LIVRE XIV
aux Spattiates une députation amicale. Si donc, n'étant encore que Gentils y vous fûtes distingués du Dieu de Jacob , entre tous les peuples de Javan , de Séthim et d'Ëlisa , que né devea-vous pas. faire pour le ciel , à présent que vous êtes marqués du sceau de la race élue I Voici Finstant de vous montrer dignes de votre berceau qu'ombragèrent les palmes de Tldumée. Les grands martyrs Judas , Jonathas et ses frères vous invitent à marcber sur leurs traces. Vous êtes ap^ pelés aujourd'hui à la défense de la patrie céleste. Troupeau chéri que le ciel â confié à mes soins , c'est peut-^étre la dernière fois que^ votre pasteur vous rassemble sous sa houlette ! Combien peu d'entre nous se retrouveront au pied de cet autel , quand il nous .sera permis d^ nous réunir !
Servantes de Jésus - Christ, épouses vertueuses, vierges sans tache , c'est aujourd'hui qu'il faut vous glorifier d'avoir quitté les pompes du siècle^ afin de ne vous attacher qu'à la pudeur. Ah!
qu'il serait à craindre que des pieds entravés par des bandelettes de soie ne pussent monter à l'échafaud ! Ces colliers de perles qui entourent un cou trop délicat, laisseroient-ils quelque place àl'épée? Réjouissons-nous donc , mes frères, le temps de notre délivrance approche ; je dis délivrance : car , sans doute , vous n'appelez pas esclavage les cachots et les fers dont vous êtes
menacés. Pour un Chrétien persécuté la prison nest point un lieu de soufirances, mais un lieu de délices : quand Tàme prie, le corps ne sent point le poids des chaînes : elle emporte avec soi tout Thomme. »
Cyrille descendit de la chaire. Un diacre s'écria :
« Priez, mes frères ! »
L'assemblée se leva , se tourna vers l'orient , et , les mains étendues vers le ciel , pria pour les Chrétiens , pour les Infidèles , pour les persécuteurs, pour les foibles, pour les malades, pour les affligés , pour tous ceux qui pleurent. Alors les diacres firent sortir du lieu saint tous ceux qui ne dévoient point assister au sacrifice, les Gentils, les Possédés du Démon, les Pénitents. La mère d'Eudore , assistée de deux veuves, vint chercher la tremblante catéchumène; elle la conduisit aux pieds de Cyrille. Alors , le martyr lui adressant la parole , lui dit :
« Qui êtes- vous ? »
Elle répondit , selon l'instruction qu'elle avoit reçue :
ft Je suis Cymodocée, fille de Démodocus. »
— « Que voulez-vous ? » dit le prélat.
— « Sortir, repartit la jeune vierge, des ténèbres de l'idolâtrie , et entrer dans le troupeau de Jésus-Christ. >i