t:otrRS
en est plusieurs dans' le système du monde moral, comme dans le système du monde physique, qui peuvent embarrasser notre esprit; car l'objet de nos études est immense, et Tétenilue de nos facultés est bornée. Elles disparoi^seAt cependant, ces difficultés , elles s^affoiblissentdu moins sensiblement, lorsqu'on chercbe l'instruction de bonne foi , et qu'on désire sincèrement d'affermir sa confiance aux idées religieuses , idées si fécondes en vérités simples, et la source en même temps de nos plus précieuses consolations.
L'intervention continuelle de la Providence au milieu des actions des hommes ; la prompte récompense des unes , la punition subite des autres ; cette intervention , toujours agissante , seroit incompatible avec le système universel que Dieu s'est proposé dans sa haute sagesse ; elle seroit une sorte d'atteinte à la beauté de notre nature morale ; elle seroit encore destructive de nos plus chers intérêts. Voilà les grandes vérités que nous aurions à examiner, avant d'accuser la justice divine , avant de nous livrer à d'aveugles murmures. Soutenez ici votre attention.
Dieu a voulu placer au milieu de ses oeuvres des êtres intelligens et libres : cette superbe
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conception , ce dessein magnifique de. la part du souverain auteui; de la nature , a dû régler et dominer, pour ain^i dire , toutes les autres dispositions émanées de sa sagesse.
La liberté de l'horame n'eût point existé,* nWit existé du moins qu'imparfaitement, s'il eût subi une punition , s'il eût joui d'une récompense, à mesure qu'il se seroit élqigùé ou rapproché des lois de la morale. Guidée alors dans toute sa conduite par des motifs instans et décisifs , sa raison^ sa prévoyance , lui seroient devenues inutiles. L'avertissement de la douleur, ou l'appel à un plaisir prochain , auroient fixé toutes ses déterminations \ et son esprit eût été soumis à des lois aussi impérieuses que son être physique. Ce n'est point là le système que Dieu s'est proposé dans la formation de l'homme moral, de l'homme in« telligent , de l'homme libre. Nous lui demanderions d'agir dans un sens différent de ses hautes pensées , si nous attendions sans cesse au milieu de nous l'intervention de son pouvoir suprême. Ce seroit alors un autre plan ^ une autre architecture , s'il est permis de s'exprimer ainsi , et cette combinaison, n'auroit pas pu s'accorder avec la dignité que le Maître du monde vouloit donner à notre nature. On
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pourroit presque le dire , ce seroit aspirer au Tseng rPaatomates , que de solliciter des récompenses et des punitions soudaines , et de ne laisser ainsi aucun champ, aucun espace à
' l'action de la liberté , au jeu de la raison et de la prévoyance. O Éternel ! nos voies ne sont
p€is vos voies , nos pensées ne sont pas vos
pensées !
Voyons maintenant comment leméroe ordre âeo'hoses , que nous semblons regretter, seroit destructif de nos plus précieux intérêts.
Notre vie sur la terre n'est que d'un instant ; mais la perspective de l'avenir , une espérance vague, indéterminée, animent, embellissent notre rapide passage. Nous nous voyons environnés de l'éternité , et nous sommes doués d'un esprit qui s'étend à une distance infinie , d'un esprit qui franchit les plus grands intervalles. Nous avons ainsi, même sans le secours de la religion, une confiance plus ou moins affermie dans le retour ou la continuité de notre existence. Or cette confiance , si douce , si précieuse , seroit-elle la même si, par des punitions et des récompenses soudaines , notre sort étoit complété sur la terre? Ah ! nous ne voudrions pas que cette vie fût notre unique apanage ; nous désirons qu'elle soit un com'
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mencement dans notre destinée, et nous de* vons aimer le système qui Foffre sou» cet aspect à nos regards^ N^ous sommes ainsi liés à l'ayenir par les objections mêmes que nou^ trouvons à faire au présent.
Bénissons donc notre Dieu d'ayoit^ jnis le dernier but loin de nous , si c'est à ce^ prix seul que nous sommes libres , si c'est à ce prix seul que aous acquérons un mérite. . Et iieiidons hommage aux lois de sa provideni}^^ ^ cette belle ordonnance morale, toujours en rapport avec la dignité de notre nature , tou^ jours en rapport avec les espérances qui charment notre cœur et l'associent aux jouissances de notre imagination. Respectons les mystères que nous ne pouvons pénétrer. Noos Sommes les créatures , et non les conseillers du Très^ Haut ; npus sommes Tœuvre de ses mains , et non les agens de sa force » ou Iqs régulateurs de sa puissance.
Fixons , arrêtons nos regards sur les grandes vérités qui nous rendent eertains de la bonté .de notre souverain Maître , e| recherchons leur abri; retirons- nous vers. elles, quand notre foible raison ne peut ni tout expliquer ni tout jen tendre. Ce sont les hauteurs des deux : qujr
feroi^tu fCest une chose plus profi>nde que les abimes : quy connùitrois-tu ?
£n<Iéveloppant, comme nous venons de le faire, la coRtràcHction formelle qui existeroit entre le beau systfllAe êM itlônde moral et Tin-
tërvèhtinn iiiimédmt& de la Providence au mi-
liéU des actions des homiiies , nous nous som*tiiéi proposé un but cher à votre coeur , et digne, sous touâ ks )rà]pports , de l'îillérél des fidèléi. Nous atons voulu repoussèi^ ies objections dont se servent les hommes irréligieux pour supposer à TÊtre suprême un sentiment d'ihdifférenoe au bien et au ibaL
Vous vous garderez , sans doute , de donner à nos réflexions une étendue qui en dénatuxeroit et Tesprât et le sens. Di^u n'a pas voulu Tendre vaine la liberté , il n^a^pas voulu rendre inutile rintelligence de Tbomme, en se montrant à chaque instant le rémunérateur ou le vengeur de nos actions et de nos penisé^s. Mais on s'aveugletoit volontairement , si Ton refu- ^oit âe r^connoître Tamour de l'Être suprême pour la vertu, et Sa baine du crime. Il appardît , ce sentiment 9 non pas dans un jugement instatitàné qui nous travëstiroit en esclaves , niais dans ie plan général auquel la race bu-
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maine est unie. Il apparoit , ce sentiment , dans les rapports habituels de la morale avec le bonheur: rapports que les exceptions seules obscurcissent à nos regard».
Les gens de bien , dites-vons » sont malheu- Tcux, et les mëiehans triomphent. Oui , quel-^ quefois ; mais la sociéié , l'ensemble de la Vie y nous présente un autre spectacle. Venez à notre aide, lorsque nous «outenans cette vérité; venez à notre aide, hommes vertueux, vous qui avez été fidèles aux lois du devoir ; vous qui avez respecté les droits des autres, et qui n*ave^ point enté votre intérêt sur leur dommage; Vous qui avez fait du bien selon vos forces , et qui avez aimé Dieu dans votre prochain ,. venez à notre aide et parlez-nouâ du bonheur dont vous avez joui, lorsque vous rendriez en paix au dedans de vous-mêmes, et lorsque vous cherchiez avec confiance les regards dé rÊtre suprême. Parlez-hous du Bonheur dont vous avez joui, lorsque vous trouviez toujours un guide dans la morale , et <jué vous ignoritt ainsi les tourmens de l'incertitude et les persécutions du remords. Dites-nous si vous avez jamais regretté les avantages qu'auroit pii vous procurer une action malhonnête, et si l'estime que vous avez recueillie ne vous a pas mieux
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servis, dans vos calculs personnels., que îst fraude ou l'injustice n'auroient pu le faire ?
Mais nous n'avons pas besoin de vous in«terroger; la sérénité qui règne sur votre vi*- ^age, et qui peint si bien le repos de votre âme; cette sérénité, l'apanage du juste, répondroit seule à tous nos doutes. Vous avez été jeunes avec pureté ; vertueux à l'âge mûr, et vous entrez dans la vieillesse environnés de souvenirs [qui vous donnent de la cO;£(fiance et VOUS prêtent de la dignité. Ah ! que cette dernière empreinte d'une belle vie a d'exprèssion pour nous ; elle marqueroit seule la récompense attachée à l'observatioa rigide et soutenue des principes de la morale. L'homme vertueux a connu comme d'autres les traverses de la vie ; il a éprouvé de même ou les persécutions de la haine , ou les traits de la calomnie; mais on ne l'a point abattu, on n'a jamais troublé sa piété. II a dit au fond de son cœur : Mon droit est auprès de l'Étemel^ et mon œuvre est auprès de mon Dieu.
Qu'elle est différente, la destinée des hommes d'un caractère opposé ! c'est eux-mêmes que nous appellerions en témoignage; et n'en doutons point, si , parvenus au terme deieur carrière , ils jetoient un regard sur le temps
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qui n'est plus pour eux; s'ils le considéroient fixement, et s'ils nousracontoient leurs pensées , ils diroient presque tous , qu'en aban* donnant Je culte de la religion et de la vertu, ils n'ont fait aucun profit en bonheur. Ils ont quelquefois obtenu , pair des voies répiréhensibles', l'objet de leur ambition; mais les jouis* sances qu'ils se promettotent se sont flétries , et le mécontentement d'eux*mémes leur est resté. Qu'ils l'avouent ; ils ont considéré avec envie la marche assurée de l'homme de bien, et ils regrettent les sacrifices qu'ils ont i^its à des illusions. Ah! si nous pouvions, disentils, recommencer la vie; si nous pouvions faire usage de notre expérience , nous ne quitterions pas la sagesse : cette sagesse , c'est la morale.
Tel seroit encore le .langage intérieur de tous les hommes, même de ceux qui ont le moins de reproches à se faire aux regards dn monde. Hélas! en est-il qui n'aient pas à joindre le souvenir d'un revers au souvenir d'une faute ? Les peines attachées à la violation de nos devoirs deviendroient une vérité commune et générale , si les hommes nerésistoient pas à l'aveu de leurs foiblesses ; s'ils ne dissimuloient pas leurs repen tirs ; s'ils ne ren«
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fcrtnoient pMatt-dedabs d'eux-mêmes , et sous ]e scellé de }ear amoui^propre, les instructions acquises par leur expérience; instructions quei<}i]elois séyères et que nous ne dévoilons jamais ei& entier, même h nos plus intime»
conâ^n^, tant rions avons le goût , le bescrîn , rhabijtiSidê dé nous parer aux yeux des autres. N'en doutons point ; si nous pouvions connoitré ou suivre de près le^ actions de ceux qui accusent la Providence, et qui la dénoncent comme indifférente au bien et au mal; si nous pouvions parcourir le registre de leur conscience et les feuillets qu'ils passent euxmêmes , notis remarquerions peut-être qtie le disgrâces douloureuses d'un ambitieux ou d'uii ardent-striai^ dès honiietirsj dii poùroir et de la fortune , se lient par un rapport immédiat, od par un enchaînement pi^olongé, à une faute, à tin premier pàS, dont tltié observation plus rigide dé la* morale les auroit préservéis.
Oh ! non , ce n'est pas le Système du moride qui est en discord, ce n'est pas son auteur qui se méprend ; mais quand nous piourrions tout expliquer par nos torts et par nos foîblesses, nous échappons à la vérité, et nous sommes séduits par un négociateur rusé qui
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cb erche à nous . égarer ;- ce négociateur \ .eel intermédiaire, c'est nous-mêmes; défenseur toujours prêt à nous excuser et à- rejeter sur la destinée le résultat de &os erreurs et de nos passions crimitlelles.; ^'^t.
Nos réflexions sur las «onnteid» fréquente du malheur des particuliers, «Yée l'ittage qu'ils ont fait de leur tRtelIigeh^oe ètrdèJ<eur liberté, s'ippliquercn^at ^ méfiiè-aux s<»^ ciétés politiques; L'histoire , toujétirs t£frdive dans ses instructions , ne nous fansnsmiet qu'une partie deséiémens propres à fdrroer notre jugement ; ruais nous voyons en Vêtu* diant^ que de gradsides fautes en: morales^ ou de la part des nations oti de la part des gou* vernèméns, on tété souvent Tolfigine première des advei^sités éclatantes^dont les-^annales du monde! dnt consern^é la mémoire; >*
Demanderoit-on , pour embarrassera notre foi, quel étoit le mérité des vainqmeurs^, e): de quelles vertus ils avoient à se renomîiber ? Nous répondrions qu'ils pouvoient être A^ simples' instrumens dans l'ordre de la Providence ; et ^ti'âti sein même de leurs triomphes ils songèoient aux disgrâces dont ils étnient menacés; et quel (|Uefois, devenus oppresseurs, ils n'apercevoien t , au faite de leur pouvoir,
que la profondeur des abîmes dont ils se trou* voient environnés.
Ne les avez-vous pas vus , ces désolateurs de la France, ces tyrans sanguinaires , ces mens* très cachés sons nos traits? Hélas! étoient«il$ pour nous lejléatt du Seigneur? ou devonsnous uniquement leur apparition à la corruption du^ècle et au cours inconnu despas^ sions i qui sont uh^ 'dépendance de notre na<ture? Ils disoient avec* triomphe : Le crime nous réussit , et nous seuls en avons découvert la puissance ; nous savons employer avec habileté la violence et l'hypocrisie; nous avons asservi le peuple à des mots auxquels nous ne croyons pas nous-mêmes, et notrs Tavons habitué k nous chercher des victimes; nous avons sacrifié l'innocence selon nos goûts et notre caprice; nous avons fait corn* paroître devant nos. tribunaux abominables les femmes et les enfans , les malades et les vieillards ; et là , nous les avons tenus attachés conmie des brebis aux portes d'une boucherie. Nous avonsinvoqué la justice, pour ravir le bien d'autruî; la liberté, pour multiplier les chaînes et pour interdire les plaintes ; l'humanité, pour arroser de sang les places publiques. Ils disoient encore : Nous avons mis en mépris tous les
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devoirs, et nous avons offert à la dérision toutes les vertus ; le père a désavoué son fils, le fils a paru comme accusateur de son père; et, pour allumer toutes les haines, nous avons encouragé le mensonge , récompensé la calomnie, et salarié le faux témoignage. Enfin, nous jouant du ciel autant que de la terre, nous avons renversé les autels de la religion, et nous avons chassé des lieux saints les adorateurs du Maître du monde. Kous avons fait tout cela r ont dit les impies , et les foudres du ciel ne nous ont point frappés , et lajumière du jour ne s'est point obscurcie. Le Dieu des vengeances ne songe point à nous , il nous laisse vivre en triomphe au milieu de nos victimes, et il n'a point brisé le couteau destiné à nos sacrifices. Chaque jour, au contraire , notre force s'est accrue , notre autorité s'est élevée; et cette grande nation, que nous appelions nos concitoyens pat moquerie , s'est agenouillée devant nous*
Ils parloient ainsi dans leur aveuglement, ces hommes devenus célèbres par tant de crimes; ils parloient ainsi, et le plus haut période de leur orgueil a été l'heure de leur défaite et le signai de leur écrasement. Ils ont été renversés, maudits et foulés aux pieds;
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«t leurs derniers momens ne leur ont présenté qu'un désert; aucun regard de pitié «^ aucune parole de consolation, n'ont adouci les tourmens de leur conscience, n'ont calmé leur épouvante sur l'avenir, n'ont suspendu la rage qu'excitoient en eux une humiliation si bontetuse, un abaissement si précipité. Enfin , ils ont disparu de la terre , aux cris de joie de la nation dont ils avoient été les tyrans , aux cris de joie de tous les peuples auxquels ils avoient offert un spectacle d'borreur. Quelle fin ! quelle chute !
Ce résultat d'un règne si passager, peut*il faire dire st personne que le sort des méchans est heureux-, que leur destinée est digne d'envie? Et si nou& a^vious le courage de fixer encore un instant nos regards sur ces hommes, dont le triomphe sembloit une exception à l'ordre éternel de la Providence, nous jugerions leur mort moirïs affreuse pour eux que leur vie.
Le calme , le repos, leur étoient inconnus; et, p6ttr^uiv4s par dés pensées dévorantes, ils étoient leurs démons et portoient l'enfer avec eux. IlS'ayoient rempli, refoulé leur âme de crimes et de liîrimes, etleurnature en étoitforcée ; leur nature perverse ne pouvoit y suffire. O justice du cfiel , que vous avez été prompte ;
que vous Favez été, même pour nous qui ap*précions le temps à une si petite mesure^ même pour nous, possesseurs d'un seul de ces instans qu.i se détachent de la durée des siècles, qui passent avec la rapidité de l'éclair, et qui tombent à flots de l'éternité!
Oui y le méchant Jait une œuvre qui le trompe. Cette belle expression des Livres saints n'eut jamais une application plus évidente et plus précise qu'aux jours funestes et à l'époque dés* astreuse dont nous venons de vous rappeler le souvenir.
J^ai vu le méchant terrible ^ et verdoyant comme un laurier vert; mais j'ai passé , et voilà , il n 'est plus.
Ils sont tombés, ces hommes si puissans; ils ont péri, ces tyrans de la France, ainsi que les premiers compagnons de leurs forfaits ; et le châtiment qu'ils ont subi, la mémoire qu'ils ont laissée, serviront d'épouvante aux êtres de leur espèce , si jamais la nature en repro* duisoit de semblables.
Ici néanmoins, je vous entends, ou je lis dans votre pensée. Voilà pour les bourreaux , dites-vous ; mais leurs victimes , leurs innocentes victimes, quelle protection ont-elles reçue du ciel! Elles ont en vain réclamé las-^
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sistancedu souverain Maître du monde. Leurs pères, leurs enfans, leurs épouses éplorées^ ont en vain étendu vers lui des mains suppliantes, ont fait en vain retentir les airs de leurs cris pitoyables. Nul secours nJest venu^ nul bras libérateur ne s*est déployé , et Ton a consommé tous les sacrifices. Pleurez, familles infortunées ; pleurez , vous en avez le droit; vos larmes ne seront point injurieuses à rÉternel ^ et il répandra sur vous ses consolations; nous Ten prions du moins, nous Yen conjurons de toute la puissance de notre âme. Mais vous qui^ avec Tesprit seul, et quelquefois avec un sentiment dHndifférence^ insultez à la Providence et voudriez la faire comparoître devant votre tribunal ^our demander une explication de ses décrets ; vous qui êtes ainsi, qu'attendez-vous d'un ministre du Seigneur, et quel discours vous adresserat-il en entendant vos accusations et vos mur* mures! Contestera-t^il avec vous aU nom de l'Éternel? Non : il vous dira que les lois gênéraies de la Providence, ces lois tutélaires, tes lois abondantes en bienfaits , doivent imposer à vos doutes et à vos inquiétudes. Ua instant qui embarrasse votre esprit , cet instant pris dans l'immensité des temps, ne
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peut altérer les sentimens d admiration, de reconnoissance et de respect dont nous sommes^ pénétrés chaque jour de notre vie, dont nous sommes pénétrés en apercevant le rapport constant des merveilles de la nature et des œuvres célestes avec le bonheur de la race humaine. Nous n'avons pas été appelés à con*iioître dans toute son étendue le vaste enchaînement du monde moral, et nous ne pouvions pafs rétre, puisque cet enchaînement déborde la vie présente, ainsi que nous vous le rappel^ lerons bientôt. Loin donc qu'il nous soit per:: mis de faire usage d'une exception pour in* culper l'ordre universel , c'est à nous d'interpréter cette exception dans le sens des gran«des choses qui, par une harmonie frappante et par leur invariable uniformité, ne peuvent jamais cesser d*étre le principe véritable , le principe élémentaire de nos opinions et de notre confiance. Ah ! sans doute, en considé*rant les preuves éclatantes, les preuves in« nombrables de cette Providence tutélaire , nous aurions le droit de répondre à ceux qui nous adressent leurs murmures , à ceux qui fixent toute leur attention sur une époque particulière , et qui nous en demandent compte y nous aurions le droit de répondre :
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Allons adorer notre Dieu ; allons sur la mon" tagne sainte raconter, célébrer ses grâces infinies et ses bontés étemelles.
Non, vous ne serez point effrayés, vous dont le cœur est affermi par la piété; vous ne serez point effrayés d'une exception appa* rente aux idées que vous avez conçues de la Providence divine. Le système général établi par l'Être suprême n'est point ébranlé , il subsiste en son entier; et si votre esprit, avfde de tout expliquer, de tout entendre, s'in-^ quiétoit de ses doutes ou de son ignorance, vous vous rappelleriez ces belles paroles de notre texte : Mes pensées ne sont pas vospen^ sées > et mes voies ne sont pas vos voies , a dit VÉternel
Vous l'aurez remarqué sans doute; c'est uniquement en arrêtant vos regards sur les œuvres connues du Dieu de l'univers, que nous avons tâché d'affermir votre foi dans sa Providence. C'est du passé, c'est du présent, que nous avons tiré dos preuves; et l'avenir, ce temps sans mesure, reste là tout entier pour compléter vos motifs dé persuasion.
11 y a dans ce temps qui vient après nous, dans ce temps sans mesnre , des moyens df compensation pour les distributions dont
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vous^ VOUS plaignez.' Vous : redônnoiWez uh Êlrè sxtprénie, et vos itiurmures Tattesteiit; Car ^oudrîed-volis adrefe^er ée^ feptochhi à une aveugle nécessité MoHiddez done faire à celui qui abonde en puissance. 'Nbus-'^'ht voyons- 'fueJes bord^ de ses '^i/ùies; mais une beurçuse pensée né nbusr quittera point. Les conceptions du Dieu fort'ne^ont pas terminées; BJt Yoloùté n'est pa& anéantie/ àû- liibr ment on 'nous disparoissons de là teÉ*re. Il étoit aYlfiat ^oi^ systèhie^ ii le» s^tt, le maintient; il : Facbèirer^. ilappeUerà les justes à lui, et les régardera d^ilti ee II favorable; il leur réserve une place qui sera le second diegré de leur destinée, qui les dédommagera dçs traverses attachées à leurs premiers pas. Et alors ) selon leicpression dés Livres saints^ ce sera le temps dé chaque chose.
Considérions dcmc la vie comme ce qu'elle est en effet, comme Touverturê d'une vaste scèiîé dontledèrniêrteiime nous estinoonnu;et lie jugeonspasuncx)mmén€eme|itéommeunedeuvre complète. Qaelquefois la justice sé'conson^roé sous nos yeux; quelquefois elle tarde, et queK quefois elle est gardée pour les assises solennelles du Roi de la terre et àe$ cieux. Heureux les hommes dont la cause sera portée à ces
grands jours; heureux s'ils ont aimé Dieu , s'ils l'ont servi, s'ils ont eu confiance en leur juge! Et Dieu ditàNoé : Entre ^ toi et toute ta maUoi^^ dans V arche \ earje t'ai vu juste devant moi en ce temps.
Noti$ avons vu de nos jours une révolution qui nous a paru semblable à un déluge; et nops aurions pu dire avec Moïse , en parlant par images , que toutes les fontaines du grand abime s'éfoient rompues, et que les bondes des deux iétoient ouvertes. Un juste, tentre plusieurs, avoit frappé vps regards; il. étôit. élevé sur le trône , et tous les symboles de la granfle,\ir, tous les rayons de la gloire environ* noient sa personne; mais sortbul il aimoit le bien , il cherchoit à le faire,. et il rapportoi( à son, Dieu le pouvoir dont il étoit dépositaire. Vous Favez vu dans l'abandon , poursuivi par ses ennemis, en proie à leur aveugle fureur; et vous avez attendu jusqu'au dernier moment sa délivrance. Vous avez cherché des yeux l'arche sainte qui pouvoit lui servir d'asile; elle n'est point venue : et quand vos espé* rances ont été trompées, vous avez murmuré contre la Providence , et vous avez osé l'accuser dans votre cœur et dans vos discours. Y pensiez-vous? Ah! que n'aves-vous imité l'inno*
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cente Tti^time ! elle étoit enviconnée dies horl'eurs de la mort^* que son âme conttiiooit k bénir ie. nom de l'Étêrne}. Odi\. celui qui .fai- •oît tant de pertes en quittant la vie se coofioit à.son créateuir; et jamais une .iaceptitude ne Tint le traublèr;. jamais ^dU moins il ne se penoit HD murmure contre Le souverain dis*^ peyusateur deâ événemiéns. .^^ n'en doutons point,, il l'aura; trouvée^ cette arche de salut que TOUS Déeiaéaies pour lu i^; il l'aurfi trouvée ; non pour.se mettre' tâi mbmevt^à couvert de^ méchans en< passage sur. ia terre , mais paur arriver au s^ôlir.de Fétei^elle paix. Ne la v6yez-voaspa^,lftbarquedu Seigneur, qui vient chercher les juste^ au moment où la mort les a séparéi^e leur séjour d'épreuve ^ la voilà qui sillanne le teitips, cet océans sans bornes, et qui va de mondes» en -mondes y^prendre Jea élus dtt Dieii de l'univers. Kôus. le reoonnoissons , o notre aouvearain maître! les eieux et les abîmas vous sont ouverts pour récompenser ou poiur pimir^ et les petites gradations qui marquedt ici bas votre justîce^iet votre providence i sont imperceptibles dans Fimmenisité de vos.plaos, dans la sueccnsion iafiniede vos répartitictns let de! vos décrets^ ^ • -
Ahl vous< nous l'avez bien dît i Vos pensées:
ne sont pas nos pensées , et vos fvoies^ fie^ MM paàmosiknes. Dieu de bonté, ^«iti^ -gràee à notreiippati^c^, & iros idkcoans mQoml(iét«Ais( à ooa cri mi nelsi jin/uontt ures. Void i' pibiib wk-IÂw plusisa^ës:; jelf, iBiionçiin4i ànosfsoèmtirett «»rA* ^etUeèfieo^iiottsfbrenB un ineîUbortiisai|g4 dii pliis bêaTrx}e;vosdonâ^de>œtM iwsoiii^lEJ iwus
tenône deivDtreflUgtstfkenoè.Oiiivi^cfti^èë^{)^eet IcroBs io9: traies; \ tio^is- 'Mousi teitmlié^onb t i]««i>
yant:Tas ipensëës^i (dt t no^jK^aiAciée^oftS^'^vorttp
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ixienfi noiBij abandoiinieisâit'ièl^; «N>tis^ ' iqm
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athèBr!,'jfiacoiK9ta*e>breo<BaQnoi8sbnoeq t^r ^utip jCoid^hJoeii€])De«nple.idd^deaGl:esji0<^t 'ir^tbiré ^fdixJ qise le» téinlèbDeAiidTi iié«Br«ec«K)nt1sfaBit> gées ^pcmr .nous; ei} eiattérp cft lew- seca) deMétiie jpcir Tokrdr^o)x|3ilé li<>v{e^iteaçn<iev«Bu'eitoq no^ iîemR} vagues! )e«alteii]bèahies^.idé.9 h'àbitHp% d« 3à^pre«8e ifixeibult'iiAjjoiirjct devîeiidit>fifi pout*Seuic>kmarniHniimrfeeffkaîaMBb ^cnlpfsj'èieu^ reux que nos incEasxMapp^liéntt) ^épôt{tn3 ']de himière e tVie Jglotniy^ poujr'éiiaHiOtts^ Ifesjpèrer,
I>£ MOR^X^E . RILIGIEUSE. ïig
poQVon»*nous l'attendre? Ce sera le sujet de notre premier Discours ; revenez le méditer avec nous , et demandez humblement à l'Être suprême d'animer votre piété , d'affermir votre foi , afin que ses promesses vous touchent et que sa parole tous soit agréable. Ah ! puisse^ t-il nous aider à verser dans votre âme de nouvelles consolations ; puisse-t-il nous aider k TOUS, parler dignement et avec une sainte autorité dw dernier accomplissement de sa Providence , de cette vie future où un compte nous sera demandé, un compte dont nos craintes ou nos espérances sont déjà le pré-, sage ; nos agitations , nos remords , le formidable signal.
O Dieu ! soyez avec nous ; et si votre justice nous effraie , que Totre bonté , TOtre inépuisable bonté , nous donne la paix. Et à ceux que TOUS aimez, laissez-leur espérer que s'ils ont semé quelquefois avec larmes , ils moisson-nerontavec chant de triomphe. Être des êtres ! Dieu de charité ! ne nous rejetez pas ; et vous souvenant de notre foiblesse, daignt^ nous tendre une main secourable. Nous ne sommes rien sans vous , rien que par vous ; et dès notre naissance , dès nos premiers pas dans la vie, nous sommes l'expression et le type
dé votre Providence. C'est elle qui nous garde et qui nous rassure ; invoquons son secours ^ mais attendons ses jugemens avec espoir et avec paMence. Le Maître du monde, présent à tous les temps ^ présent à tous lieux, nous entend, nous écoute; il nous répondra quand il le voudra; et comme nos Tfoies ne soni pas sis^s voies , et nos pensées ne sont pas ses pensées y de même aussi nos espaces ne sont pas ses espaces, et nos momens ne 500 1 pas ses momens.
De MOBAUB ABUGIEUSE. lai
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