LIVRE VIL
)) Juaqu à pilent ma plus belle conquête est » la jeune femme de mon vieux maître Phara-*- ^» mond. Clothilde a ouvert son cœur à Jésus* » Chri3t. De violente et cruelle quelle étoit, » elle est devenue douce et compatissante. Elle » m aide à sauver tous les jours quelques infor* » tunés. C'est à elle que vous devez la vie. Lors*? » que je courus lui apprendre que je vous avois )» trouvé parmi les m<Mrts , eUe songea d'abord à )» vous tenir caché dans la grotte , afin de vous )> soustraire à l'esclavage. Elle découvrit ensuite » que les FrangB alloient continuer leur retraite. )» Alors il ne l^i resta plus qu'à révéler le^lecrel » k son époux , et à obtenir votre grâce de Pba-* 9 ramond : car si les Barbares aiment les esclaves » $ains et vigoureux , leur impatience naturelle » et le mépris qu ib ont eux-mêmes pour la vie , » leur font presque toujours sacrifier les blessés.
>i Moafils^ telle est l'histoire de Zachane. Sî » voij^ trouvez qu'il a fait qudqiie chose pour )» vous., il ne vous deoiande en récompense que X» de ne pas vcais laisser abattre par les chagrins^ » et de souffiîr qu'il sauve votre âme, après «voir y> sauvé votre corps. Eudore , vous êtes né dai^ » ce doux climat voisin de la terre des miracl^s^, » chez ces peuples polis qui ont civilisé les hoia»** )i ïtws , dans cette Grèce où le sublime Paul a » porté la lumière de la foi : que d'avantages
» n'avez -vous donc pas sur les hommes du » Nord , dont lesprit est grossier et les mœurs » fëroces? seriez-vous moins sensible qu eux à la« » charité évangélique? »
» Les dernières paroles de Zacharie entrèrent dans mon cœur^ comme un aiguillon. L'indigne secret de ma vie m'accabloit. Je n'osois lever les yeux sur mon libérateur. Moi qui avois soutenu sans trouble les regards des maîtres du monde , j'étois anéanti devant la majesté d'un vieux prêtre chrétien , esclave chez des Barbares ! Retenu par la honte de confesse%roubli que j'avois %kt de ma religion , poussé par le désir de tout avouer , mon désordre étoit extrême. Zacharie s'en aperçut. Il crut que mes blessures s'étoient rouvertes. H me demanda la cause de mon agitation avec inquiétude. Vaincu par tant de bonté 9 et les larmes malgré moi se faisant un passage, je me jetai aux pieds du vieillard :
«O mon père l ce ne sont pas les blessures de mon corps qui saignent : c'est une plaie plus profonde et plus mortelle ! Vous qui faites tant d'actes sublimes au nom de votre religion , pourrez-vous croire , en voyant entre nous si peu de ressemblance, que j'ai la même religion que vous. » ..
— « Jésus-Christ ! s^écria le Saint levant les mains vers le ciel, Jésus-Christ, mon divin Maître,