‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 489 sur 756 · CAMILLA , WILLIAM · texte numérisé non relu

CAMILLA , WILLIAM

GAMILLA.

Ah ! que je souflre !... que Je Mis malheu-

reuse!., il s'éloigne, et sans moi... et fûché

contre moL.. (Allant regarder à la porte, à droite.)

Ils sont partis!... (a Wiiuam.) Donne vite, et attends la réponse.

(WiUiam tort.) (Bedeaoendant au bord du théâtre, et lisant la lettre.)

« Ma chère sœur... je suis perdu. Lord Mel- » moud ne peut plus me rendre mes deux cents » guinées , vu que ce matin , en sortant du jeu , » ce pauvre garçon a eu le peu de délicatesse de » se brûler la cervelle.

Ah! mon Dieu!

» D'un autre côté, je reçois à l'instant une » lettre de l'officier-payeur, qui , ce soir, viendra » prendre les fonds que je devais avoir en caisse. » Tu sens bien que s'il ne les y trouve pas, je » n'ai plus qu'un parti » de suivre l'exemple de » Melmottdl

Ah! le malheureux !...

» Ou d'épouser la duchesse douairière qui » m'adore ; mais le premier parti serait encore » plus agréable. En tous cas , je t'écris à la bâte , » avant de me mettre à table ; car je ne peux » manquer ni à mes amis , ni au déjeuner qu'ils me » donnent; et après... mais sois tranquille, je ne » partirai pas sans t'embrasser...

» Ton frère, » Lionel. »

J'en suis toute tremblante ; car il le fera comme U le dit... et comment le sauver?... comment lui trouver à l'instant deux cents guinées?... ( Avec résolution. ) Je dirai tout à Edgard l ( s*arrèunt. ) Mais son avenir, son mariage, tout sera perdu; et s'il y avait quelque autre moyen... Malheureusement Lionel n'a plus rien, tout son patrimoine a été vendu , engagé à cet usurier, à ce M. Dubster... et mon pauvre frère est tout à fait ruiné... ( Avec joie.) Mais moi je ne le suispas... et si ce M. Dubster voulait aussi, aux mêmes conditions, me prêter... me prendre tout mon bien... Oh non !... à moi, une demoiselle , il ne voudra pas... il ne ruine que les jeunes gens... N'importe, essayons. Je sais son adresse, puisque dernièrement encore je lui ai envoyé pour Lionel ces trente livres sterling.

WILLIAIi , rentrant.

Eh bien ! Mademoiselle ?

Attends, William... attends un instant..

WILLIAM , qui s^estaasis au fond dans un fauteuil.

Oui , Mademoiselle , tant que voua voadres.

GAMILLA , â la taUe , écrÎTant.

« Mon bon monsieur Dubster, j'ai besoin à l'in- » 8tant..niaisjediBàriostantmêffle,dedeux cents

» gainées... je ne sais pas comment il faut faire... » car je tous réponds bien qae c'est la première » fois qae cela m'arrive. Mais je voas donnerai » poarg[arantiema parole, àlaqaellejen'aijamais > manqué, et pais, si tous foolez bien le per- » mettre, un petit domaine de mille livres ster- » ling, qui est ma seule fortune , et que je vous » prie de vouloir prendre. Je vous le demande au » nom de mon frère Lionel , votre ancien ami , à » qui vous avez déjà rendu ce service-là. Daignez » en faire autant pour moi, et croyez, mon bon » monsieur Dubster, à réternelle reconnaissance » de toute la famille.

» Votre, etc., etc., » Gamilla. »

(AWiUiamJTiens, William, porte à Tinstant ce billet à son adresse , et dis bien que j'attends la réponse sur-le-champ, et avec impatience.

WILLIAM

Oui » Mademoiselle , j*y vais.

(Il tort parle fond.)

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