruit de musique en
dehors.) Écoutcz... entendez - VOUS ces pas... ce bruit confus?... Ils viennent., pour vous immoler peut-être.
MISS CLARENCE, souriauU
Je ne crois pas.
Vous avez négligé mes avis , mais je saurai do moins mourir en vonsdéfendant.. Venez... veoei!
( Il la prend par la main , tire ion épée et le met derantdk. )