SCÈNE XV
SOUGNI, aeol.
Enfin « je suis seul. ( U va ouvrir le meable i droite qui est iDcmaté daot la boiserie ; il en tire un écria qu*il apporte sur U table à gaucbe. ) C'CSt* bien CClS. (H
•«assied. ) C'est cet écrin qu'elle m'a remis il y a trois ans. (n l'ouvre.) Oui , voilà les diamants de sa mère , cesdiamants qu'autrefois Je lui ai donnés.
(n soulève le premier compartiment , le place sur la table et regarde au fond derécrio.) DanS Ce dOUblC fond...
Ah 1 Je ne sais ce que J'éprouve ! Et l'on m^ccuse d'injustice , moi; qui ne demandais au ciel que de douter encore, moi qui suis persuadé du crime et dont la main tremble an moment d'en trouver une
nouvelle preuve 1 ( saisissant au fond de récrin une lettre cachetée. ) La VOici ! ( Begardant la lettre. ) C'eSt
bien l'écritiu^e d'Henriette. ( Lisant. ) « A 1^ de
BuSSièreS. » (Décachetant la lettre en tremblant.) Allons , du courage î ( Lisant lentement. ) « 0 VOUS !
» que j'ai tant aimé, Je vous écris de mon lit de » mort et prête à paraître devant celui que j'ai » offensé. Quand , de ce séjour où l'on ne peut » plus tromper, il connaîtra mes regrets et surtout » mon repentir, peut-être ce juge si sévère trou- 9> vera-t-il , sinon quelques mots pour m'absoudre , » du moins quelques larmes pour me plaindre 1
(Il s'arrête, essuie une larme, et après un instant de silence il continue. )
)> Vous avez eu du courage pour moi qui n'en » avais plus; et lorsque, après six ans de tour- » ments et de combats, j'allais tout oublier, c'est » vous qui, fidèle à l'amitié, m'avez rappelée au
» devoir. » ( Avec indignation. ) Lul !... ( Lbant. )
a Ce n'est pas moi, c'est vous-même qui m'avez
«sauvée du déshonneur !••• » (S'interrompant. )
Ah! pense -t- on m'abuser encore? Ces mots seraient écrits de son sang que je ne les croirais
pas ! (Lisant. ) « Soyez-ctt béni devant Dieu, et » souffrez qu'en ma reconnaissance je vous confie » un trésor dont vous seul êtes dl^ ; à tous , » Ernest , qui avez respecté la femme de votre u ami, je vous lègue sa fille, b ( av«c iodignaiioo.) Sa fille 1... ( Lisant. ) « J'exige mdnM plus : j'ai » cm voir que Raymond , votre fils, était ahné » d'Estelle , qu'il l'aimmt aussi , nais que son pei » de bien l'avait empêché d'avouer cet aBMiv. » Comme une pareille crainte pourrait aussi voos )> retenir , Je vous ordonne de les inir on jour. > (seiffvantetraiisant.) Je VOUS ordoupe de ks uolr , de les unir. C'est de sa main ; elle l'a écrit , de les unir. Ah I qu'ai-je lu 1 J'aurais pu douter encore; mais comment supposer qu'à son heore deraièie» que , prête i paraître devant Dieu, elle ait voulu commettre un nouveau crime en fiançant le frère et Uut. Mon .oe n'est pas possible! non, odan'csl pas, et Estelle est mon bien , c'est mon saag, c'est ma fille!
Air de Ténier§, Combien, dans mon errear cruelle.
Je fag injuste et rigoureux!
Bl maintenant comment sur elle OaeraHe lever les yeux?
Remords dont mon âme est flétrie.
Regrets que rien ne peut calmer.
Comment retrouver dans ma vie Tous les jours perdus itns raimer?
(Voyant entrer Estelle.)
Ah!
(Il s'assied sur le canapé.)
SOLIGNI; ESTELLE, qui s'avance lentement et k|
yeux baissa.
SOLIGNI , la r^ardapt «veo anour et oovmm ^U la Ttytil après une longue absence.
C'est ma fille, c'est bien ellel la voilà comme Je l'ai laissée il y a deux ans! (Estelle Uve le» yeta,
l'aperçoit et fait un mouvement de crainte.) Ah ! C eSt Où
la crainte que Je lui inspire; et elle ne sait pas que maintenant c'est moi qui tremble devapt elle! (Haut) Estelle!
ESTELLE , s'approcbant.
Mon père!
SOLIGNI» avec bonté «t embarras*
Estelle, venez là , je vous en prie. (Elle a'appro-
cbe lentement, s'aaned près de lui, à sa gauche, sur le canapé. Après un moment de silence , SoUgni la regardai* avec tendresse.) EStellC...
BSTBLLB, deMSme.
Mon père...
BOLIONI.
Je voudrais bien vous embrasser.
BSTBLLB , m jatMit dans sas htm
Ah! mon père!
ESTELLE
S0LI6NI 9 la •errant contre ton coeur.
Ma fille ! ma fille bien-aimée!.,*
ESTELLE
Ma fille 1 avez-YOQS dit.. Abl qu'il y a longtemps que ce mot n'est sorti de votre bouche I
SOLIGNI.
Oui, ta as raison, il y a bien longtemps que nous étions séparés , (u regardant ) que je ne t'avais vue.
ESTELLP*
M*est-cepas?
SOLIGNI*
Pendant deux ans exilée du co^ur desonpère«.» elle a été traitée comme une étrangère, comme une ennemie , chez moi, chez elle..,
(il se jette à se» genoux.) ESTELLE y voyant SoHgni à tea genoux.
Ah 1 que faites-vous !
SOLIGNI.
m fille , pardonne-moi !
Moi I grand Dieu 1 moi pardonner à mon père I
SOLIGNI.
Je ne puis te le dire; mais pardonne-moi! dismoi que tu m'aimes encore.
ESTELLE
Toujours 1 toute la vie. C'est moi qui , sans le vouloir, vous ai fâcbé contre moi. Je le voyais « je m'en doutais et ne pouvais en deviner la raison» Je la connais maintenant.
SOLIGNI.
Odel!
ESTELLE
Cest cet amour que J'avais pour Raymond ; c^est là ce qui vous offense. Eh bien ! mon père , quelque douleur que j'en éprouve.,.
SOLIGNI.
Quoi! tu sacrifierais...
ESTELLE
Tout au monde à votre amour !
SOLIGNI.
Ah ! c'en est trop !. .. (il u aerre tendrement dana aea
braa.) Qui vient là?