MATHILDE, ARMAND
AflUAND, I part.
C^eSt elle 1... (Il s* approche doucement derrière elle,
et U saisit par la main.) Je la tieus, et Cette fois elle ne m'échappera pas I...
IfATHItP^f à part, souriant.
C'est mon cousin \
ARMAOrPf & part.
C*est étonnant 1... ça ne Teffraye pqs l... (qaut.) C'est bien téméraire à moi d'oser vous retenir ainsi ; mais consentez à ne pas me fuii' comme ce
matin, (lui lâchant la main] et je VOUS leiids la
liberté, sur parole, (a pan.) £Ue se tait... mais die reste!... (Haut.) Une grâce encore, ne puisje savoir qqi vous êtes?...
MATUILDE, I part.
C'est qu'il ne me connaît vraiment pas l... c'est amusant!...
ARMAND
Eh quoi ! ne me pas répondre I...
IfATUlLDE.
Eh mais!... si cela m'était défendu, s'il ne m'était pas permis de vous dire qui je suis...
ARMAND
0 ciel î
MATUILDE.
Mais vous pouvez le deviner l je ne vous en em* I)êche pas!...
Eh! que puis-je savoir, sinon que vous vous plaisez à me fuir, à m'éviter, et que, sans me connaître , vous avez pour moi de Pantipathie et de la haine!... csi-cc vrai?... ou non?...
ŒOVIUES COBJPLÈTÉS DE SCRIBE.
HATtlILDE, souriant.
En conscience, vous n'êtes pas habile!... on vous avez bien du malheur, et si vous ne devinez pas mieux que cela, vous ne saurez jamais rien.
ARMAND
Je sais du moins que vous êtes ce qu'il y a au monde de plus joli, de plus séduisant, et ce que j'aime le plus!...
MATHILDE
Ce n'est pas possible !... vous ne me connaissez pas...
ARMAND
C'est ce qui vous trompe. (U tire de son sein un
médaillon qu'u lui montre.) Et Cette image quc je regarde sans cesse...
Mon portrait! celui que j'avais fait pour votre mère...
ARMAND
C'est en mes mains qu'il est tombé , et depuis il ne m'a pas quitté ! il est toujours resté là , sur mon cœur, et demandez-lui si je vous aime...
MATHILDE , à part.
n m'aime!... (Haut.) Ah! ma tante dira ce qu'elle voudra, je n'ai plus la force d'obéir...
ARMAND
Une tante, dites-vous? et qui donc est- elle?
MATHILDE
Votre mère!... Monsieur...
ARMAND
Eh quoi! vous seriez Mathilde?
MATHILDE
Mon Dieu, oui...
ARMAND
Ma cousine ?
MATHILDE
Ce n'est pas moi qui le lui ai dit , toujours !
ARMAND
Quoi! cet ange de beauté!... ce trésor que j'enviais, c'est Mathilde... c'est ma cousine!...
Qui depuis longtemps vous connaissait; car moi , je suis plus adroite que vous !
ARMAND
Et pourquoi nous séparer, et m'empêcher de vous voir? à quoi bon ce mystère?...
MATHILDE
C'est ce que je me demande !... car mon père m'a toujours dit : « Ton cousin sera un jour ton » miUT... c'est le rêve, c'est Pcspoir de nos deux » iamilles. »
^ ARMAND , arec joie.
Il serait possible!...
MATHILDE
Est-ce que vous ne le savez pas, mon cousin?
ARMAND
Non, vraiment!...
MATHILDE
n fallait donc me le dire!... je vous l'aurais appris tout de suite!... moi, j'ai toujours été élevée dans ces idées-là.
ARMAND
Et puis-je espérer, Mathilde, qu'aojourdiimce sont les vôtres?
MATHILDE
Moi , des idées ! du tout ; je n'en ai pas ! je n'ai jamais eu que celles de mon père...
Comment?
MATHILDE
Et de ma tante.
ARMAND
Ah ! je suis trop heureux !...
MATHILDE
Et ce qui est bien étonnant, c'est qu'anjoord'hui votre mère m'a expressément recommandé de vous éviter; voilà pourquoi ce matin je vous fuyais : sans cela !... et puis elle m'a dérendo,si je vous rencontrais , de vous dire qui je sois... heureusement, vous avez deviné... MaiscoDcero* vous cela ?... je vous le demande.
ARMAND
Oui , sans doute ! et tout s'explique IllaiIlt^ nanti... ma mère a changé d'idée ! elle veut tous marier à un autre, à un Anglais, lord Carlille.
MATHILDE
Et moi je ne le veux pas ! je le dh*ai à noa père, à ma tante, à tout le monde!... 11 ne bot pas croire que je n'ai pas de caractère... et puis, vous êtes de la famille... vous êtes mon cousin... vous me défendrez...
ARMAND
Toujours ! Mathilde ! toujours I je suis ton protecteur, ton ami ! C'est une indignité ! une tyrannie sans exemple!...
MATHILDE
N'est-il pas vrai?...,
Et il est aflreux qu'on ose ainsi contraindre une jeune personne... je ne le soutinrai pas, et ce prétendu... ce lord Carlille, je le tuerai platdl.*
MATHILDE
0 ciel!... non, Monsieur, ne le tuez pas..
ARMAND
Si vraiment..
MATHILDE
Et moi, je vous en prie, ditrs-lui seulement que je vous aime , que Je vous ai toujours aimé, que je ne peux pas être sa femme, puisque je dois être la vôtre ; il comprendra cela ; il ne fairt pas croire qu'un Anglais n'entende pas la raison...
TOU;OCRS.
AiB de la Gaîoppê de la Tentation»
Il cédera, j'en suis certaine ; Il s'agit de lai parler; N'écoutant que ?otre haine.
Ah ! n'allez pas Kimmoler.
ARMAND
Il faut qu'un combat m'en délivre; Car sitôt qu'il va vous voir, Sans vous aimer pourra-t-il vivre?
11 mourra donc de désespoir.
ENSEMBLE
MATHILDE
Il cédera, j'en suis certaine , etc.
ARMAND
Non, ma vengeance est plus certaine.
Au combat je dois voler ; Je n'écoute que ma haine.
Et je prétends l'immoler.
(Mathildesort)