‹ Œuvres complètes de M. le Vicomte de ChateaubriandChapitre 8 sur 182 · TOME XVIII · texte numérisé non relu

TOME XVIII

et offrir cette branche à Marie, en signe d'allégresse. »

» Zacharie avoit à peine achevé de prononcer ces mots, que nous vîmes accourir Clothilde.

Elle se mit à genoux sur la neige au pied du hêtre. Nous nous plaçâmes à ses côtés , et elle prononça k haute voix Foraison du Seigneur dans un idiome sauvage. Ainsi je vis commencer le Christianisme chez les Francs. Religion céleste , qui dira les charmes de votre berceau! Combien il parut divin dans Bethléem aux pasteurs de la Judée ! Qu'il me sembla miraculeux dans les catacombes, lorsque je vis s'humilier devant lui une puissante impératrice ! Et qui n'eût versé des larmes , en le retrouvant sous un arbre de la GÉrmanie, entouré, pour tout adorateur , d'un Romain esclave , d'un prisonnier grec , et d'une reine barbare !

» Qu'attendois-je pour retourner au bercail ? Les dégoûts avoient commencé k m'avertir de la vanité des plaisirs ; Thermite du Vésuve avoit ébranlé mon esprit; Zacharie subjuguoitmon cœur; mais il-étoit écrit que je né reviendrois à la vérité que par une longue suite de malheurs et d'expériences.

» Zacharie redoubla de zèle et de soin auprès de moi. Je croyois, en l'écoutant, entendre une voix sortie du ciel. Quelle leçon n'offroit point

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