‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 318 sur 756 · SCÈNE yiii · texte numérisé non relu

SCÈNE yiii

Les Précédents; GUIMBARpiIfl, amepi par GEBT?IPD^.

(Le cardinal est aa milieu de la table, Gianett» I sa ganche, et toomant le doa à Goimbardini qui entre.

GERTRUDE , à Goimbardlm.

Approchez... monse^eur est bien disposé... et cela durera tant qu'il sera à table.

GUIUBARDINI.

Alors j'ai le temps.

GERTRUDE, bi^ à Giaoetta.

Redoublez de prudence, je vais parler à Scan-

mella et je reviens,*. (S^approcbant da cardinal et la présentant Goioibaidini.) MonseigUeUT, VOilà...

(EUe fait signe à Gdimbardlni de s^approeher, et lort.) LE CARDINAL , à Gaimbardini.

Asseyez-vous, Signor... là... (Lui montrant ai» Cmteuil du côté opposé à la table.)NQU^ SOmmeS à VOOS...

tout à l'heure.

GUIUBARDINI , sUndine, et va s*aaseoir, pendant qoe lai trois autres continuent à manger.

(A part.)

J'ai cru qu'il allah mlnvker. (Le regardant.) Sontils heureux, ces gens*làl se voir dans on boB fauteuil, pr^ d'une bonne table... tentes les donceurs de la vie ; |1 n'est ^ difficile coimne cda

d'aVOhr du génie... (Ilontrant nne booteiUa qui est an

la petite table à gauche.) Jo suis sûr Qu'il y en 1 dans cette bouteille de lacryma Chriiii! J'y poisenis deux ou trois cavatines, et autant de JRequiem,..

(Regardant Tautre table.) Et Û^US CCt immense fâté...

que de choses j'y trouverais I M^ le génie qoi est à jeun est bientôt à sec Pieu ! comme ils mangent !... Je crois qu'ils m'ont oublié.

LE CARDINAL , tendant son verre.

A boire.

GUIMBARDINt , prena^pt mement nne bovtteiUe fni «st près de lui, Vf, et TttTfe à bofre #M o«i4il>«L

Void.

LE CARDINAL

Quoil vous-même , maestro!.,^ c^est trop de bonté. Quel est votre nom?

LE SOPRANO

fSVIlIBiROINI,

Signor Gaimbardini.

( Il Tt nme^tre la |>oataiUe inr la table. ) GIANETTà, h parU

Mon mari ! et devant le prince... devant le cardinal.. Comment faire ?

LE PRINCE

Qa'avez-Yousdonc?

GUNETTA.

Rien,., (à part) Attendons, et tâchons de ne pas nous trahir.

LE CARDINAL

Goimbardfail... j'ai quelque idée... attendez donc, n'est-ce pas vons qui m'avez présenté plusieurs pétitions?

GUIWBARDINI, s'iDcUnant.

Denx par Jour, régulièrement , depuis une senaine, Eminence.

LE CARDINAL

Belle écriture , une main remarquable.

GVIMBARDINI.

Le doigté est assez agréable.

LE CARDINAL

VoQsétes, dites-vous, pianiste, organiste?

Et vons avez du talent?

GUIIIBARDINI.

Dataient, Monseigneur, du talent!,., j'en ai, foseledire, plein mes poches... (Tirant piu»ieart rookaux de papier.) Car j'ai là dcs mcsses, des opéras, qui parlent., qui crient pour moi , et qui ne peuveqt pas se faire entendre.,, le siècle est soonL

LE PRINCE

Et yons avez (quelque antécédent, quelque recommandatioD?

GUIMBARDINI.

Élève de Pergolèse, et je puis dire que CimaitMa m'a dû ses pins beaux ouvrages.

Lp PRINCE.

Comment cela?

GUIIIBARDINI.

Tétais son accordeur de piano.

LE CARDINAL

Voilà des titres,

ÇUIUBARPINI.

^arrivais chez ce grand maître, et je lui disais :

• Eh bien! mon cher; » car nous nous traitions MHS façon... la familiarité du talent, « Eh bien ! > mon cher, comment cela va-t-il ? — Cela ne va

* pas... je n'ai pas de chant... pas d'in^iratipn. » Voilà un air df / AfatrimaniQ que je ne peux » pas achever... » Je regardais le clavecin... je W)is bien... trois cordes cassées.,, je reu-oussais

Dies manches, (Pai^ao^lo geat* d'accorder on cla»ecin.)

la. la, la, — allez, nu^n^^tî H Ù tm^W^*

et trouvait son air... Il en a dix comme cela, quil a composés à nous deux , mais j'en ai d'autres à moi tout seul... et si monseigneur voulait seulement en entendre un petit... un piccolo.

LE CARDINAL

Volontiers.

GUIIIBARDINI , tout ému.

Est-il possible! c'est la première fois... (Cher, chant dans set papiers.) Ou va donc enfiu mc Connaître et écouter un de mes airs jusqu'au bout... moi qui n'ai jamais pu en achever un.

LE PRINCE , tirant aa montre.

Qu'il ne soit pas long , car à midi nous avons une répétition... Du reste, donnez-nous ce que vous avez de mieux.

GUIMBARDINI.

Tout ce que j'ai est ce qu'il y a de mieux... Mais j'aurais entre autres un morceau qui , malheureusement, est à deux voix, basse-taille et haute -contre ; sans cela... je vous garantis que c'est un morceau délirant!... c'est à en perdre la tête. Rien que la ritournelle vous met dans un état...

LE PRINCE

N'est-ce que cela?... Voici un artiste distingué, la plus belle voix d'Italie, notre premier soprano.

GUIVBARDIVI.

Un soprano ! c'est différent Quel honneur pour moi et pour ma musique!... c'est un duo de mon opéra ù^Mufar.

LS PRINCE , ae levant.

Abufar !

GUIIIBARDINI.

Abufar épris de sa sœur... C'est moi qui fais Abufar...

LE CARDINAL, mangeant.

Abufar, je connais...

GUIMBARDINI.

Et voici la partie du seigneur soprano.

LE PRINCE

Donnez... donnez.

GUIMBARDINI , chantant la ritourndle.

La , la , la , la , la , la , (Pendant la ritournelle, le cardinal et le prince vont s*asaeoir sur le derant du théâtre , tandis que les domestiques enlèvent la table.

Ah! quelle douce ivresse!

Quel trouble pour mon cœqr ) Objet de ma tendresse, Cesl elle! c'est ma sœur!

(Levant les yeux surQianetta.) Que vois-je l ô ciel ! est-ce une erreur ? LE PRINCE.

Que dll-ll donc?

Moi, rien, si fait... c'est-à-dire... pardon... Sas yeui...sa voii... ses traits... Ohi nani... C'est ma sœur... c'^l ma femme !...

Je ne gaurais m*y retrouver !...

Encore un morceau , sur mon Ame , Que je ne saurais achever.

inSBMBLK.

LE CàBDINAL et LE PBINGE.

Ah! c'est insupportable!

Celte musique est détestable...

Vraiment, vraiment, Cet homme n'est qu'un ignorant

GUNBTTA, à paru Ah ! quel effroi m'accable '.

Quelle colère épouvantable!

Vraiment, vraiment, Rien n'est égal à mon tourment.

6UIUBARDINI, «part.

Ah ! c'est épouvantable!

Ce doute n'est pas supportable!

Vraiment, vraiment.

Rien n'est égal à mon tourment.

GUIUBARDINI.

Pardon, Monseigneur, ça me prend à la gorgie... Je ne pois continaer, à caose de mes moyens, qui sont absents.

LE PRINCE

Noos n*a?on8 pas envie d'attendre qu'ils reviennent ; car il faut nous rendre à la répétition , voici llieore.

GIANETTA, troublée, et regardant Guimbardini.

Oui ; mais je voudrais auparavant ••( a part.) Impossible de lui expliquer...

LE PRINCE

Allons, allons, ma voiture est en bas... il faut de Texactitude... le maestro se fâcherait

GUIMBARDINI, étourdi.

Le maestro... la répétition... est-ce que, sans le savoir, j'aurais épousé un soprano?... c'est impossible... il y a là-dessous quelque machination diabolique... (Haut et «^approcbant du cardinal.) Je demande à monseigneur un instant d'audience particulière... (a mi-voix.) pour lul révéler un mystère... un ténébreux mystère.

GIANETTA, à part.

O dell... tout est perdu!

LE CARDINAL, à Guimbardini.

Je suis à vous.

LE PRINCE

C'est bien, nous vous laissons.... Venez, mon cher Gianino... j'ai besoin d'entendre de bonne musique, pour me dédommager de monsieur.

GUIMBARDINI, à part.

Merd.

GIANETTA, qui a fait inutilement des signet à Guimbardini.

Il ne me comprend pas. Gourons vite à cette répétition , et revenons tout lui avouer.

(eu* tort avM le princtt, en imitant toujourt dat signet à Guimbardini. )

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