HANTZ, REYNOLDS
HAIf TZ f entrant mjstérieuiement.
Ab 1 moD maître I mon cher maître ! vous Yoilà. Je Tondrais bien vous parler.
BBYNOLDS.
CTest facile.
HANTZ
Je le sais bien , mais le difficile , c'est qne vous m'écontiei... et cependant il y va de votre bonheur.
BBYNOLDS.
Qu'est-ce que c'est?
HANTZ
Vous m*avez appris ce matin votre mariage , et Je n'ai rien dit , parce qu'avec vous , il n*y a pas moyeu... mais cette nouvelle-là m'a donné pour Yous le frisson , depuis les pieds jusqu'à la tête.
ABYNOLDS.
Et pourquoi?
HANTZ
Je me disais : Monsieur, qui ne pense à rien , ne pensera jamais qu'il est marié.
REYNOLDS
Je ne pense à rien!...
HANTZ
Non, Monsieur, car ce matin encore, au moment on nous descendions l'escalier, vous êtes remonté pour prendre votre Tacite.
BEYNOLDS.
Oui;jerailà, dans ma poche.
HANTZ
Non , Monsieur, il est là dans la mienne. Mais TOUS , c'est votre pantoufle que vous avez ramassée à la place , et emportée par mégarde.
BEYNOLDS , U regardant «Tec étonnement.
C'est singulier 1
HANTZ
Et je vous prie même de me hi rendre , parce que ça me dépareille...
BEYNOLDS.
Tiens, mon garçon, voilà tout ce que j'ai de pantoufles sur moi.
Jugez d'après cela seul si vingt fois par jom* vous n'oublierez pas votre femme, et elle de son côté , n'aurait pas non plus grand' peine à vous oublier. •• d'après surtout ce que je viens d'entendre.
BEYNOLDS.
Et qn'as-tu entendu?
HANTZ
J'étais dans le jardin , caché par une treille , lorsque deux personnes sont venues s'asseoir de l'autre côté, et j'ai reconnu la voix de ce jeune
homme qui voulait ce matin louer votre appartement
REYNOLDS
M. Frédéric Stop , le fils du professeur.
HANTZ
11 causait avec la maltresse de la maison , madame de Wurtzbourg , et il était question de vous. Il, paraît que cette femme*là vous en veut , et ne peut pas vous souflnr.
BEYNOLDS.
Après*..
HANTZ
Et l'officier disait en vous apostrophant :
Air : CespoititUmi iont d'une maladreat. n Puisque (u tiens à former cette chaîne, M Maudit savant, par moi tu trouveras,
» Auprès de ta nouvelle Hélène, M Le sort heureux d'un nouveau... Ménélas. » Qu'est qu'ça veut dir'! je ne le comprends pas.
BEYNOLDS.
Moi , je comprends.
HANTZ
Tremblez; car, je le gage, On vous prépare encor quelques échecs : Cest du nouveau.
BEYNOLDS.
Du tout; ancien usage Renouvelé des Grecs.
Et tu dis donc qu'il a l'air bien amoureux?
HANTZ
Oui, Monsieur.
BEYNOLDS.
Pauvre jeune homme I et tu dis que la tante ne veut pas de moi pour son neveu, et qu'elle me déteste?
HANTZ
Oui, Monsieur.
BEYNOLDS.
Pauvre femme !
HANTZ
Et qu'est-ce que vous dites à cela ?
BEYNOLDS, iroideiDeot.
Rien.
( Il va t^SMeoir devant U table et écrit. )
Gomment! est-ce que vous allez vous remettre à travailler, après ce que je viens de vous apprendre?
BEYNOLDS.
Non , j'écris à la tante que je ne veux pas faire leur malheur à tous, et que je renonce au mariage.
HANTZ
Ah ! que c'est bien à vous !... ( voyant que BeyooklB écrit ooe autre feuille. ) Et qu'CSt-CC qUC VOUS écriveZ
encore là?... Excusez^ c'est que j'ai toujours peur de quelque distraction.
BETN0LD8.
Au jeune officier... à M. Stop... pour loi dire que je renonce en sa fayeur à tous mes droits.
HANTZ
Quelle générosité 1
REYNOLDS , écri? ant toujoon.
Je n*y ai pas de mérite; car c*est maintenant dans mon intérêt et dans mes principes. Hantz, as-tu été marié?
HANTX.
Oui , Monsieur , il y a bien longtemps ; da temps que j'étais bedeau et suisse à Cologne, et j'étais bien malbeureux.
EEYNOLDS, écrivant toi^oun.
Ta femme avait donc un amant?
HANTZ
Non, Monsieur... elle en avait deux.
BEYNOLDS , laÎMaut tomber sa plume.
C'est étonnant ! (cherchant aon cahier et se rappelant qu^il Ta jeté sur le guéridon ; il le montre à Hants» en lui disant. ) DonUC-moi ce cahier. ( HanU le lui apporte.)
C'est un nouvel argument que je te devrai , et que je veux y inscrire. Mais auparavant porte cette lettre à madame de Wurtzbourg, et l'autre à M. Frédéric Stop.
HANTZ
Soyez tranquille, je n'y manquerai pas, et ils l'auront dans un instant.
(U fait quelques pae vers la porte. ) BEYNOLDS , qui est prêt à écrire sur son cahier.
Tuas dit deux?
HANTZ , s'arrètant et revenant auprès de Reynolds.
Oui , Monsieur, le loueur de chaises et le sonneur de cloches.
Le sonneur...
HANTZ
Tout le monde vous le dira ; cela a fait assez de bruit dans la ville. Je vais porter vos deux lettres.
(u sort.)