‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 639 sur 756 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

BOURGACHARD ; GABRŒLLE, qui. pendit

toute la «cène précédente , est restée aaiîse pr«i d« U table , et s*cst mise à écrire.

BOURGACHARD , «'approchant d*eUe et d'un ton ïnwfm.

Mademoiselle...

GABRIELLB , toojonn atsise et continuant ft écrire.

Pardon , Monsieur... je suis à vous !

BOURGACHARD.

C'est différent ( Apre» un instant de nUnoe. ) Hk

bien ! pouvez-vous m'entendre ?

GABRIELLB, toujours aaûse.

Oui, Monsieur...

BOURGACHARD , brusquement.

Mademoiselle... mon neveu est amooreux de vous, et vous l'avez séduit, entraîné, îuàaL. au point qu'il est persuadé maintenant que...

GABRIELLB, voyant qn'U hésite.

Eh bien ?

BOURGACHARD.

Que... que vous n'avez aucun reproche à vm faire...

GABRIELLB, avec dooceur.

U araison... et je le remercie d'une estiseqii lui acquiert à jamais la mienne...

BOURGACHARD.

Tout ce que voudrez... Mais après ce que nooi savons...

GABRIELLB, ft part, se levant.

Allons, il n'y a que ce moyen. ( a Boorgacbmi. avec dignité. ) N'admcttez - VOUS pas , Moftfleiir . qu'on puisse élre malheureuse et non coupable?... Et si j'avais été victime d'une fatalité indépendante de moi , de mon cœur , de ma volonté... répondez. Monsieur, répondez... est-ce moi qall faudrait accuser ?...

BOURGACHARD.

Qu'est-ce que cela signifie P... AcheveL..

GABRIELLB.

Et si je vous disais. Monsieur, que ma positioB est telle , que , dans ce moment même , je ne pais devant vous me justiûer de vive voix... jeTaiosé

par écrit... (Prenant le papier qui est sur U tiUe.)

Tenez, Monsieur , jetez les yeux sur ce papiecM. que je crois pouvoir confier sans crainte à votre loyauté... et à votre honneur I...

BOUBGACHARD , prenant le papier d'un air interdit

Que diable cela peut-il être?... (Psrcoaruiiu

papier avee une eatrème agiution. ) 0 Ciel !..• ^ ^f^

LÀ GHANOINESSB.

de la bataille de Montmirail... à la Ferté-sous- Joaarre, à Thôtel de France... ce souper d'officiers... Ah ! je sens une sueur froide qui me saisit

(Acherant de lire.) MOD DiCu! IDOIl DieU !... Ce

qui depuis si longtemps m'empêchait de dormir... Est-ce bien possible ?... C'était elle I...

(Gabrielle, pendant cet aparté, a de tempa en teii^>a leré

lea jeuxaur Bourgachard, qu'elle regarde en louriant. )

GABHIELLB» à part.

Gomme il est troublé I... Ah ! j'ai de l'espoir !

B0URGACHAR1) , l'approchant de Gabrielle en baûaant les yeux, et presque lui tournant le dos.

Mademoiselle... je vous estime... je tous respecte... je vous honore... et la preuve c'est ([ue je n'ose vous regarder !...

GABRIELLE, à part, arec joie.

O ma pauvre tante !... Allons , du courage 1

BOUBGAGHARD , de même, et montrant de la main le papier.

Il y a là un coupable... mais ce n'est pas vous... £t quand je pense qu'un soldat de Bonaparte... nn officier de la vieille garde • a ainsi déshonoré ses épaulettes !... Ah I je ne me le pardonnerai jamais...

GABRIELLE , feignant Tétonnement.

Monsieur I...

BOUBGAGHARD, ft demi-foix.

Taisez- VOUS 1... taisez -vous!... ne me trahissez pas... vous voyez bien que c'est moi I... Mais tout ce que j'ai, tout ce que je possède... ma fortune, ma main... mon existence entière sera employée à réparer mon crime...

GABRIELLE , a?ec intention.

Qu'entends-je ?... vous. Monsieur, qui par votre caractère, vos goûts, vos opinions, détestiez de pareils liens !.,.

BOURGACHARD.

Vous consentez donc , je puis enfin lever les yeux sur vous ; et quand je vois tant de grâce , de beauté, de jeunesse, je suis trop heureux d'expier ainsi mes fautes.

GABRIELLE , & parU

h 1 mon Dieu I... quand il saura que c'est ma tante I...

BOURGACHARD.

Je ne le méritais pas... Je méritais d'être puni... Je vais écrire à votre tante... ( ii va iiaubie. ) Oui , Mademoiselle... je vais lui avouer tous mes torts... lui dire qu'en pareil cas, et quoi qu'il arrive, un galant homme ne peut pas hésiter... ne peut pas reculer... qu'il n'y a qu'un parti à prendre...

GABRIELLE , s*approcbant de loi.

C'est cela même... c'est bien...

BOURGACHARD.

N'est -il pas vrai?... J'avais là, depuis si longtemps, comme un boulet de trente-six sur

la conscience , et maintenant.. ( Écnrant toojours. ) Voyez, est-ce bien ainsi ?

( U lui montra la lettre. ) GABRIELLB, Usant.

Oui, général... pas un mot de plus. Terminez en lui demandant une entrevue...

BOUBGAGHARD.

Tout ce que vous voudrez. ( il lui donne u lettre , Gabrielle la prend.— Après un moment de silence et d'embarras, Bourgachard conUnuet ) MaiS 11 CSt UU aUtre

chapitre... dont je n'ai pas osé vous parler... et d'y penser seulement me rend tout tremblant..

( Montrant le papier. ) Gc fils... dOUt VOUS parliez...

c'est le mien ?•••

GABRIELLE

Sans doute !...

BOURGACHARD , se levant.

J'ai un fils I... ah ! que je voudrais le voir... et l'embrasser 1... Y consentez-vous ?...

GABRIELLE

Certainement..

BOURGACUABD , lui baisant les mains.

Ah !... je suis trop heureux... et vous êtes un ange !...

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