SCÈNE IX
ARMAND, seul.
Comme elle le voudra , après tout ! car voilà déjà la seconde dispute d'aujourd'hui, et c'est ennuyeux ! Elle m'adore ! je le sais bien ! je ne le sais que trop... mais ce n'es( pas une raison pour me chercher querelle à tout propos, pour me dire du mal de ma mère, pour être fière... orgueilleuse, envieuse... colère, jalouse. A cela près, une bonne femme, qui aurait un excellent caractère , si elle ne m'aimait pas tant!... Aussi, il faut que cela flnisse; il faut que ce mariage ait lieu, parce qu'uue fois mariés, nous serons libres ; elle (era ce qu'elle voudra , moi aussi , et nous ne serons pus obligés de rester comme v^
tonte la journée en téte-à-tête, c^est le moyen de
toujours se quereller... (On entend un prélude de piano dans la cbsmbre à gauche. ÉcouUnt.) DîeU ! qu'CU-
tends-je!... le bruit' d'un piano... là, dans cet
appartement. ( II entr*ouvre doucement la porte de Papparlement, et regarde.) G'CSt la jCUnO inCOnnUOl...
je la vois d'ici, assise au piano... Quelle taille charmante!... ah ! qu'elle est bien!... et un trésor pareil serait destiné à cet Anglais !... Non ?... ce n'est pas par esprit national , mais si , avant son mariage , je pouvais la lui enlever, m'en faire aimer... (voulant entrer.) Allous ! mais elle est près de la porte qui conduit ^ans le parc; en me voyant brusquement entrer... elle est capable d'avoir peur, de s'enfuir , et elle court mieux (jue moi , je le sais... Ah ! une idée...
(il prend son violon j qui est sur une chaise, et joue Tair qu'il vient d'entendre sur le piano. Mathilde enlr^ouvre doucement U porte, et entre sur U pointe du pied.)
SCÈl^E %.