SCÈNE X
GAMILLA, puitUGNEL.
CAMILLA
Oh!... il ne voadra jamais. Une voudra pas, j*en suis sûre... je ne suis pas assez heureuse pour cela ; aussi, et de peur de lui faire une fousse joie, n'en disons rien à ce pauvre Lionel , qui , dans ce moment, se désole, se désespère. m.» pauvre garçon!
LIONEL 9 entrant en riant et en chantant.
Air AngUi«.
Tra,la,la,U,Ia, ]| faut chanter et rire.
Tra,U,Ia, la.
Je sois content, Je suis heareox.
Tout semble me sourire.
Et , grâce i ce banquet joyeux.
J'ai du bonheur pour deux.
Tra^la, la, la.
( CamilU vent lui parler ; il continue toujours sans Técouter. ) Otti,i'aTais un pressentiment,
Tra,Ia,la,Ia,Ia, J'en étais sûr, le bien , rraiment, Arrive en déjennant.
Tra,la,Ia,Ia,la.
CAUILLA.
Il a perdu la tête.
Si tu savais ce qui est arrivé !
CAMILLA
Tu as joué... tu as gagné?
LIONEL
Du tout ; il s'agit bien d'autre bonheur que celui-là ! P'abord* le premier de tous, il y avait
mf vin de Gbampagne... moosseux, pétillant., de ce vin, tu sais?...
CAMILLA , avec impatience.
De grâce , ne parlons pas de cela.
LIONEL
Au contraire, parlons^n, ne fût-ce qœ par reconnaissance ; car c'est lui qui est cause de tout Tu te rappelles sir Ludworth, ce baronnet, ce jeune homme gauche , timide , que je vous ai présenté ce matin... il était à côté de moi, muet, un peu sombre ; mais cela ne prouve rien.
Air : Un homwte pour faire un iaMtmm, II est fort aimable... à part lui...
Il faut qu'alors il se trahisse...
D'abord il est, comme aujourdlioi.
Taciturne au premier ser? ice; Au second il est plus ouvert.
Et, lorsque la gatté nous gagne.
Son esprit s'échauffe au dessert Et s'éciiappe avec le Champagne.
G*est là qu*U est sorti de ses habitudes... il est devenu aimable, jovial, éloquent; et, en sortant de table , il s'est jeté dans mes bras , en me disant qu'il t'adorait, qu'il te demandait en mariage !...
Odel!
LIONEL
Le plus riche parti du comté... rien que cela... et un vieux château fort agréable, dont tu seras la dame châtelaine...
CAMILLA
Mais, Lionel..
LIONEL
Et dont tu feras tous les honneurs ; je te mènerai tous mes amis à dîner... Je leur dirai : c*est ma sœur, c'est milady Ludworth...
CAMILLA
Un mot! de grâce!
LIONEL
G'est moi qui l'ai mariée , qui suis cause de son bonheur.
CAMILLA • loi prenant le brat.
Veux-tu m'écouter?
LIONEL, gravement
Qu'est-ce que c'est , Milady ? qu'y a-t-il?
CAMILLA, impatientée.
Il n'est pas question de moi, ni de milady, ni de mariage ; Edgard vient d'arriver, il peut tout découvrir, et ces deux cents guinées auxqndles tune penses plus...
A quoi bon ?... au point où nous en sommes avec sir Ludworth , on ne se gène pas, et tu sa^ bien que pour lui une pareille somme...
CAMILLA
J'espère bien que tu ne lui en parleras pas.
LIONEL
G'est déjà lait.
CAMILLA
CAVILLA
Ta loi as demandé?...
LIONEL
n m'a offert J'ai accepté... entre beaux-frères...
Camilla.
Ahl fflonDien!..*
LIONEL
Oui, ma peUte sœur, cinq mille livres sterling de revenu que je te donne ; tout est convenu , arrangé : il va venir te faire sa visite , sa déclaration , je lui ai permis...
Et de quel droit?...
LIONEL
D*abord il y tenait; et puis un galant homme, w généreux... loyal... qui, d'ici à quelques heures, m*a promis de m'avancer la somme dont j'ai besoin.
CAMILLA
Mais, moi , je n'ai pas promis de le recevoir, de Técouter... je ne l'aime pas.
LIONEL, Tivement.
Et pourquoi ne l'aimes-tu pas ?...
CAMILLA , embwriMée, et avec dépit.
Parce que... parce que je n'aime personne...
LIONEL
Alors , qa'est-ce que ça te fait ? autant lui qu'un autre; non pas que je veuille forcer ton inclination , m'en préserve le ciel: je ne suis pas de ces frères exigeants qui veulent rendre leur sœur heureuse malgré elle ; tu es la maîb'esse de refuser ses hommages, mais pas ai^ourd'hui; attends à demain.
' CAMILLA
Demain , je ne l'aimerai pas davantage.
LIONEL
Qu'en sais-tu?... cela peut venir!... d'ici là, je suis sauvé; et pour cela, qu'est-ce que je te demande ?... de ne pas le réduire au désespoir.
CAMILLA
Vais c'est très-mal, c'est de la coquetterie...
Laisse-moi donc ! tu n'oses pas être coquette pour moi, quand je vois toutes ces demoiselles qui le sont pour rien , et pour leur agrément particulier...
CAMILLA
Tu as beau dire, ce n'est pas bien, ce n'est pas loyal. J'ai un autre moyen, que je préfère, auquel j'ai songé... et s'il peut réussir...
LIONEL
Et s'il ne réussit pas!...
CAMILLA, effrayée.
0 del! (A Lionel.) Écoute-moi, seulement..
LIONEL, Tivement.
Eh ! je n'ai pas le temps : ce bal que j'oubliais.,
ma contredanse avec Pretty, car ton mariage me fait négbger toutes mes affaires. Ma petite sœur, je t'en prie , consens à être heureuse , à devenir milady... ou du moins, examine, réfléchis, ne décide de rien... ce n'est pas difficile... c'est ce que font tous les hommes d'état qui sont embarrassés. Adieu ! adieu !.. je vais danser.
( U tort par le fond en chantant et en danaant. ) CAMILLA.
Maïs, Lionel... Ils'en va, il ne m'écoute pas... Mon frère... Dieu! sirLudworth!