LIVRE XIV
Gymodocée ! Elle est conduite une seconde fois à Tautel; elle est fiancée à son époux , et répète, de )a voix la plus touchante, les paroles que Tévéque récitoit avant elle. Un diacre s'étoit rendu apprès d'Ëudore : debout à la porte de Téglise^ oix il ne pouvoit pénétrer , le pénitent prononce de 3on côté les mots qui l'engagent à Cy modocée. ^ph^Qgé de l'autel au vestibule, le serment des deqx époi|]( est reporté de l'un à l'autre par les prêtres : on eût cru voir l'union 4e l'innocence et du repentir. La fille de Démodocus consacre à Ifk reine des Anges une quenouille chargée d'une l^ne sans tache , symbole des occupations domestiques. Pendant cette cérémonie^ qui faisoit répandre des larmes h tous les témoins , les vierges de la nouvelle Sion chantoient le cantique de l'épouse :
« Tel est le lis entre les épinea, telle est ma » bien-aimée entre les vierges. Que vous êtes » belle , ô mon amie ! votre bouche est une gre- » nade entr'ouverte , et vos cheveux ressemblent » aux rameaux du palmier. L'épouse s'avance » commel'aurpre : elle s'élèvedu désert comme la » fumée de l'encens I Filles de Jérusalem, je vous ^ conj ure par les chevreuils de la montagne de me » soutenir avec dés fruits et des fleurs ; car mon ^> âme s'est fondue à la voix de mon amie. Vent
» du milieu du jour, répaïadez les plus doux » parfums autour de celle qui est les délices de » Tépoux ! Ma bien-aimée, vous avez blessé mon » âme ! Ouvrez-moi vos portes de cèdre ; mes » cheveux sont mouillés de la rosée de la nuit. » Que la myrrhe et Taloès couvrent votre lit » embaumé ! Que votre main gauche soutienne » ma tête languissante ; mettez-moi comme un )) sceau sur votre cœur, car Tamour est plus fort » que la mort. »
A peine les vierges chrétiennes avoient-elles cessé leur cantique, qu'on entendit au dehors dautres voix et d'autres concerts. Démodocus avoit rassemblé une troupe de ses parents et de ses amis, et faisoit chanter à son tour l'union d'Eudore et de Cymodocée :
« L'étoile du soir a brillé : jeunes hommes , )) abandonnez les tables du festin. Déjà la vierge » paroît : chantons l'Hymen , chantons FHy- » menée.
» Fils dlJranie , cultivateur des collines de » l'Hélicon, toi qui conduis à l'époux la vierge » timide , Hymen , viens fouler ces tapis au son » de ta voix harmonieuse, et secoue dans ta » main la torche à la chevelure d'or.
. )» Ouvrez les portes de la chambre nuptiale,