SCÈNE IIL JOSEPH, ARMAND
ARM ANP 9 I part , avec trouble.
Oui , elle a raisoo ; du courage. (Haut. ) Tu dis que ma mère est visible ? elle n*est pas soufirante ?
JOSEPH
Toujours un peu. Ma femme , qui avait entendu du bruit cette nuit dans sa chambre , est entrée ; elle dormait d'un sommeil agité, et elle disait à voix haute : « Mon fils ! mon fils I »
ABHAND.
Quoi ! même en dormant , j'occupe encore son coeur et sa pensée?
JOSEPH
Sa pensée ! elle n'en a qu'une , c'est vous ! elle a toujours été trop bonne, ce n'est pas comme ça que j'entends l'éducation des enfants, et si elle avait cru mes avis...
ARMAND , k part.
£t se décider à l'affliger ! il faut cependant... ( A joMph.) Elle est seule , n'est-il pas vrai?
( Il va pour entrer dans la chambre à droite.) JOSEPH.
Un notaire est avec elle depuis midi , et je ne sais pas s'il y est encore.
ARMAND , au moment d*entrer , «'arrêtant, (vivement.)
Dans le doute , je ne veux pas la déranger ; plus tard , j'ai le temps , rien ne presse.
JOSEPH
Entrez toujours, vous n'en serez pas fâché.
ARMAND
Que dis-tu?
JOSEPH
Vous savez cette belle terre de la Vaupalière, où vous avez été au mois d'octobre , et dont vous étea revenu enthousiasmé ?
ARMAND
Je crois bien , un domaine magnifique > la plus belle chasse du monde.
Madame vient de l'acheter.
ARMAND
Est-U possible ! Ah 1 c'est pour moi !
JOSEPH
Et pour qui donc? eè n'est pas pour moi, à coup sûr... un château gothique, des appartements immenses qui donnent un mal à nettoyer,
et à frotter ! mais dès qu'il s'agit de vous , madame , qui , d'ordinaire , est une femme raisonnable, sacrifierait avenir, santé, fortune... C'est une duperie ; ce n'est pas ainsi que J'élève mon fils , le petit Joseph ; je ne lui donne jamais rien , de peur qu'il ne soit ingrat. Mais tenez, tenez, j'entends madame , allez la remercier , et puisque vous voulez lui parler...
ARMAND
Ah ! mon Dieu ! dans ce moment , je ne pourrai jamais : un rendez-vous, une affaire importante, au café Tortoni...
( Il sort par le fond. )