LIVRE XIV
touche au tombeau de Ladas ; il découvre bientôt la statue de la Pudeur, qui marque Fendroit OÙ Pénélope, prête à suivre Ulysse , baissa son voile en rougissant. Il laisse derrière lui le monument de Diane Mysienne , le bois sacré de Carnéiis , les sept colonnes, la sépulture du coursier, et tout à coup il arrive au penchant fleuri d'un coteau qui coulroanoit le temple d'Achille : Sparte et la vallée de la Laconie se présentent à ses regards. La chaîne des montagnes du Taygète couvert de neige et de forêts, se déployoit à Foccident ; d'autres montagnes moins élevées formoient à lorient un rideau parallèle : elles diminuoient de hauteur par degrés , ei se terminoient aux sommets rougis du M énélaïon. La vallée comprise entre ces deux chaînes de montagnes étoit obstruée , vers le nord , par un amas confus de monticules irréguliers. Ceux*ci, s'avançant^u midi, venoient. former de leurs dernières croupes les collines où Sparte étoit assise. Depuis Sparte jusqu'à la mer on n'apercevoit qu'un terrain uni, fertile, entrecoupé de champs, de vignes et de froment, ombragé de bosquets d'oliviers, de sycomores et de platanes. L'Ëurotas promenoit son cours tortueux dans cette riante solitude, et cachoit sous des lauriers-roses ses flots d'azur, qu embellissoient les cygnes de Léda. Le prêtre des dieux et Cymodocée ne pou-
voient se lasser d'admirer ce tableau que peicroient de mille couleurs les feux de l'aurore uaissante. Qui pourroit fouler impuDément la poussière de Sparte, et contempler sans étnotion la patrie dé Lycurgue et de Léonidas ? Démo^ docus agitoit encore d'étonhenlent son >sceptre augurai, que déjà ses coursiers rapides entroient dans Lacédémone. Le ckar traverse la pla«Mî piH blique , franchit le sénat des Vieillards et le pojrtique des Perses , prend la route du théâtre adossé à la citadelle , et monte à la maison de Cyrille , bâtie près du temple de Vénus armée.
La famille de Lasthénès attendoit chez Té* vêque de Lacédémone l'arrivée de la noavdîe épouse; le prélat étoit instruit de tout ce qui s'étoit passé en Arcadie. Pour xneVbre Çymodocéc à Fabri des entreprises d'Hiéroclès^ et afin qu'Eu*dore acquit des droits sur elle , i Cyrille se paroposùit de la fiancer au fils de Lasthénès 7. a assitôt qu'elle seroit déclarée néophyte ; mais la prétresse des Muses ne pouvbit devenir L'épouse d'Eudore qu'après avoir reçu le baptême; Les vieillards .saluèrent l'aimable étrangère avec mie tendresse grave et sainte. Les soins les plus tou-^ chants lui furent prodigués par sa nouvelle txkèpe et ses nouvelles sœurs. Ces caresses que Cymo*docée n'avoit jamais connues , lui semhlment d'une extrême douceur. Elle ne vit point Eudore