‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 2)Chapitre 104 sur 175 · SUR LES ENTRAVES · texte numérisé non relu

SUR LES ENTRAVES

.Ues lettres qui jadis ont fait notre grandeur Vous voulez, dites -VOUS, ranimer la splendeur. Le projet est fort beau: sans elles point de gloire. Des ignorans cruels ont flétri la victoire : Sésostris, Alexandre, au brelan des combats, N'étaient pas plus heureux que Gengis et Thamas; L'imbécile Alaric subjugua par l'épée L'empire qu'usurpa le vainqueur de Pompée; Miltiade implorait l'égide de Pallas; Suwarow, plus chrétien , suivait saint Nicolas ; Et, depuis trois mille ans aux héros condamnée, La terre n'a pu voir une innocente année Où du sanglant récit de ses faits éclatans Un héros n'ait souillé les gazettes du tems. Chaque peuple à son tour eut le glaive et l'empire; Mais, dans l'art de penser, de parler et d'écrire, Des nations d'élite, et des siècles heureux, En cet espace étroit des talens peu nombreux ,

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