‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 2)Chapitre 136 sur 175 · I . Pylhagoie · texte numérisé non relu

I . Pylhagoie

4iu DÉBUT DU POEME DE LUCRECE.

En des tems plus heureux celle qui la première

Nomma le roi des rois de ce doux nom de père,

A pas lents aujourd'hui s'approchant de l'autel,

Sur son front vertueux sent le bandeau mortel ,

Voit aux mains de Calchas le poignard inflexible,

Et son père présent à cette scène horrible,

Son père au désespoir, toute la Grèce en pleurs.

Stérile désespoir! inutiles douleurs!

D'un œil qui ne voit plus, la triste Iphigénie,

Redemandant au ciel le reste de sa vie,

Déjà toute à la mort, contre un si rude coup

En vain se préparant, chancelle tout à coup.

L'innocente princesse à l'autel est traînée,

Non pour former les nœuds d'un illustre hyménée.

Lorsqu'à peine elle touche à l'âge où ces beaux nœuds

D'un époux, d'un héros, auraient comblé les vœux,

Pour apaiser Diane, et les vents en colère.

Elle tombe; et son sang rejaillit sur un père.

Tant la Religion sait endurcir les cœurs!

Tant sa coupable voix inspire de fureurs !

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