‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiquesChapitre 39 sur 145 · LE MINISTRE · texte numérisé non relu

LE MINISTRE

Et, dût-on me taxer d'un orgueil imbécile. Peut-être un meilleur choix n'eût pas été facile.

Ce n'est pas ce qu'on dit. Aurait-on si grand tort? Raisonnons un moment : le voulez-vous ?

D'accord.

On pourrait, tout au moins, vous taxer d'ignorance. Pour être un bon ministre, il suffit donc, en France, D'avoir une maîtresse et de puissans amis? Tandis qu'en vos bureaux d'impertinens commis, Suivant pour toutes lois une obscure routine. Régiront de l'État l'importante machine , Paris, édifié, chaque soir vous verra Gouverner en sultan les chœurs de l'Opéra!

Oui. L'Opéra, les chœurs: c'est dans mon ministère.

Ne retiferme-t-il pas plus d'un devoir austère? L'Opéra^ je le sais, peut compter sur vos soins; Mais la prison du pauvre, où siègent les besoins; Celle oîi veillent souvent l'innocence et le crime; L'hospice où chaque instant dévore sa victime; L'infirme à soulager, l'indigent à couvrir; Ces routes, ces canaux, que vous devez ouvrir; Ces champs long-temps ingrats (ju'il faut rendre fertiles ; Le commerce, les arts, charme et soutien des villes:

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