‹ Œuvres complètes de M. le Vicomte de ChateaubriandChapitre 74 sur 182 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

signes funestes ; les divinités couchées sur leurs lits y dans les places publiques, détournent les yeux ; les portes des temples se referment d'ellesmêmes; des. bruits confus font retentir les antres sacrés; chaque moment apporte à Rpme la nouvelle d un nouveau prodige : le Nil a retenu le tribut de ses eaux; la foudre gronde, la terre tremble^ les volcans vomissent . des flammes; la peste et la famine Ravagent les provinces de l'Orient; l'Occident est troublé par des séditions dangereuses, et des guerres étrangères : tout est attrà)ué à l'impiété des Chrétiens* : Dans la vaste enceinte du palais de Dioclétien , au milieu du jardin des Thermes , s'élevoit un cyprès qu'arrosoit une fontaine. Au pied de ce cyprès étoit un autdi consacré à Romulus. Tout à coup un serpent, le dos marqué de taches sanglantes , sort en sii&ant de dessous l'autel ; il embrasse le tronc du cyprès. Parmi le feuillage, sur le rameau le plus élevé, trois passereaux étoient cachés dans leur nid : l'horrible dragon les dévore; la mère vole à l'entour en gémissant; l'impitoyable reptile la saisit bientôt pér les ailes, et l'enveloppe malgré ses cris* Dioclétien effrayé de ce prodige fait appeler Tagès, chef des Aruspices. Gagné secrètement par Ga* lérius , et fanatique adorateur des idoles , Tagès s'écrie : . . .

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