BONNIVET, SAUVIGNY
BONNIVBT.
Que je vons regarde encore... Vous que nous avons tous pleuré à Bagnères-de-Luchon !... vous dont le journal a imprimé le suicide et la mort bien constatée !... C'est un mirade h crier partout.
SAUVIGNY, Tivenaent.
An contraire !... et je vous prie en gricc de ne point parler de cette aventure... idsartont.
BONNIVBT.
Pourquoi donc?... un suicide p«r Bmoiirl..»
ÊTRE AIMÉ OU MOURIR t
SAUnçXYp
Raison de plus.*. Cela me p^rdrail,., cela ferait manquer mon mariage.
Gomment cela ? *v
Vous êies un galant liamiae«.. un homme dis* cret?
U05MVET,
Un notaire.., c'est mon état.
On peut se fier à vous , et d'âilleors f otis m'avez toujoars témoigné tarit d^imitié.,* (Aprèt u^ court »Ueacej Appreiiei dowc que lorsque je vous ai rencontré auji cau\ de Bagnères.,, j'émis attaqué d'une maladie nerveuse qui avait produit sur moi ane sensibilité si vive « que j'étais atnoureu.! de toutes les femmes, .. une sut tout.. •
lO^NIV^T.
Cette belle Anglaise?,..
EÂUTIGKY,
Non.
DO^iMVÊT.
La femme du médecin des eaoi ?
SAUVIfîHY,
Dntout.
nOSBilVlT.
Et qui donc?...
SAUTtfilIT.
Ça ne fait rien à Tiiistoîre.
J'y sois... cette jolie comtei«e P
SAUVIGÎNV,
Si vous voulez... d'autant cp^'inflei^iMe et sévère, elle me traita avec tant de cruauté * qu'en^ traîné par le délire , le paro3t)sine de ta passion,.. peut-être àu»si par cette maladie nerveuse dont je vous parlaii:»»* j'avais pris la résolution d*eii finir... mais une bonne et solide résolntion,.. fy allais franche meuL.. Et le gfenre de mort que j'avais choisi^ cûiiime le plus eu haj^monie avec Télat de mes idées, cottâiitail à me prédpiter dans un de ces abimt'S si fréquenLs sur les Pyrénées... Il y avait ia dedans du grandiose.
riONPilVRT.
Oul.i en extravagance,
Cest possible,,. Or donc, après avoir éerît à mon domestique , pour lui faire cadeHu de me» effets et prirr f|tfon uMoquiétâi personne à eansfi de moi... ji? me diiigeai vers le lieu adrtpté... C'était le matin,., cl, tout en marchant, déjàje me calmate... je me sentais refroitli.,. j'avais les pieds dans la neige et il faisait un vent de tous les diables.
Ain du vaadevm^ de Turenne.
Um arrivé sur l^ bord du rrati^re , tkrhl )e Aond ib l 'horrible profondeur,
l' n m 0 u V <?m(?ii i i n v o I on Uti re
Mu Ut rei'ui(jr de lerri^ur!.,* Pui»T Je revins i honteui de ma Iraye^T,.. JAah de n«tivfau spn^tit mon timar s'abaUre,
J« r«t.^Utâî, Léi ]r«ux LioutiLtii.*,
BOîTSIVËT.
Comment 1 deux îmi?
Je vous lu flonnerai& en qnattc :
EQlln , bien malgré moi « et par respect humain» j'allais peut-étj*e m'élanrer les yeux fermés... quand tout à coup , daas la montagne, un grand bruit se fait entendre... CétaiL., deviiiez«
ROPiKIVET,
Uoeavalaocbe?..*
SAtlVlGNV-
IV on... Charles d'Avernais, an de mes amis, et quelques jeuneB gens de sa connaissance.,, des artistes, des peintres, qui faisaient la chasse mx chamois... Ils riaient tant , ils étaient d'une telle gaieté, que Je n'osai leur raconter mon histoire, de peur qu^on ne se moquât de mol^, . lit quand ib se mirent tous à crier : Viens nvcc nous , vient ayec nous... je me dis : Je me tuerai tantôt, h midi, aussi bien que maintenant, et même j'aurai plus chaud... Me voilà donc chassant le chamois, courant dans les monlairnes... perdant mon chapeau, mon mouchoir, et an ivanteMu au rendez» vous harassé et mourant de faim.
noîîNiviT* Vous aviez fabn ?
làUVlCPfT,
Je dévorais!,., un appétit de ehaiseur^ ou plut At de revenant.,, car j'avais tout u tait oublié TalTaire principale... réiaia h cent lieues de mon abîme , et Je me disais : Si le désespoir m*a permis de vivre trois heures et demie.,, j'irai bien à quatre, cinq, douze,,, et ainsi de suite... Dans ces cas-là , il if y a que le premier pas qui coûte... Voilà mon raisonnement , te meilleur, sans contredit, que j'aie Jamais fait à mon usage... Mais le plus diUicile n'était piis de revenir à la vie... c'était derentrer à Bagnères». Comment m'exposer aux brocards f aux quolibets?.,, donner un démenti au journal?... lit puis, aux yeux de celle que j'aimais, comment me présenter vivant?.,, ce n'était pas possible,, . Aoe>si« prenant mon parti et une place dans la diligence de Tirbes Je r^\im à Paris, de là au Havre... où mon père me mit a la tète de sou commerce,,. Et depuis ce tem|)s« les sucres, les cafés, les cotons..» j*îii été si occupé,».
BONNIYET*
Que TOUS n'avez plus trouTé un moment pour voos toer..*
SAUYIGIfT.
C'est vraL.. Et pois, J*ai fait fortone... une belle fortune « ce qui distrait toujours un peu et donne d'autres idées... des idées de mariage.
BONNIVET
Je comprends... cette fortune* vous voulez maintenant l'offirir à votre ancienne passion.
SAUVIGNY
Mon... à une autre...
BONIfivET, ritDt.
De sorte que cet amour qui devait être étemel..
SAUVIGNY
Existe encore, plus ardent, plus brûlant, si c'est possible... C'est toujours le même... seulement il a changé d'objet
C*est le phénix qui renaît de sa cendre.
SAUVIGNY
Voilà... Une veuve charmante, adorable.... mais , malgré mon amour, je n'ai pu encore obtenir un consentement formel., elle se défie de moi et de ma constance.
BONNIVET, froidement.
Elle a bien tort.
SAUVIGNY
Et comme eue est ici, dans cet hôtel, pour un jour ou deux , si vous vous avisiez de parler devant elle de cette malheureuse histoire de Bagnères...
BONNIVET
Pauvre jeune homme 1... soyez tranquiUe, je ne vous traldrai pas, et s'il faut même vous aider...
SAUVIGNY
Ahl Monsieur! tant de bonté, tant de générosité 1 après ce que j'ai fait I... J'en ai vraiment des remords... Car si vous saviez..*
BONNIVET
Quoi donc?
SAUVIGNY, voyant U porte I gaoche qui i^onrre.
Rien... C'est celle que j'aime... la void avec son frère.
BONNIVET
Hortense de Varennes?
Vous la connaissez?
BONNIVET
C'est llntime amie de ma femme.
SAUVIGNY» ivec effroi.
Desafemmel