THE COUNTRY CHURCH-YARD
Caii storied uni, or animated bust,
Back to its mansion call tlie fleetiiig breath?
Caii Honour's voice provoke the silent dust, Or Flattery soothe the duU cold ear of Death i*
Perhaps in this neglected spot is laid
Some heart once pregnant with celestial fîre;
Hands, that the rod of empire might hâve sway'd, Or waked to ecstasy the living lyre :
But Knowledge to their eyes lier ample page Rich with the spoils of Time did ne'er unroll;
Chili Penury repress'd their noble rage, And froze the génial current of the soûl.
Full many a gem of purest ray serene
The dark unfathom'd caves of océan bear :
FuU many a flower is born to blush unseen, And waste its sweetness on the désert air.
Some village Hampden, that, with dauntless breast, The little tyrant of liis fields withstood ;
Some mute inglorious Milton hère may rest, Some Cromwell guiltless of bis country's blood.
ïhe'applause of list'ning senates to command, The threats of pain and ruin to despise ,
To scattcr plenty o'er a smiling land ,
And read their history in a nation' s eyes.
LE CIMETIÈRE DE CAMPAGNE. 2o3
Mais, perçant du tombeau réternelle retraite, Des chants raniment-ils la poussière muette? La flatterie impure, offrant de vains honneurs. Fait-elle entendre aux morts ses accens suborneurs?
Des esprits enflammés d'un céleste délire,
Des mains dignes du sceptre, ou dignes de la lyre,
Languissent dans ce lieu par la mort habité.
Grands hommes inconnus ! La froide pauvreté
Dans vos âmes glaça le torrent du génie;
Des dépouilles du tems la science enrichie
A vos yeux étonnés ne déroula jamais
Le livre où la nature imprima ses secrets;
Mais l'avare Océan recèle dans son onde
Des diamans, l'orgueil des mines de Golconde;
Des plus brillantes fleurs le calice entr'ouvert
Décore un précipice ou parfume un désert :
Là peut-être sommeille un Hampden de village * ,
Qui brava le tyran de son humble héritage;
Quelque Milton sans gloire; un Cromwel ignoré,
Qu'un pouvoir criminel n'a point déshonoré.
I . Jean Hampden , sous le règne de Charles I^^ , refusa de payer l'impôt arbitraire du ship - money , alors perçu pour la construction des vaisseaux; refus qui lui attira de longues et cruelles persécutions. Il déploya, dans cette occasion, des vertus et un courage dont les anciens Romains se fussent honore's : son nom est, en Angleterre, l'objet de la plus haute vénération. Jean
2o4 THE COUNTRY CHURCH-ÏARD.
Tlieir lot forbade : iior circumscrib'd alone
Their growing virtues, but tbeir crimes coiifinV]; Forbade to wade through slaugbter to a throne, . And shut the gâtes of niercy on mankind.
The struggling pangs of conscious Truth to bide, To quench the bkishes of ingéniions Shame,
Or heap the shrine of Luxury and Pride With incense kindied at the Muse' s flame.
Far from the madding crowd's ignoble strife, Tlieir sober wishes never learn'd to stray;
A long the cool, sequester'd vale of life
They kept the noiseless ténor of their way.
Yet e'en thèse bones from insuit to protect, Some frail mémorial still erected nigh,
With imcouth rhymes and shapeless sculpture deck'd Implores the passing tribute of a sigh.
Their name, their years, spelt by the 'unletter'd Muse
The place of famé and elegy supply :
And many a holy text around slie strews,
That teach the riistic moralist to die.
For wlio, to dumb forgetfuhiess a prey, This pleasing anxious being e'cr resign'd,
Lcft the warm precincts of the cheerful day, JNor cast onc longing lingering look behind?
LE CIMETIERE DE CAMPAGNE. lo'j
S'ils n'ont pas des destins affronté la menace, Fait tonner au Sénat leur éloquente audace, D'un hameau dévasté relevé les débris, Et recueilli l'éloge en des yeux attendris, Le sort, qui les priva de ces plaisirs sublimes, Ainsi que les vertus borna pour eux les crimes : On n'a point vu l'épée, ivre de sang humain. Leur frayer jusqu'au trône un horrible chemin; Ils n'ont pas étouffé dans leur âme flétrie Et la pitié qui pleure, et le remords qui crie; Jamais leur main servile aux coupables puissans N'a des pudiques sœurs prostitué l'encens; Et leurs modestes jours, ignorés de l'envie. Coulèrent sans orage au vallon de la vie.
Quelques rimes sans art, d'incultes ornemens. Recommandent aux yeux ces obscurs monumens; Une pierre attestant le nom, le sexe et l'âge. Une informe élégie, où le rustique sage Par des textes sacrés nous enseigne à mourir. Implorent du passant le tribut d'un soupir. Et quelle âme intrépide, en quittant le rivage. Peut au muet oubli résigner son courage?
Hampden fut tué, le 24 juin 1643, à Chalgrovefield , du comté d'Oxford, dans une bataille donne'e contre les partisans de Charles !«'.
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On some fond breast the parting soûl relies, Some pious drops the closing eye requires;
Ev' n from the tomb the voice of Nature cries , Ev'n in our ashes hve their wonted fîres.
For thee, who, mindful of the' unhonour' d dead, Dost in thèse hnes their artless taie relate;
If chance, by lonely Contemplation led, Some kindred spirit shall inquire thy fate :
Haply some hoary-headed swain may say, « Oft bave we seen liim at the peep of dawn
X Brushing with hasty steps the de^vs away, « To meet the sun upon the upland lawn.
cThere, at the foot of yonder nodding beech, « That wreathes its old fantastic roots so high ,
« His listless length at noon-tide would lie stretch, « And pore upon the brook that babbles by.
«Hard by yon wood, now smiling as in scorn, K Muttering his wayward fancies, lie would rove;
«Now drooping, woeful-wan, like one forlorn, « Or craz'd with care, or cross' d in hopeless love,
« One morn I mlss'd him on the custom' d hill, « Along the lieath, and ncar his favourite trce;
^( Another came; nor yet beside the rill,
(i Nor up the lawn, nor at the wood was he;
LE CIMETIERE DE CAMPAGNE. lo'
Quel œil, apercevant le ténébreux séjour,
Ne jette un long regard vers l'enceinte du jour?
Nature, chez les morts ta voix se fait entendre;
Ta flamme dans la tombe anime notre cendre :
Aux portes du néant respirant l'avenir,
Nous voulons nous survivre en un doux souvenir.
«Et toi, qui, pour venger la probité sans gloire,
« Du pauvre dans tes vers chantas la simple histoire,
«Si, visitant ces lieux, domaine de la mort,
« Un cœur parent du tien veut apprendre ton sort ,
« Sans doute un villageois, à la tête blanchie,
« Lui dira: Traversant la plaine rafraîchie,
c( Souvent sur la colline il devançait le jour;
« Quand au sommet des cieux le midi de retour
« Dévorait les coteaux de sa brûlante haleine ,
« Seul , et goûtant le frais à l'ombre d'un vieux chêne ,
«Couché nonchalamment, les yeux fixés sur l'eau,
« Il aimait à rêver au doux bruit du ruisseau ;
«Le soir, dans la forêt, loin des routes tracées,
« Il égarait ses pas et ses tristes pensées ;
« Quelquefois, en quittant ces bois religieux,
« Des pleurs mal essuyés mouillaient encor ses yeux ;
« Un jour, près d'un ruisseau, sur le mont solitaire,
« Sous l'arbre favori, le long de la bruyère,
« Je cherchai, mais en vain, la trace de ses pas;
«Je vins le jour suivant, je ne le trouvai pas;
•2o8 THE COUNÏRY CHURCH-YARD.
(c The next witli dirges due in sad array
« Slow tliro tlie church-way path \vc savv liim borne:
« Âpproaclî and read (for thon canst read) tlie lay, « Grav*d on the stone beneath yon aged thorn. »