‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 463 sur 756 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

Les Précédents, JOSEPH.

JOSEPU , entrant par la droite.

Voici les journaux et les lettres...

CLARISSE, avec joie.

Ah ! quel bonheur 1 donne vite.

ARMAND , toujours étendu dans aon fauteuU.

J'espère qu'on ne les prendra pas tous.

CLARISSE , prenant deox journaux.

Oh ! non; à vous les journaux politiques , à moi la Bévue de Paris et le Journal des Modes,

{ Elle va s'aiieoir A gancbe. Joseph donne le» journaitt I Armand , et lei lattrai A ipadame pefnillj, )

TOUJOURS

ARMAND , les comptant.

Qael plaisir!... six jonrnaui, en Toilà pour toute la matinée!...

CLARI8SB, lisant.

« Les robes de popeline brochées sont toa- » jours de mode. « Et moi qui en avais une charmante, que je n*aurai pu porter : quel dommage !•••

ARMAND

Vous pouviez la metu*e ici...

CLARISSE

De la toilette, quand il n'y a personne !...

ARMAND

Personne !... c'est aimable pour nous!

MADAME DERMILLT, regardant Joseph qoi essaie nne larme.

Eh mais I Joseph, qu'as-tu donc? quel air triste !

Ce sont des nouvelles que je reçois de mon flis Joseph; vous savez, celui que j'élevais si sévèrement ?

MADAME DERMILLY

Eh bien ?

JOSEPH

Eh bien ! pour se soustraire à mon autorité , il vient, à dix-huit ans, de s'engager dans les dragons.

MADAME DERMILLY

Ah ! mon Dieu !

JOSEPH

Et que faire contre un dragon ? comment ramener l'enfant prodigue à la maison paternelle ?

MADAME DERMILLY

En le laissant au régiment pendant un an ou deux; et alors, sois tranquille , il viendra de luimême nous prier d'avoir son congé.

JOSEPH

Vous croyez?

MADAME DERMILLY

J'en suis sûre. ( Regardant Armand. ) Cest uu excellent système que de... Eh mais ! void une lettre qui me vient par la poste.

JOSEPH

Non, Madame, elle a été apportée par un courrier, un domestique en livrée , qui est en bas.

C'est du jeune Edgard.

ARMAND

Le second fils de lord Garlille ?

MADAME DERMILLY

Oui, celui avec qui Clarisse a été élevée en Angleterre. Il m'écrit de la poste voisine, et me demande la permission de se présenter an château. |

ARMAND, selerant.

Avec grand plaisir... 11 faut lui écrire...

MADAME DERMILLY

Non, ce serait contraire à la résolution que nous avons prise de ne recevoir aucun étranger.

ARMAND

Ce n'est pas un étranger; sa famille était liée avec la nôtre ; et pub , un aoii d'enfance de ma femme.

MADAME DERMILLY , les regardant tous deox.

Si VOUS le voulez absolument...

CLARISSE

Moi, je n'ai rien à dire. Madame; commandez...

ARMAND

Refuser de le recevoir serait de la dernière inconvenance. D'ailleurs, ce sera toujours une compagnie, non pour nous qui n'en avons pas besoin, mais pour vous, ma mère !... et puis, les devoirs de Thospiulité... Le jeune baronnet est très-amusant. Je l'ai vu quelquefois à Paris, oii nous nous moquions toujours de lui.

MADAME DERMILLY

S'il en est ainsi , je vais lui écrire que nous l'attendons à dtner. Mais sa lettre en renfermait une autre; lettre d'amitié et de souvenir, adressée à Clarisse.

CLARISSE

A moi ?...

MADAME DERMILLY

n me prie de vous la remettre, après toutefois en avoir pris connaissance , ce que je juge tout à faitinntUe. La void, ma chère enfant.

CLARISSE , sans prendre la lettre.

Donnez-la à Armand, à mon mari!... c'est à lui de la lire!...

ARMAND

Par exemple !... quelleidéeavez-vousde moi !... amant ou mari, confiance absolue. La France maintenant n'est plus jalouse de l'Angleterre; il y a désormais alliance et sympathie. Mais allez donc , ma mère... allez écrire au baronnet

CLARISSE

Et moi , je vais m'habiller.

ARMAND

A merveille ! il y aura grand dîner, grande soirée, réception complète; c'est la première fois que cda nous arrive; et puis, Edgard est bon musiden.

U jouera du piano.

ARMAND

Et nous danserons!

CLARISSE

Un bal !... quel plaisir!

ikSO

Air du ballet de CendrUlon.

E!<SEMBLE

MADAME DERMILLY et ARMAND* Au seul espoir de voir cet étranger °f \ bortne humeur est revenue.

Qu'ici tout prenne une face imprévue :

Ayons bien soin de ne rien ménager.

JOSEPH

11 faut qu'ici , grâce à cet étranger.

Tout prenne une Tace imprévue !

On s' met en frais pour fêter sa venue. En vérité, ça me fait enrager.

CLARISSE, à Armand.

A votre ami je dois aussi sonuer* Moi , qui suis votre prétendue , Avec éclat pour paraître à sa vue. Je vous t»romets de ne rien négliger.

(MadaBM Dermilly et Glarisie sortent par la porte I droite.)

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