LIVRE XIV
fêtes de Bacchus ou d'Hyacinthe : les rudes souyenirs de Sparte, la fourberie, la cruauté, la férocité maternelle se montroient dans les yeux de la foule idolâtre. Plus loin on découvroit des vierges chrétiennes chastement vêtues, dignes filles d'Hélène par leur beauté, plus belles que leur mère par leur modestie. Elles alloient avec le irçste des Fidèles célébrer les mystères d'un culte qui rei^d le cœur doux pour l'enfant, charitable pour l'esclave , et inspire l'horreur de la dissimulation et du mensonge. On eût cru voir deux peuples parmi ces frères < tant la religion peut changer lés hommes !
Lorsqu'on fut arrivé au lieu de la fête j. l'évêque, tenant l'Évangile à la main, monta sur son trône qui s'élevoit au fond du sanctuaire , en face du peuple. Les prêtres , assis à sa droite et à sa gauche , remplirent le demi-cercle de l'Abside. Les diacres se rangèrent debout derrière eux;* la foule occupoit le reste de l'église ; les hommes étoient séparés des femmes : les premiers la tête découverte , les secpndes la tête voilée.
Tandis que l'assemblée prenoit ses rangs , un chœur chantoit le psaume de l'introduction de la fête. Après ce cantique , les fidèles prièrent en silence ; ensuite l'évêque prononça l'oraison des. vœux réunis des Fidèles. Le Lecteur monta à l'Ambon, et dioisit dans l'Ancien et le Nouveau
Testament les textes qui se rapportoient davan^ tage à la double fête que Ton célébt*oit. Quel spectacle pour Cymodocée l Quelle différence de cette sainte et tranquille cérémonie, aux san* glants sacrifices 9 aux chants impurs desPaïena ! Tous les jeux se tournoient sur Tinnocénte caté^ chumène ; elle étoit assise au milieu d'une troupe de vierges quelle effaçoit par sa beauté. Acca-blée de respect et de crainte , à peine osoit-elle lever un regard timide pour chercher dans la foule celui qui , après Dieu , occupoit alors uniquement son cœur.
Le Lecteur fut remplacé par révéqué dans la chaire de vérité. Il expliqua d abord lEvangile du jour : il parla de la conversion des idolâtres , et du bonheur qu'auroit bientôt une fille ver-^ tueuse d'être unie à un époux chrétien, sous la protection de la Mère du Sauveur« Il termina son discours par ces paroles :
« Habitants de Lacédémone, il est temps que je vous rappelle Talliance qui voua unit avec Sion. Descendus d'Abraham , comme le peuple fidèle , Arius, votre roi , réclama jadis auprès du pontife Onias les lois de cette parenté sainte. Dans la lettre qu'il adressa au peuple juif, il lui dit : « Nos troupeaux et tous nos biens sont à vous ^ » et les vôtres sont à nous. » Les Machabées re* connoissant cette commune origine , envoyèrent