‹ Œuvres complètes de M. le Vicomte de ChateaubriandChapitre 66 sur 182 · LIVRE XL · texte numérisé non relu

LIVRE XL

» Solitude, ô mon épouse! vous allez perdre >» celui qui trouvoit en vous des douceurs!

» Le Solitaire doit avoir le corps chaste^ la » bouche pure , l'esprit éclairé d'une lumière » divine.

» Sainte tristesse de la, pénitence , percez mon » àme comme un aiguillon d'or , et remplissez- )^ la d'une douleur céleste!

» Les larmes sont mères des vertus , et le )> malheur est un marchepied pour s'élever vers » ^ le ciel. »

» La prière du saint étoit à peine achevée, qu'un doux et profond sommeil me saisit. Je m'endormis sur le lit de cendre que Paul préféroit à la couche des rois. Le soleil étoit prêt à finir son tour quand je rouvris les yeux à la lumière. L'hermîte me dit :

((Levez- vous; priez, mangez, et allons sur la » montagne. »

» Je lui obéis ; nous partîmes. Pendant plus de «ix heures , nous gravîmes des roches es* carpées , et au lever du jour , nous atteignîmes la pointe la plus élevée du mont Colzim.

» Un horizon, immense s'étendoit en cercle autour de nous. On découvroit à l'orient les sommets d'Horeb et de Sin^ï, le désert de Sur et la mer Rouge ; au midi , les chaînés des montagnes

Page 1