SÉNATEURS, LICTEURS, GUERRIERS
SÉJAN
Ee poignard que Pison s'est plongé dans le sein.
OEuvres posthumes. I. 21
^22 TIBERE
AGRIPPINE
Pison ! par quel motif?
SÉJAN
Vous le savez sans doute.
TIBÈRE
Parle aU sénat qui juge, à César qui t'écoute.
Je vois ici Cnéius; et vous aurez appris Qu'une foule homicide exaltait dans ses cris Le vainqueur des Germains, sa veuve magnanime; Qu'au nom de leurs vertus on réclamait un crime. Mais les prétoriens me prêtaient leur appui, Ils appelaient Pison; j'arrivais jusqu'à lui, Quand déjà, croyant voir la troupe forcenée, Pison, d'un coup trop sûr, tranchait sa destinée. Dès qu'il entend parler de César et des lois , D'une âme ferme encor, mais d'une faible voix: « C'en est fait, me dit-il; la trahison m'assiège; « Tu sais quels ennemis m'ont préparé le piège : « On les nomme, on les vante; et, certain de périr, « Je leur prouve du moins qu'un Romain sait mourir. « Il faut, sans leur parler de crime ou d'innocence, « Annoncer que Pison succombe à leur puissance , fc Leur présenter ce fer, ainsi qu'à mes amis, te Le porter au sénat, le donner à mon fils. »
c JV É I u s.
Donne.