SCÈNE XVII
CLICQUOT, puis LOUISE et GAILLARDET.
CLICQUOT, achevant d*allumerson bougeoir.
Maudite chandelle 1... J'ai cru qu'elle ne prendrait pas ; nous y voilà enfin , et maintenant qu'il s'agit de voir clair et de savoir ce qu'on fait...
(Begardant autour de lui. ) Eh bien ! OÎk est-il doUC?... ( Se tournant de Tautre côté , et apeicevant Gaillardet et
Louise. ) Eh ! qu'est-ce que je vois là ?
( u se tient au fond k Técart, pendant que Louise et Gaillardet
descendent sur le derant de la scène. )
LOUISE . k GaiUardet.
Oui , monsieur Gaillardet , ce n'est peut-être pas bien 9 moi de voi^ av<>ir délivrée,
MO
* GAILLABDËT.
Vous avez bien fait. J'allais toat briser dans cette cave...
LOUISK.
Tespère an moins qae tons ne ferez pas mi manvais usage detotre liberté « et que vous parti* rez à rinstant même.
OÂILLARDBT.
Je ne yous quitterai que si tous bc Jurez d*étre ma femme.
LOUISE
Vous savez bien que mon père ne le veut pas , qu*il ne le voudra jamais... (Aperoerant um pèra.) Dieu! c'est lui, je suis perdue !...
GAILLARDBT, vojant Clicqaot.
Maître Glicquot! sauYons-nous t.«.
CLICQUOT
Un instant, vous ne sortirez pas4,.« ( Uê prenant tous deux par la mato.) Enfauts ingrats I... avez-vous pu vous méfier à ce point de ma tendresse pater* nelle? vous ne la connaissez pas la tendresse pa* femelle, vons ne savez pas de quoi elle est ca^ pable! Certainement, Gaillardet, je ne t'aimais pas; si j'avais pute chasser, te rosser même , je l'aurais fait de grand coeur , parce que j'ai le cœur sur la main... Je suis franc, l'honneur avant tout Mais enfin, puisque tu es aimé de ma fille, que tu as osé t'élever jusqu'à elle, ou plutôt , puisqu'en allant elle-même te délivrer à la cave, elle est descendue jusqu'à toi, je ne résisterai pas plus longtemps aux preuves d'un pareil amour ; je sa^ crifierai mon orgueil au bonheur dO'mon enfant .« je suis vaincu , Gaillardet : le barbier est désarmé, le père pardonne , et je te nomme mon gendre.
GAILLARDET
Est-il possible I...
LOUISB.
Vous consentez?...
GLICQUOT,
Oui , mes enfants , oui , mon cher et estimable Gaillardet.. (Le regardant. Il cst de fait qu'il y a dans sa physionomie quoique chose de distingué et d'original... (uaut.) Je viens te prier d*eicuser mes torts...
GAILLABDBt.
Lesquels?
CLICQUOT
Il est inutile que je te les* rappelle, puidqall s'agit de les oublier... souviens-toi seulement que, lorsque je t'ai choisi, tu étais un enflsmt mystérieux et anonyme , sans famille, sans fbrtunc ; Je n'ai rien vu de tout cela , je n'y tiens pas , je t'ai donné ma fille; et quoi qu^il arrive, tu seras son époux , quand même... Voilà comme je suis I....
LOUISE
Je n'y ptiîs croire encore.
GAILLARDET
Cette main est à moi?
CLICQUOT
Certainement
GAILLARDET
Et je puis Tembrasser, là, devant vous?
CLICQUOT
Cela m fera plaisir^
GAILLARDET, aUaot ?iv«ll»wl à Looiie, etTei
Et à moi aussi.
LOUISB«
O le meilleur des pères I,..
CLICQUOT, ptiiaBt entre en deux.
Oui, certes , le meilleur des pères, car i me devez non -seulement votre bonheur, mais l'avenfr le plus flatteur , le plus brillant..
LOUISB.
Comment cela?
CLICQUOT
n est ici une famille puissante, Je ne yonB la nommerai pas, ça ne m*est pas encore penoisi des parents immensément riéhes; je ne sais pas encore lesquels, mais lis existent, ils vous attendent, ils se feront connaître ; et tout cela, grâce à moi, qui ai tout mené, tout conduit, tout dirigé... Silence!.... on vient, ayez toujours les regards attachés sur moi, et quand je vous ierai signe...
GAILLAIIDET.
Et pourquoi Cela?
Silence!... te dis-je ; ferme la bouebe et ouvre les yeux.