‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 429 sur 756 · SCÈNE IL Les Pbégédbiits, GâILLÂRDET · texte numérisé non relu

SCÈNE IL Les Pbégédbiits, GâILLÂRDET

6AILLARDET , & part , dans le fond du théilre.

Les voilà réunis , c'est le moment de me présenter ; d'abord, je n'y tiens plus, il faut absolument que je leur parle, (n fait quelques pat pour

•^approcher.) BoujouT, mousieuT Glicquot, ainsi que madame et mademoiselle.

LOUISE, d*oD air gracieux.

Je vous salue, monsieur Gaillardet.

CLICQUOT , arec un air de protectioB.

Bonjour, bonjour ! est-ce qu'il y a quelqu'un qui voudrait me parler?

GAILLABDET.

Précisément.

CLICQUOT

J'y cours : faut-il que j'emporte mes rasoirs?

GAILLARDET

Ne bougez pas d'ici, ce quelqu'un-là , c'est moi.

CLICQUOT

Eo Yoilà une sévère ! il appelle ça quelqu'un. N'importe , Je consens à t'accorder une audience...

MADAME CLICQUOT

Pourvu qu'il se dépêche.

GAILLARDET

Père Glicquot, il y a longtemps que vous me connaissez?

Cette bôtise ! c'est moi qui t'ai vacciné dans les bras de ta nourrice , la mère Durand ; 11 y avait quinze jours que le bureau des Orphelins, pour ne pas dire des Enfants Trouvés , t'avait confié à sa tendresse, dont il avait payé trois mois d'avance, et depuis on t'a gardé dans le pays : c'est la commune qui t'a tenu lieu de mère.

LOUISE

Pauvre Jeune homme !

CLICQUOT

Elle t'a élevé ë ses frais avec économie, et comme tu annonçais un gaillard , on t'a appelé Gaillardet. C'est même à moi que tu dois ce nomlà, j'ai voulu aussi te donner quelque chose.

GAILLARDET

Je vous en remercie, mon parrain. Après cela, pendant que vous étiez en train de me donner un nom , vous pouviez m'en choisir un plus beau , parce que Gaillardet... Enfin c'est égal, Je m'y tiens, le nom ne fait rien à la chose. Aujourd'hui me v'ià grand garçon , mon éducation est terminée.

CLICQUOT

C'est-à-dire que tu ne sais rien... que tu ne fois rien...

MADAME CLICQUOT

Et que pour vivre ainsi , il faudrait n'avoir pas de cœur.

GAILLARDET

Et justement J'en ai un, je m'en suis aperçu il y a deux mois.

Air : Tenez f moi je suit un bon AomoM. J'adore du fond de moD âme Voi'Uir.

CLICQUOT

J'en reste stupéfail.

GAILLARDET

J' Tiens voas la demander pour femme ; J' veux qu'eU' soit madam' Gaillardel.

CLICQUOT

Un GailUurdel dans ma famille !

GAILLARDET

Pourquoi pas? en filleul bien né Je prétends rendre à votre fille Le nom que vous m'avei donné.

CLICQUOT

C'est-à-dire que c'est d'une audace. ••

MADAME CLICQUOT

Je n'en reviens pas.

GAILLARDET

Il ne manque plus que votre consentement; car mam'selle Louise ne demande pas mieux.

CLICQUOT

C'est faux.

LOUISE

Non , mon papa.

MADAME CLICQUOT

Silence !

LOUISE

Mais je vous jure que nous nous aimons.

CLICQUOT

C'est impossible, je ne l'ai pas permis.

GAILLARDET

Vous ne voulez donc pas consentir...

CLICQUOT

Il faudrait que je fusse bien absurde. Qui? moi ! homme établi, j'irais donner ma fille à un citoyen anonyme qui n*a ni état ni famille , qui ne paye ni contributions , ni patente ; qui n'a ni présent, ni passé, ni avenir.

GAILLARDET

Puisque je lui plais comme ça.

MADAME CLICQUOT

Nous y mettrons bon ordre.

CLICQUOT

Et nous saurons bien empêcher...

GAILLARDET

C'est ce que nous verrons,

CLICQUOT

Je crois qu'il me brave.

LOUISE , cherchant à calmer GaillardeU

De grâce!..,

MADAME CUGQUOT, itoa «poio.

Mon ami!...

GAILLAI^DET.

Je me ferai adorer malgré vous.

CLICQUOT

Voyez-vous le factieux I

GAILLARDET

Nous avons juré d'être l'un à Fautre.

CLICQUOT

C'en est trop!

GAILLARDET

Et elle sera ma femme.

CLICQUOT , dHuk toa BM

Sors à l'instant!

GAILLARDET

Je sortirai si je veux*

LA GRANDE AVENTURE

U fam donc que Je te Jette dehors. ( a «t femme et à •• fille. ) Retenez-moi , Je vous en prie I

LOUISE, pouMani GaiUardet da côté de It porte.

Allons , ne l'exaspérez pas.

OAILLARDET, à Louise.

Puisque tous m'en priez, Mam'selle, Je m'en vais... Je vous obéis... ( a cucquot.) Mais ce n'est qu'à cause d'elle ; Je reviendrai.

CLICQUOT

Avise-t'en î tu trouveras ma porte fermée.

GAILLARDET, t*en allant.

Ça m'est ^, J'grimperai paria fenêtre.

(Uiort par le fond.) CLICQUOT.

Le scélérat î... (courant Ter» la porte. ) Je te forcerai bien à respecter l'autorité paternelle. Je vais toujours pousser le verrou.

( Il ferme la porte du fond , et pouae le rerrou. )

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