‹ Œuvres complètes de M. le Vicomte de ChateaubriandChapitre 32 sur 182 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

n entendez plus quW langage grossier, semblable au croassement des corbeaux. Un château it)main se montre sur la cime d'un roc; une chapelle dee Chrétiens s'élève au fond d'une vallée près de lautel où FEubage égorge la victime humaine. J ai vu le soldat légionnaire veiller jau milieu d'un désert sur les remparts d'un camp , et le Gaulois devenu sénateur embarrasser sa toge romaine dans les halliers de ses bois. J'ai vu les vignes de Faterne mûrir sur les coteaux d'Augustodunum, l'olivier de Gorinthe fleurir à Marseille , et l'abeille de l' Attique parfumer Narbonne. .

» Mais ce que l'on admii'e partout dans les Gaules , ce qui fait le principal caractère de ce pays, ce sont les forêts. On voit çà et là dans leur vaste enceinte quelques camps romains abandonnés. On y trouve ensevelis sous Therbe les squelettes du cheval et du cavalier. Les graines que les soldats y semèrent jadis pour leur nourriture, forment des espèces de colonies étrangères et civilisées, au milieu des plantes natives et sauvages des Gaules. Je ne pouvois recounoitre sans une sorte d'attendrissement ces végétaux domestiques, dont quelques-uns étoient originaires de la Grèce. Ils s'étoient répandus sur les collines et le long des vallées, selon les habitudes qu'ils avoient apportées de

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