SCÈNE IIL LA REINE, BOUNGBROKE
LA REINE, & part.
Oui, pourvu qu'à ce prix j'achète le repos,
j^y suis décidée... (Leraot les jeux, et gaiement.) Ah !
c'est vous, Bolingbroke, je suis heureuse de vous voir ! je viens de passer la journée la plus ennuyeuse...
BOLINGBROKE , souriant , avec ironie.
rapprends le nouveau trait de clémence de votre majesté... c'est magnanime à elle d'oublier ainsi le scandale d'hier.
LA REINE
L'oublier, dites-vous?... plût au ciel! Mais le moyen I... il n'est question que de cela, et si^vous saviez depuis ce matin... depuis hier... tout ce qui s'est passé au sujet de ce malheureux verre d'eau, tout ce qu'il m'a fallu entendre.. J'en ai mal aux nerfis... mais je ne veux plus qu'on m'en parle.
BOLINGBBOKE.
Et l'on vous réconcilie ?. . .
LA REINE
Bien malgré moi... mais il a fallu en finir... Vous qui êtes pour la paix... vous ne vous étonnerez pas des sacrifices que j'ai faits pour l'obtenir... Et puis cette pauvre duchesse... (cesta d'étoo.
nement de Boliogbroke.) MonDiCU... JCUC ladéfettds
pas... m'en préserve le ciel ! mais on l'accuse parfois si injustement... vous tout le premier 1 (Étoardiment.) Je uc parle pas des derniers subsides et de la prise de Bouchaln... je n'ai pas eu le temps de vérifier... (Gravemenu) Mais le petit Masham... ce que vous m'en aviez dit !...
BOLINGBBOKE.
Eh bien!...
LA BEINB , souriant, avec contentement.
Erreur complète !
BOLINGBBOKE, 4 part.
C'est donc cela !
LA REINE
Elle n'y pense seulement pas, au contraire.
BOLINGBBOKE.
Vous croyez I
LA REINE , souriant.
J'ai pour cela d'excellentes raisons, des preuves évidentes qu'on m'a données, et dont il ne faut pas parler !... c'est qu'elle est au mieux avec lord Ëvendale !
B0LIN6BB0KE , sonrianU
Votre majesté appelle cela une raison !•••
LA REINE, d^nnton séfère.
Certainement (Rianu) Et pois, réfléchissez.,, raisonnez, Bolingbroke, car cette pauvre duchesse que J*ai accusée aussi... Je ne sais pas comment cela ne m'était pas venu à la pensée... si elle avait aimé Masham, est-ce qu'hier elle l'aurait ainsi dénoncé devant toute la cour et fait arrêter par vous?
BOLINGBRORB, I demi-voix.
Et si elle n'avait cédé alors qu'à un mouvement de colère et de jalousie... dont elle se repent maintenant?
LA REINE
Que voulez-vous dire?
BOLINGBROKE, riant et toujoan & demi-voix.
La duchesse avaitsoupçonné... oucrudeviner... qu'hier au soir, Masham devait avoir une entrevue mystérieuse...
LA REINE, IparU
Odell
BOLINGBROKE
Avec qui ?... on l'ignore !... il est même douteux que ce soit vrai... mais, si votre majesté le désire... je saurai... je découvriraL..
LA REINE, vivement.
Non... non, c'est inutile...
BOLINGBROKE
Ce qu'il y a de certain , c'est qu'hier au soir , à la même heure , après le cercle de votre majesté , la duchesse devait avoir, chez elle, un rendezvous avec Masham.
Un rendez-vous?
BOLINGBROKE, vivement.
Oui, Madame!
LA REINE , avec colère.
Hier!... avec lui!... Ils s'entendaient... ils étaient donc d'intelligence ?
BOLINGBROKE , vivement et avec chaleur.
Et, jugez aujourd'hui de son désespoir et de son regret, d'avoir, dans un moment de dépit, renoncé à .sa place de surintendante ! Privée de son pouvoir et de son crédit , elle ne peut plus défendre Masham, qui est mon prisonnier ; privée de ses entrées au palais et des moyens d'y pénétrer à toute heure , elle ne peut plus, comme autrefois, le voir ici sous vos yeux, sans danger et sans soupçons... voilà pourquoi elle tenait à cette réconciliation qu'elle vous a fait demander; voilà pourquoi une fois rentrée ici... à la cour...
LA REINE, I part.
Jamais!