TOME XVIII
sourire à ma douleur, et de ses mains inno* centes se jouer avec mes cheveux blanchis L^. Mais loin de toi , loin de moi , sous un ciel inhospitalier, errante sur une mer où des pirates
barbares ah! si ma fille alloit tomber entre
leurs mains! S'il lui fallok servir un maître cruel, préparer son repas et sou lit! Que la terre me cache dans son sein avant que j'éprouve un pareil malheur. Les Chrétien» ont-ils donc un cœur plus dur que les rochers ? lieur Dieu est-il donc inexorable ?»
Cjmodocée avoit volé dans les bras de son père, et mêloit ses larmes à celles du vieillard. Ëudore écoutoit les reproches de Démodocus avec une fermeté qui n avoit rien de. dur, et une affliction qui n avoit rien de foible.
« Mon père, répondit-il, permettez que je vous donne ce nom, car votre Cymodocée est déjà mon épouse aux yeux de rÉternel ; je ne l'arrache point de force à vos embrassements ; elle est libre de suivre ou de rejeter ma religion ; mon Dieu ne veut point obtenir les cœurs par contrainte : si cela doit vous coûter à tous deux trop de regrets et de pleurs, demeurez ^ensemble dans la Grèce. Puisse le ciel répandre sur vous ses faveurs 1 Pour moi, j'accomplirai ma destinée. Mais, Démodocus, si votre fille m'aime , si vous croyez que je la puisse rendre heureuse ,