LIVRE XV
« Son souvenii: sera doux comme un concert )) de musique dans un festin délicieux. H a été » destiné divinement pour faire rentrer le peu- » pie dans la pénitence. »
Enfin le souverain pontife consulte une troisième fois l'oracle d'Israël; tous les pères sont frappés de ce passage des Cantiques :
«Je me suis couvert d'un sac en jeûnant....
» J'ai pris pour mon vêtement un cilice. »
Aussitôt une voix ( on ne sait quelle voix ) prononça le nom. d'Eudorel Les vieux martyrs, subitement éclairés, font retentir d'un Hosanna prolongé les voûtes des catacombes^ Ils relisent le texte sacré. Saisis d'étonnement , ils voient avec quelle justesse tous les mots s'appliquent au fils de Lasthénès. Chacun admire les conseils du Très -Haut ; chacun reconnoît combien ce choix est saint et désirable. La renommée du jeune orateur, sa pénitence exemplaire, sa faveur à la cour, son habitude de parler devant les princes, les charges dont il a été revêtu, l'amitié dont Constantin l'honore, tout justifie l'arrêt du ciel. On se hâte de lui porter les vœux des Pères. Eudore s'humilie dans la poudre; il cherche à se soustraire à cet honneur si sublime, à ce fardeau si pesant ! On lui montre les pas-
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«âges de TEcriture : il se soumet. Il se retire aussitôt parmi les tombeaux des Saints, et se prépare pai^ des veilles , des prières et des larmes , à plaider la plus grande cause qui fut jamais portée au tribunal des humains.
Tandis qu'il ne songe qu a remplir dignement l'effrayante mission dont il est chargé, Hiéroclès arrivoit à Rome, soutenu de toutes les Puissances de l'Enfer. Cet ennemi de Dieu avoit appris avec désespoir le mauvais succès de ses violences à Lsicédémone, la fuite de Cymodocée et le départ d'Eudpre pour l'Italie. Les ordres modérés qu'il reçut en même temps de Dioclétien, lui firent comprendre que ses calomniés n'avbient pas réussi complètement à la. cour. Il avoit cru renverser un rival, et ce rival étoit simplement rappelé sous l'œil vigilant du chef de l'Empire» Il tremble que le fils de Lasthénès ne parvienne à le perdre dans l'esprit de Dioclétien. Afin de prévenir quelque disgrâce soudaine, il se détermine à voler auprès de Galérius qui ne cessoît de le redemander à ses conseils. L'Esprit de ténèbres console en même temps l'apostat.
(cHiérodès, lui dit-il secrètement, tu seras » bieiltôt assez puissant pour atteindre Gymo^ » docée jusque dans les bras d'Hélène. Cette