DISCOURS III
Sur la Providence.
Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes yoies ne sont pas vos Toies, a dit rÉtemel. Ésaie', Chef. 55^ ir, 8.
Lks hommes doivent se «défier de leurs lumières ; les hommes doivent se montrer réservés et oirconspects , lorsqu'ils se permettent de juger les décrets de la Providence ; car mes pensées ne sont pas vos pensées , et mes voies ne sont pas vos voies , a dit VÉterneL
Les réflexions que nous offrirons sur ces belles paroles , auront un rapport immédiat avec les enseignemens retracés dans notre précédent Discours.
Nous avons montré que la morale étoit esjs^entiellement fondée sur la connoissance des perfections de Dieu*, sur la connoissance des perfections d'un maître dont les jeux sont trop purs pour voir le mal.
Vous aurez remarqué peut-être qu'en ap-profondissanty comme nous Tavons fait , une
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vérité première dans l'ordre des vérités religieuses, nous avons gardé le silence sur une objection importante ; mais nous nous étions proposé de la traiter séparément, et nous vie devions, puisqu'elle se trouve unie à un vaste sujet , à l'idée que nous pouvons nous former de la Providence divine.
On dit, on le répète : Comment croirionsnous à I^ peinture qui nous est faite des perfections de l'Être suprême , à son amour pour la vertu, à sa haine du crime? comment y croirions-nous , lorsque nous voyons sans cesse le triomphe des méchans tt le malheur des justes ? Ou le roi des cieux n'a point de puissance , ou il détourne ses regards de la conduite des hommes , appréciant avec indifférence le bien et le mal, la sagesse et la dérai-» son. Voilà le langage de l'impiété; voilà l'ar-^ gument dont se saisissent les hommes sans principes , sans mœurs , et que l'idée d'un surveillant inquiète ; voilà l'argument aussi qui jette dans le doute plusieurs âmes honnêtes , mais craintives, et trop souvent en défiance de leur jugemient, de leur instinct, de leurs premiers sentimens.
Méditons en commun sur une difficulté digne sans doute de notre attention. Hélas! il XIII. 7