‹ Œuvres complètes de M. le Vicomte de ChateaubriandChapitre 107 sur 182 · LIVRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV

O surprise! Plusieurs soldats reconnoissent leur général..

« Romains 9 s'écrie Ëudore , c'est mon épouse que vous me \oulez ravir; mais vous ne me Far-^ rachetiez qu'avec la vie. »

Touchés par la voix de leur ancien compagnon d'armes, eflFrayés de son air terrible, les soldats s'arrêtent. Quand une troupe rustique est entrée dans un champ de blé nouveau , les frêles épis tombent sans effort. sous la faucille; naais arrivés au pied d'an chêne qui s'élève au milieu des gerbes , les moissonneurs admirent l'arbre puissant que pourroient seules abattre ou la tempête ou la cogilée : ainsi, après avoir dispersé la foule des Chrétiens , les soldats s'arrêtent devant le fils de Lasthénès. En vain le lâche centurion leur ordonne d'avancer : ils sem^ blent attachés sur le sol par un charme. Dieu leur inspiroit secrètentent cet effroi. 11 fait plus : il ordonne à l'Auge , protecteur du fils de Lasthénès, de se dévoiler aux yeux de la cohorte. La foudre gronde dans les cieux^ l'Ange paroit au côté d'Eudore , sous la forme d un guerrier couvert d'armes étincelantes ; les soldats jettent leurs boucliers sur leur dos, et s'enfuient dans les ténèbres, au milieu de la grêle et des éclairs. Ëudm^e profite de cet instant : il enlève de nouveau sa bien-aimée. Suspendue au cou d'Eudore,

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