‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 635 sur 756 · SCÈNE XL · texte numérisé non relu

SCÈNE XL

HENRI, BOURGACHARD; HÉLOISE «i

GABRIELLE , entrant par le Cond.

HÉLOlSE , & Bonrgaehard , d*an dr aimaUe.

C'est à l'instant seulement que J'apprends votre arrivée. Monsieur, et Je m'empresse , ainsi que manièce...

HENRI , bM à Boorgacbard.

C'est elle , mon onde , regardez donc comme elle est bien !

BOURGACHARD.

Parbleu! il est sûr que comme cela on nese douterait pas...

GABRIELLE , à part et regardant H«uû

Il n'a pas l'air trop furieux. Ah! que c'est bien à lui!...

BOURGACHARD , apria aroir aalaé Héloba, pMaat aopfte d'elle.

C'est moi. Madame, qui suis bien impoli de ne vous avohr pas d'abord présenté mes hommages; mais f ai rencontré id mon neveu qui m'a nus en colère , et cela m'a arrêté...

HÊLObB.

C'est bien mal à monsieur Henri , et Je suissâre qu'il devait avoir tort, puisqu'il a retardé pov nous le pUisir de vous voir.

BOURGACHARD, •^inclinant.

Madame...

HENRI , baa à Bourgachard.

EUe est aimable , n'est-ce pas ?

BOURGACHARD.

Laisse-moi donc tranquille.

HENRI

Et sa nièce donc?

BOURGACHARD , de même.

C'est possible, mais die ne me plaît pas; je n'aime pas cette physionomie-là.

HENRI

Vous aimez peut-être mieux la tante ?

BOURGACHARD.

Oui , Monsieur , c'est possible.

HENRI, ft part

Us sont étonnants dans la vieille garde 1

(Pendant ces dernier» apartés, Héloiie a donné qw^ae

ordres à un domestique qui sort. )

HÊLOÎSE, après que le domestique est sorti, s'adimm* i

Bourgachard.

Je pense que ces messieurs ne seront pas /kfcés

LA GHANOINESSB.

déjeuner, et je viens de donner des ordres...

B0UR6ACHABD.

Madame...

HÉLOlSE.

Dnreste, comme vous Yoadrezl libertéentière... Ma nièce vient de faire disposer votre <q>partement*. le plos gai du ciiâteau.

GABRIBLLE.

Gelai qui donne sur la rivière.

BOUBGACH ARD , avec humeur.

Sor la Loire , peut-être? ( a pin.) Je ne peux pas la soufiKr...

HÉLOISB.

Non, Monsieur , sur rindre.

BOUBGACHABD , d*un air plus gracieux.

A la bonne heure!

HÉLOlSE.

Plus tard nous parlerons d'affaires de fomille; car c'est nous grands parents que cela regarde.

BOURGACHARD.

A vos ordres , Madame; mais je vous préviens que j'ai plusieurs objections...

HÉLOiSB.

Tant mieux! notre conférence durera plus longtemps ; mais reposez-vous d'abord. On m'a dit que vous étiez souffrant, et l'air ici est excellent •• on n'y est jamais malade.. •

BOUBGACHABD.

Vraiment!

HÉLOlSE.

Nous avons surtout ici un vin de Saumur... un vin des coteaux qui est excellent pour la goutte...

BOURGACHARD , bas à Henri.

Ahl si elle me prend par lessentiments!... (Haut.) Je ne serai pas fâché alors d'en trouver une bouteille dans ma chambre.

GABRIELLE , passant auprès de lui.

J'en ai fait monter deux.

HENRI , bas à son oncle.

Quelle attention !... remerciez-la donc.

BOUROACHARD , & GabrieUe, arec embarras.

Certainement, Mademoiselle, ou plutôt Madame... car j'ai appris par mon neveu , qui ne s'en doutait pas, ni moi non plus, que vous étiez veuve, que vous aviez été mariée à M. de...

HÉLOlSE.

Savemy, un jeune oificier.

BOUBGACHABD , avec étonnement.

Savemy de Montlandon !...

GABRIBLLE , à qui sa tante a {ait signe.

Oui, Monsieur!...

HÉLObB.

Un ami de notre famille.

Colonel au &2«.

BOUBGACHABD.

GABBIELLE, de même, et toujours sur un signe de sa tante.

Oui, Monsieur.

HÉLOlSE , prenant un air de circonstance.

Et qui malheureusement est mort dans la retraite de Russie.

BOURGACHARD , secouant la tète d*un air goguenard.

C'est juste , car pendant huit ans on n'a pas eu de ses nouvelles. Mais rassurez-vous, séchez vos larmes , il n'est pas mort.

HBNBI.

Comment! il n'est pas mort !...

GABRIBLLE , ft Hélolse.

L'entendez-vous , ma tante ? il n'est pas mort !.. .

HÉLOÏSB , & part.

Ah ! mon Dieu ! (Haut et allant auprès de Bonrga-

chard. ) Ce n'est pas possible...

(Gabrielle remonte vers le fond.) BOURGACHARD. ,

C'est certain, il n'est pas mort., témoin cette lettre que j'ai reçue de lui , il y a trois jours. Lisez

plutôt. (PrésenUot la lettre à Hélolse et lui montrant

redresse.) « Au général Bourgachard. »

HÉLOlSE , poussant un cri.

Bourgachard ! ! !... ah 1 ! !.*•

(Elle tombe dans les bras de sa nièce, qui s*est approchée pour la retenir, et qui la place sur un fauteuil à droite du théâtre. )

Air du Serment,

ENSEMBLE

BOURGACHARD et HENRI.

Grand Dieu ! que signifie Un tel événement?

Trahison, perfidie.

Je le rois k présent.

GABBIELLE, à part.

Grand Dieu ! que signifie , Un tel érénement ?

Notre ruse est trahie; Gomment faire à présent?

GABRIELLE » auprès de sa tante.

Ha pauvre tante i ah! Je conçois, hélas ! Et son trouble et son embarras.

BOUBGACHABD.

Revoir revenir à la vie Un mari qu'on n'attendait pas !

GABBIELLE.

Pardon, Messieurs, je ne la quitte pas !

ENSEMBLE

BOUBGACHABD et HENBI.

Grand Dieu ! que signifie.

Etc., etc., etc.

GABBIELLE.

Grand Dieu! que signifie.

Etc., etc., etc.

(Henri a sonné pendant ce dernier ensemble; Anastase parait; Gabrielle relève sa tante, qui sort en s'appuyaot sur son bras et sur celui d'Anastase. )

OEUVRES GOBIPLËTES DE SCRIBE

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