‹ Œuvres complètes de M. le Vicomte de ChateaubriandChapitre 98 sur 182 · LIVRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV

Satan frémissant de colère :

(( Ange pusillanime , d'où te vient aujourd'hui » cette crainte ? Le repentir , cette lâche vertu » des Chrétiens , seroit-il entré dans ton cœur ? » Regarde autour de toi : voilà ton éternelle de- )) meure! A des maux sans fin sache opposer )) une haine sans terme ^ et bannis d'inutiles re* » grets. Ose me suivre : je ferai bientôt disparoi-*' )> tre du monde ces chastes amours qui t'épou** » vantenl. Je te rendrai ton empire sur rhonune )> abattu. Mais n attends pas que mpn bra^ te » contraigne à m'accorder ce que j'ai daigné de- » mander à ton zèle. »

A cette espérance , à cette menace , le Démon, de la jalousie se laisse entraîner.

Satan, plein de joie, monte aussitôt sur un char de feu, et Tait placer à ses côtés le monstre qu'il appelle son fils ; il l'instruit de ce qu'il doit faire ^ etlui nomme la victime qu'il doit frapper. Pour éviter l'importunité des Esprit;^ de ténèbres , les di^x chefs de l'Enfer traversent invisibles le sérjour de la douleur. La Mort seule les voit sortir des portes de l'abîme et les salue par xin sourire affi:eux. Bientôt ils touchent à la terre et descendent daas le vallon de /l'Alphée, En prqiç à son fatal amour , le proconsul d' Achaie était alors agité d'un sommeil pé»ible. Le Déaion 4« la ja-

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