‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 317 sur 756 · SCENE VIL · texte numérisé non relu

SCENE VIL

6DiN£TTA , GERTRUDE , LE CARDINAL , LB PEINGE DE FORLL

(Le cirdintl et le prince entrent en causant à gancke du tbéitre.)

Air : Mais pour qu'en/in l'hymen couronne (du Philtrx).

LB CARDINAL, an prince.

Pour repousser celle alliance, Quels sont donc tes motifs secrets?

Dis-m'en un seul.

LB PRINCE , à ton onde.

£b mais !

Ma répugnance.

GIANBTTA , de Tautre côté , apercerant le prince. Que TOis-je.ô ciel!

GERTRUDB,bas« Quoi donc?

GIANETTâ , de même.

C'est lui.

GERTRUDE , bas* Comment: le prince de Forli?

GIANBTTà, bas.

Oui, ce jeune inconnu qui me reçut chez lui.

GERTRUDE, bas.

El qui TOUS adorait?

GIANBTTA.

Sans doute.

GERTRUDE

Taisei-vous.

Un mot nous perdrait tous.

(Haut, et s*sdreasant au cardinal, qui a toujours causé bas avec son nereu. ) Monseigneur, vous voyez ce jeune soprano Que vous attendiez.

LB PRINCE , se retournant vivement.

Gianino!

Cest lui qu'hier... oui vraiment... c'est bien lui. A son aspect mon cœur a tressailli.

BNSEMBLR.

GIANETTA , à parU Ah! malgré moi combien sa vue Vient agiter mon âme émue !

Je sens, bêlas ! battre mon cœur D'étonnemeot et de frayeur.

GERTRUDE , bas , à Gianetta.

Je sens combien , à cette vue.

Votre âme , hélas ! doit être émue ; Mais avec soin , dans voire cœur.

Renfermez bien cette frayeur.

LB PRINCE , à part.

Ah ! malgré moi , combien sa vue Vient agiter mon Ame émue!

Je sens déjà battre mon cœur lyétonnement et de bonheur.

LB CARDINAL, à part.

Mais de son trouble, à cette vue, Vraiment mon Ame est confondue; Je n'entends rien , sur mon honneur, A sa surprise , à son bonheur.

LE CARDINAL » à son neveu.

Eh bien! eh bien!

Qn'tt-tttdono?

LB PBINCB 9 regardant toujours Gianetta. Rien.

GERTRUDE , bas à GianetU.

Tenez-vous bien.

GIANETTA , à part.

Cachons-nous bien.

LB PRINCE , avec émotion , et regardant toujours Giaoetta. Je suis ému de souvenir.

Car, à l'entendre hier, j'éprouvais un plaisir...

BNSBMBLK.

GIANETTA

Je sens, hélas ! battre mon cœur D'élonnement et de frayeur.

GERTRUDE

Mais avec soin , dans votre cœur.

Renfermez bien cette frayeur.

LE PRINCE

Je sens déjà battre mon cœur D'étonnement et de bonheur.

LE CARDINAL

Je n'entends rien , sur mon honneur, A sa surprise , à son bonheur.

( Pendant la fin de cet ensemble , deux domestiques ont apporté une table servie qu'ils ont placée à droite du tbéitre.

GIANETTA , an prince.

Quoi ! monseigneur était hier à mon début?

LE PRINCE, à part.

Et la voix aussi 1... c*est inconcevable , ou plutôt je cherche moi-même à m'abuser, car je la Tois

partOtft. (Haut, et passant auprès de Gianetta.) Ouî,

Gianino , oui , j*étais à votre début, et ce cri involontaire que je n'ai pu retenir à votre première apparition...

GIANETTA

C'était vous?

LE CARDINAL

Avant même qu*il n*eût chanté... Voilà le vrai dilettante !

Et si vous saviez, mon oncle, quel'talent! quelle expression ! quelle voix suave et légère ! 11 a été sublime. Je n*en ai pas dormi de la nuit. Gianino, votre main... Vous avez en moi un admirateur, un ami , je vous le jure. Eh mais ! vous tremblez!

GIANETTA

Non, mon prince.

LE PRINCE

Quand vous me connaîtrez mieux, vous ne serez pas étonné de l'intérêt que je vous porte... Taime les arts, comme tout ce que j'aime... et avec ardeur, avec passion... Vous logerez dans ce palais, chez mon oncle...

GIANETTA

Permettez...

LE PRINCE

C'est convenu , vous ne sorth^ pas did ; et en échange de udtte amitié, tout ce que nous vous

(OUVRES G0)IPUïTB(3 DE SCRIBE.

demandons, c'est une cavatine par Jour. Moi, d'abord , je parle de tous à tout le monde , et j'ai déjà arrangé un concert par souscription : dix piastres par tête !... et on s'arrachera les billets, je m'en charge. Et puis n'oubliez pas qu'aujourd'hui à midi, vous avez répétition du Stabat. J'irai, je Yeux TOUS entendre.

LE CARDINAL, à Gertrude.

La musique lui fera perdre la tête , c'est sûr.

GERJRVDE , à mi-voix.

Laissez-le faire. C'est par le seul Gianino que nous pourrons obtenir son consentement à cette alliance.

LE CARDINAL , à mi-roix.

Vous croyez ? c'est tout ce que je désire. Ça et lé déjeuner...

GERTRUDE , montrant U tabla qu^on a apportée.

On vient de le servir...

(Uu domestique place à gauche une petite tabla, lur laqoalla

lont des bouteilles, dans des Tttes à rafraîchir.)

LE GARPINAL.

Qu'on ne s'occupe plus de rien. Mon neveu, mon neveu, mettons-nous à table. Mon neveu, i ma droite ; notre jeune virtuose , id , près de moi.

GERTRUDE

Monseigneur n'a pas sa chanceliëre?

LE CARDINAL

C'est vrai.

GERTRUDE , derrière lui et lui plaçant un oreiller sur son fauteuil.

Et monseigneur est mieux quand il est appajé.

LE CARDINAL

C'est bien, c'est bien. Cette bonne madame Gertrude pense à tout.

GERTRUDE

Oh, mon Dieu! non, car j'oubliais que j'avais une grâce à vous demander.

LE CARDINAL

Est-elle adroite ! elle sait bien qq'il y a des moments où je ne peux rien refuser.

GERTRUDE

C'est un pauvre diable qui demande au p?4(|is* cardinal la place d'organiste vacante, et qui, avant tout , prie monseigneur de vouloir biei^ l'entendre.

LE CARDINAL

A la bonne heure, cela n'empêche pas ^e ^é* jeûner. £t puis , en présence du signor et de mon neveu, il sera jugé par des connaisseurs,., f^isle entrer.

GERTRUDE

Oui, Éminence... (Allant auprès du cardinal.) Je

prie seulement monseipeur de manger lente<> ment, cela lui y^ut mmiu

(EUesort.1

LBCAl^IWA¥.,ftfopi

Qu'est-ce qu'O fait celui-là , les yeux et la fourchette en Tair?,.. esl-cequec^estlàli placetfhiM fourchette ?

LE PRINCE , regardant toi^oitrt Giaoetta.

Je n'en reviens pas, (îianîno ; je ne vous afius vu qu'hier, et de loin, mais maintenant, pins je vous regarde , plus il ne semble...

QIANBTTA, à parU

Ah! mon Dieu!... Veillons sur n^ol, et que rien ne puisse lui faire soapçonnerMt

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