LIVRE XV
iroit la chercher sous le portique du temple de Minerve.
Le- jour fatal arrive : le fils de Lasthénès sort de sa demeure; il passe devant l'Aréopage où le Dieu que Paul annonça 'nétoit plus inconnu; il monte à la Citadelle , et se trouve le premier au rendez-vous, sous le portique du plus beau temple de Tunivers.
Jamais si brillant spectacle n avoit frappé les regards d'Eudore. Athènes s'oiTroit à lui dans toutes ses pompes ; le mont Hy mète s'élevoit k l'orient comme revêtu d'une robe d'or; le Pentélique se courboit vers le septentrion pour aller joindre le Permetta ; le mont Icare s'abaissoit au couchant, et laissoit voir dertnère lui la cime sacrée du Gythéron; au midi, la mer, le Pyrée, les rivages d'Egine, les côtes d'Ëpidaure , et, dans le lointain , la citadelle dé Gôrinthe , terminoient le cercle entier de la patrie des arts, des héros et des dieux.
Athènes, ^vec tous ses chefs-d'œuvre , reposoit au centre de ce bassin superbe : ses marbres polis , et non pas usés par le temps , se peignoient des feux du soleil à son coucher ; l'astre du jour, prêt à se plonger dans la mer, frappoit de ses derniers rayons les colonnes du temple de Minerve : il faisoit étinceler les boucliers des Perses , suspendus au fronton du portique , et sembloit
animer sur la frise les admirables sculptures de Phidias.
Ajoutez à ce tableau le mouvement que la fête des Panathénées répandoit dans la ville et dans la campagne. Là , de jeunes Canéphores reportoient aux jardins de Vénus les corbeilles sacrées ; ici, le Péjplus flottoit encore au mât du vaisseau qui se mouvoit par ressorts; des chpBurs répétoient les chansons d'Harmodius et d'Afistogiton; les chars rouloient vers le Stade; lei^ citoyens couroient au Lycée , au Pœcile , au Céramique; la foule se pressoit surtout au théâtre de BacchuS; placé sous la Citadelle; et la voix des. acteurs , qui représentoient une tragédie de Sophocle/ montoit par intervalles justju'à l'oreille du fils de Lasthénès.
Gymodocée parut : à son vêtement sans tache , à son front virginal , à ses yeux d'azur, à la modestie de son maintien , les Grecs Tauroient prise pour Minerve elle-mênie , sortant de son temple, et prête à rentrer dans l'Olympe, après avoir reçu l'encens des mortels.
Ëudore^ saisi d'admiration et d'amour, faisoit des efforts pour cacher son trouble; afin d'inspirer plus de courage à la fille d'Homère.
«Gymodocée, lui dit*il, comment vous exprimer la reconnoissance et les sentiments de mon cœur ? Vous consentez à quitter pour moi