ACTE II
Le théàb« représente on riche salon dani la maison de campagne de M. de Wnrtzboorg, An fond , denx coipt de bibllotbèqae en acajon. Porte h droite cl à tanche, et an fond, porte donnant lor le Jardin. A gauche de Tacteor, et sar le derant , one table sur laquelle sont plnsIeiM llrrei de tonte espèce de format. A droite, ot près de la porte, nn petit taéridon.
SCÈNB PREMIÈRE.
Madame DE WDRTZBOURG , M. DE WURTZ-
BOURG ; ils entrent par le fond.
M. DE WURTZR0UR6 , froidement.
Et moi , Madame de Wonzbourg , Je ne le yeux pas.
MADAME DE WtRTZBOURG, YÎTement.
Vous ne connaissez qne ce mot-là.
M. DE WURTZBOURG, froidement.
G*est le seul poor gouverner.
MADAME DE WURTiBOtRG.
Et avec cela , en ménage comme ailleurs, rien ne se Dût.
M. DE WURTZBOYJRG.
C'est possible ; mais on gouverne. Et , Je tous le répète , je ne veux point pour mari de ma nièce de votre M. Frédéric Stop.
MADAME DE WURTZBOURG
Et qu*avez-vous à dire contre lui ?••• Un Jeune officier charmant.
M. DE WURTZBOURG
Un fat qui veut se donner des manières françaises !... et vous le prêtiez parce qu'il vous fait la cour f parce que dans tous les bals il vous fait danser.
MADAME DE WVRTEBODRG.
Non, Monsieur; mais parce qu'il est aimable spirituel, léger...
M. BB WtTRTZBOURG.
Laissez-moi donc tranquille : la légèFeté allemande m'assomme; et je sais ce qu'elle pèse... car Tautre soir, en dansant avec vous, M. Stop m'a marché sur lepied.
MADAME DE WURTZBOYJRG.
Je vous demande aussi ce que vous veniez faire là , quand nous dansions le galop de Vienne.
M. DE WURTZBOURG
Madame, Madame, ne parlons pas de cela; quoique conseiller aulique , je sais ce que je dis, j'y vois clair, trop clair peut-être. Je ne veux pas que M. Stop épouse ma nièce, c*est déjà bien assez de...
MADAME DE WURTZBOURG
Qu'est-ce que c'est?
M. DE WURTZBOURG
De danser le galop de Vienne avec ma femme : cela jette de la déconsidération sur un conseiller aulique; M. de Metternich n'aime pas cela.
Air dei deux Pricepteun.
Je crains que prés de lui déjà Cela ne me mette en disgrâce.
MADAME DE WURTZBOURG
Si l'on destituait pour ça , Que de maris seraient sans place !
Au contraire nous en voyons , Que leurs femmes ont fait connaître , Et qui ne seraient rien peut-être, S'ils étaient demeurés garçons.
M. DE WURTZBOURG
Qu'est-ce que c'est. Madame, et que voulezvous dire par là?
MADAME DE WURTZBOURG
Je dis... je dis que j'ai donné ma parole à M. Stop, que je lui ai donné des espérances.
M. DE WURTZBOURG
Des espérances!...
MADAME DE WURTZBOURG
Que ma nièce devait réaliser. Et maintenant que lui répondrai-je?
M. DE WURTZBOURG
Vous répondrez que je ne veux pas , pour ma nièce, un militaire sans fortune.
MADAME DE WURTZBOURG
n en a, il a vingt mille florins.
M. DE WURTZBOURG
Et d'où cela lui vient-il?
MADAME DE WURTZBOURG
Je l'Ignore ; mais U les a : son notaire vous l'attestera.
M. DE WURTZBOURG
Eh bien ! alors, vous lui direz toujours que je ne veux pas.
MADAME DE WURTIBOURG.
Et pourquoi?
M. DE WURTZBOURG
Parce que j'ai un autre parti qu'on m'a proposé, et que j'ai accepté, le seul et dernier héritier de la famille de Frankeinsten, et qui est , dit-on , si riche , que celui-là , j'espère , ne sera pas exigeant sur la dot.
MADAME DE WURTZBOURG
C'est donc là le motif?
M. DE WURTZBOURG
Non , Madame ; je veux le bonheur de ma nièce ; mais un bonheur qui ne me coûtera rien m'est doublement précieux ; et puis s'allier à un Frankeinsten, à un comte du saint-empire, cela fait bien, cela donne du relief à un conseiller aulique ; M. de Metternich aime cela.
MADAME DE WURTZBOURG
Toujours M. de Metternich; vous n'avez que lui en tête.
M. DE WURTZBOURG, U regardant.
Plût au ciel , Madame, que je n'eusse pas autre chose en tête !
MADAME DE WURTZBOURG, avec impatience.
Eh I Monsieur I...
M. DE WURTZBOURG
Et puis enfin , Madame , une dernière considération qui l'emporte sur toutes les autres : on assure que monsieur le comte est un savant trèsdistingué ; et moi qui suis membre de la Société bibliographique de Vienne et de Berlin , correspondant de l'Institut de Paris, je ne suis pas fâché d'ajouter à la masse des lumières que possède déjà la famUle.
MADAME DE WURTZBOURG
Et voilà pourquoi vous sacrifiez votre nièce ?
M. DE WURTZBOURG
La sacrifier I
MADAME DE WURTZBOURG
Oui, Monsieur, car elle aime le jeune Frédéric, et vous contrariez son inclination, vous la forcez à épouser un vieUlard.
M. DE WURTZBOURG
Il a trente-trois ans.
MADAME DE WURTZBOtRG.
Un homme ridicule.
M. DE VirURTZBOURG.
Il a deux cent mille florins de rente.
MADAME DE WURTZBOURG
Un GrésBS , en un mot , qu'elle ne peut aimer, qu'elle n'aimera pas; et, malgré vous et M. de Metternich, vous verrez ce qui arrivera.
M. DE WURTZBOURG
Taisez-vous, Madame, taisez-vous; car voici votre nièce.
MADAME DE VHJRTZBOURG.
C'est à elle que je m'en rapporte , Monsieur et si vous voulez la consulter...
LE SAVANT
M. DE WURTZBOUBG.
Je ne demande pas mieax.
^ MADAME DE WURTZBOUBG.
Au fait, c'est elle que cela regarde.