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vec une mesure véritablenient paternelle* Il à tracé le cercle extérieur où notre liberté pouvoit agir; mais il s'est réservé l'entretien tutélaire du mécanisme admirable , le ressort de nos sens et de nos plaisirs. O'est luiqui^ par sa seule puissance , met en état de vie ces fibres délicates et ces muscles nerveux assujettis à l'empire de notre volonté ; c'est lui qui, par sa seule puissance, anime notre sang et le fait circuler à travers les vaisseaux innombrables dont notre organisation se compose.
Toute cette partie de nous-mêmes subsiste et se perpétue sans nous , sans nos conseils et sans notre génie ; ou , du moins , nous ne concourons à ce but que par des soins faciles et dans les' limites de notre instinct. Notre esprit reste donc libre pour la tâche morale qui lui est confiée > et nous pouvons le consacrer tout entier au sage emploi de la vie, au progrès de nos connoissances , au culte d'amour et de gratitude que nous devons à l'Être suprême. Nous pouvons, par luij jeter un regard sur l'avenir, et jouir à tout moment des délices de l'espérance. Ah! qu'il y a de bonté dans cette division de notre être en deux administrations, et que l'idée en est magnifique ! Le libre essor de notre intelli-
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gence , ee libre essor qui nous semble propre, nous auroit fait oublier la dépendance où nous fioniines d'une autorité divine ; mais notre organisation matérielle nous ramène sans cesse à cette idée , en nous donnant le senti-* ment intime d'un assemblage harmonieux de inoyens et de forces que nous ù'avons point formé, et dont nous ne pouvons pas même pénétrer le mystère.
Étudions le système de nos facultés physiques et de nos facultés morales; étudions les' vues de notre divin Maître et leurs rapports avec notre bonheur; regardons en nous et autour de nous , chacun selon le degré d'attention dont nous sommes susceptibles; et nous découvrirons chaque jour de nouveaux sujets de reconnoissauce.
Quelle bonté encore dans l'idée sublime de l'espérance ; dans cette association du présent aux jouissances de l'avenir; dans ce vague indéfinissable qui, terminant d'une manière douce et insensible notre horizon moral , achève et complète le système admirable du monde spirituel , et le rend parallèle au système du monde physique !
Elles sont attrayantes, sans doute, les perspectives dessinées par notre imagination ,
puisque nous quittons pour elles les jUus beaux spect^les de la nature !
Ah ! qu'elles paroisseat grandes et variées » les grâces que TÉternel noujs a faîtes! Mais nous nous y accoutumons , nous naissons , nous vivons avec elles, et Thabitude nous y rend insensibles. Combien nos idées seroieut changées, si qpus obtenions par degré les divers dons du ciel! Et pour faire mieux sentir cette vérité , servons-nous encore de U supposition dont nous avons fait usage dans notre Discours précédent^ mais en l'appliquant d'une manière différente»
Adipettons un moment que l'homme fût un être riche seulement de trois ou quatre sens : un cinquième , un nouveau dont il ne pouvoit se former aucune image, lui est tout ,à cpup accordé ; il en éprouve les délices , et des cris de bénédictions s'élèvent de la terre, pour célébrer les bpntés du Dieu tout-puis-* sant. Oui, l'on remplit les temples, on y court , on s'y presse , on verse des larmes de jo^e, et l'on pe sait de quelles expresslpps se servir pour manifester Us divers ^ntimens dont on est pénétré.
La même reconnoissançe, le même enthousiasme éclateroit en tous lieux et d'un mou*
DE MORALE RELIGIEITSE. ^9
vemeot unanime , si nous acquérions pour la première fois l'une des facultés morales dont notre puissatice spirituelle est composée. Ah! quels seroient nos élans vers le ciel^ notre ferveur religieuse , et l'abandon , le délire de nos aetions de grâces, si> jusqu'à nos jours, simples êtres pensans et méditatifs , le miraculeux empire de la volonté sur l'action et le mouvement nous étoit enseigné ; si, peu de temps après, il s'associoit à nos autres prérogatives, etformoit ainsi, comme à notre vue, un des accroissemens de notre apanage!
C'estdonc pour avoir reçu toutes ensemble les magnifiques largesses de notre souverain bienfaiteur, qiie. nous ne fixons plus nos regards sur sa bonté ; et ce sont nos longues jouissances qui nous ont faits des ingrats.
Je viens à vous ipainteuant , téméraires censeurs des intentions généreuses du Dieu dç Tupivei's; oui, je viens à vous et avec tri3tesse , car je vous plains de contester ou de mettre en doiite l'idée la plus nécessaire à l'homme. La vie, dites*-vous, est un mélange^ de peir^^s et de plaisirs; souvent même elle est importuné, et la mort que se donnent plur sieurs individus atteste cette vérité. Comment donc concilier yn tel ordre de choses, ou avec
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la toute-puissance ou avec la bonté parfaite ? Nous pourrions d'abord répondre : Ce n'est pas à nous , ce n'est pas à des créatures bornées dans leur esprit, bornées dans toutes leurs facultés 9 que Ton doit demander de mettre en accord parfait deux idées infinies , deux grandeurs incommensurables. Nous ne connoissons de la puissance de Dieu que ses immenses ouvrages; et c'est assez pour notre respect, assez pour accabler notre entendement. Cette puissance pourroit avoir des limites , que nous ne le saurions pas. Nous voyons d'ailleurs que l'objection dont nous venons ^de parler doit avoir un défaut, puisqu'elle subsisteroit dans toute espèce d'hypothèse figurée par notre imagination; dans toute espèce de supposition, même la plus libre et la plus fantastique. En effet, si tous les êtres connus de nous étoient complètement heureux, on pourroit encore, en opposant la puissance infinie à la bonté infinie , demander pourquoi le nombre de ces êtres n'est pas plus considérable; on pourroit demander pourquoi la matière inanimée, les rochers, les métaux, les sables de la mer; pourquoi les feux du soleil , les rayons de lumière occupent dans l'univers un si grand
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espace? L'Être tout-puissant, sollicité par sa> bonté , ne devoit-il pas réserver cette place à des êtres sQsceptibl^es de bonheur? Enfin, après avoir admis toutes les multiplications d'êtres que l'imagina tion peut concevoir , l'objection ne seroitpas détruite; car on pourroit encore demander pourquoi d'un, être animé on n'en a pas fait plusieurs ; et à l'aide de la subdivision à l'infini, ce principe de l'école, qu'on ne peut ni admettre ni contester, l'argument n'aùroit point de fin. Ah! fuyons led embarras.que nous donne notre petite science , en faisant l'aveu de notre foiblesse. Nous ne pouvons définir ni connoître l'esprit moteur qui régit l'ui^vers j et nous ne pouvons nous placer, même par la pensée, au milieu des perfections divines. Le poids que' nos bras lèveront est fixé par des lois iînmuables; et de même le période auquel nos facultés morales atteindront, est irrévocablement déterminé. Tu iras jusque-là, nous a dit l'Éternel , et tu ne passeras point cette borne. Qu'il nous suffise donc de concevoir la suprême puissance, en regardant les miracles sans nombre dont nous sommes environnés. Qu'il nous suffise de concevoir la suprême bonté, en considérant les rapports établis, entre le système xui. 6
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général de la nature et notre bonheur habituel.
Ce sont les grandes masses qui doivent nous frapper, et non les exceptions en petit nombre dont nous ne pénétrons pas le secret. Vous exagérez les) peines semées sur notre route ; et en citant quelques suicides , l'expression peut-^ être d'un sentiment instantané, vous ne tenez aucun compte de cet amour de la vie si gêné*» ralement senti; vous dissimulez les soins continuels de l'homme pour conserver ses jours ^ non pas seulement dans la jeunesse, mais en* core à cet âge où déjà le tableau du monde com mence à pâlir, et où l'espérance redemande ses couleurs et son pinceau. ^
Enfin, vous vous rappelez toujours la puissance de l'Auteur de la nature, quand vous voulez accuser sa bonté; mais avez<>vous songé que noil pas cette grande puissance dont nous ignorons la limite, mais une puissance de quelques degrés seulement supérieure à la nôtre, eût suffi pour faire de la demeure des hommes une vallée de larmes et de gém^isse^ mens? Nous le savons, et quelques tyrans nous l'ont appris; les oeuvres de persécution sont faciles : et si le maître souverain de l'univers i^'eùt pas été bon, ce n'est pas lui qui auroit
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manqué de cavernes ténébreuses pour nous y renfermer , et d'apprêts infernaux pour varier nos tourmens et perpétuer nos douleurs.
Ainsi, lorsque le plus commun de tous les degrés de puissance auroit suffi pour condamner les êtres animés à un malheur sans interruption , ne croitrons-nous pas à la bonté divine, en voyant la terre et les cieux s'unir et s'accorder ensemble pour-com poser nos plaisirs ! Oui, nous y croirons, à cette }>onté, nous y croirons avec émotion, avec reconnoissance, avec tous les sentimens qui peuvent être of^ferts en hommage au souverain arbitre de nos destinées. Hélas! nous éh avons besoin, de cett^ bonté, lorsque nous offensons si souvent notre protecteur par des plaintes injustes ou par nos murmures.
ODieu! voua nous pardonnerez. Nous sommes , envers vous , notre souverain maître, ce que sont les enfans à xiotre égard; nous les environnons de notre surveillance, nous leur prodiguons nos soins; et à la moindre privation, au plus léger refus, ils murmurent où se dépilent. Nous les aimons toujours; vous en ferez*de même , généreux bienfaiteur, être des êtres, qui n'avez aucun besoin de nés louanges et de nos hommages. La bonté est en
vous Je complément de vos perfections; elle est essentiellement unie et à votre suprême sagesse et à votre puissance infinie. Oui, la bonté a marqué le but de vos œuvres; elle est ainsi de part dans leur magnificence r car selon nos idées, l'utilité est une des conditions du beau , du vrai beau , du beau pour le temps et les siècles : ainsi la conception de l'univers, ces mondes sur des mondes , ces astres rayonnans de lumière, cette pompe des cieux et les richesses particulières de la terre , celles que nous parcourons de nos regards , que notre esprit admire ; tant de merveilles enfin ajoutées à tant de merveilles, que seroien t-elles encore sans le but que nous voyons par tout^ le bonheur des êtres animés?
Oserions-nous le dire? la bonté est l'intérêt personnel d'un être sans rival, d'un ê(re audessus de tous les autres. Notre imagination du moins ne peut lui en attribuer aucun autre.
Oui, nous devons chercher notre Dieu dans tous les symboles qui annoncent la bonté. Il est, il vit essentiellement pour nous dans les plus doux monvemens, dans les plus touchantes impressions de la nature; il est, il vit à perpétuité dans le bonheur de ses créatures^
dans ses vues présentes et dans ses projets paternels; il vit, et dans le moment dont nous sommes témoins, et dans cet avenir qu'il a préparé pour ses élus. Il veille sur notre sort, il écoute nos plaintes, et il nous dit à tous, quelle affaire as -tu, Élie?
Nous venons de retracer les principaux motifs de notre confiance à la bonté du Di/eu de la nature; cette confiance est la vôtre sans doute; vous seriez trop malheureux, s'il en étoitautrement Aussi, dans ce moment, nous avons moins songé à vous rassurer qu'à montrer dans son éclat la première perfection de la Divinité, celle qui doit servir de fondement à notr€ système de morale , et qui nous garantit la vérité des paroles de notre texte : Car ses yeux sont trop purs pour voir le mflL
Oui , ses yeux «sont trop purs pour voir le mal; donnons à ce grand principe de nosac-tions un nouvel appui. Nous le trouvons encore dans le cercle de la religion naturelle, le seul que nous parcourons en ce moment.
Dieu aime l'ordre , nous n'en pouvons douter. Il y a un but et une marche régulière dans tous ses ouvrages ; une pensée bienfaisante ^ un sentiment moral, sont en rapport continuel avec les lois qui régissent toutes les
puissances physiques de l'univers. L^Auteur de la nature veut répandre le bonheur; voilà le terme qu'il se propose ; et, guidé par cette généreuse intention , il donne des sens aux êtres animés : et les rayons de lumière , la tempe* rature de Tair, le cours des saisons , la variété, la saveur des plantes , tout , aux cieux et sur la terre , est mis en relation avec ces mêmes sens, les premières sources de nos plaisirs. Un pareil enchaînement, une égale sympathie »
se font remarquer dans cette admirable union des deux élémens qui forment notre essence, L'esprit et la matière, Faction et la volonté, les réalités et les espérances; tout est combiné avec une harmonie parfaite; et la méthode semble placée au milieu même des mystères dont nous n'apercevons que les effets. Enfin , notre force a sa mesure ;ii0trc intelligence . son étendue; notre imagination son cours; notre liberté sa consigne , et notre système moral , considéré dans son ensemble, n'est pas moins un prodige en régularité qu'un mi* racle perpétuel de pouvoir et de science.
O Dieu ! quel ordre magnifique est déploya devant nous! Nos regards en sont étonnés , et notre esprit s^élève aux plus hautes pensées \ mais pour suivre notre sujet , c'est à nos obli-
gâtions et à nos devoirs que nous voulons en ce moment ramener votre attention.
L'homme, enrichi de tous les dons qui peuvent l^enorgueilHr , découvre aisément, en s'examinant hii^méme, que Tétat social est sa destination sur la terre. La faculté de communiquer nos pensées, la faculté de les transmettre jusqu'aux générations les plus éloignées ; les progrès que nous faisons dans la science par l'émulation; les encouragemens que la louange nous donne, et l'assurance qu'acquièrent nos idées au milieu des comparaisons et des parallèles; ces divers résultats qui s^'acGordent si complètement avec la per-> £ectib;lité dont nous sommes susceptibles, nous marquent distinctement notre route, et nous apprennent que nous sommes ap-* pelés par la nature à vivre avec nos sembla* blés.
Nous la trouverons belle , cette vocation, si nous réfléchissons qu'elle nous associe aux vues générales de l'Être suprême, de l'Être éminent en bonté ^ de l'Être qui se répand sans cesse autour de lui pour semer et multiplier le bonheur ; de l'Être enfin qui exécute avec ordre et avec régularité tous les projets conçus dans son amour, tous les desseins tra-
ces par sa sagesse. Oui , les vertus sociales et le système de moralité qui en forme la base> sont une imitation des grandes pensées de notre Dieu , et en même temps le plus beau culte que nous puissions lui rendre !
La vie solitaire tient oisives et inutiles une grande partie des facultés dont le ciel nous a doués ; et ce n'est pas là ce que veut de nous notre souverain maître. Mais, pour se réunir avec ordre en Communautés nombreuses , potir établir un concert entre les intérêts de cbaque individu , pour apaiser le tumulte des passions rivales , il faut y élever avec res; pfsct Fautorité de la morale religieuse; autorité précieuse , l'imagp ou la ressemblance de cette force toujours agissante choisie par l'Etre suprême, pour tenir en harmonie tous les élén^ens et toutes les substances de l'univers.
Conformons-nous dans notre empire terrestre, dans cet empire confié à notre pouvoir intellectuel ; conformons-nous à l'esprit des lois divines , et recherchons , étudions nos devoirs dans le plus magnifique et le plus imposant de tous les livres , dans les œuvres de rÉternel.
Ces œuvres, nous l'avons dit, rappellent sans cesse à notre esprit l'ordre dans l'exécu-, tipn , la bonté dans le principe. £t la morale
est-elle autre chose que Tunion de l'ordre avec la bonté? la bonté, distinctement ex* primée par la tendance de tous nos devoirs à raffermissement du bonheur commun ; et Tordre, également nécessaire lorsque, sous le nom àe justice y il sert de garant aux propriétés , de mobile au travail , de sauvegarde à la paix intérieure, et de soutien perpétuel au système ingénieux et bienfaisant des sociétés politiques. .
La bonté de Dieu est infinie comme son amour; Tordre qu'il fait observer est vaste comme sa pensée.
La morale des hommes s'applique à une administration circonscrite , à une administration proportionnée au petit espace dont nous avons été rendus possesseurs ; mais cette morale est de même empreinte , et empreinte uniquement, des deux caractères sublimes que nous remarquons dans la formation et le gouvernement du monde.
Ce rapprochement fixera sans doute votre attention; il grandit, il relève nos fonctions sur la terre ; et nous devons nous plaire à retrouver partout le sceau, du même maître.
Enfin , je suppose un moment les hommes devenus indifférens aux leçons que leur donne
po tovus
le grand spectacle de l'univers, anx leçons que leur donnent ks oeuvres du Très-Haut, cette image vivante dé ses perfections ; je les suppose encore absolument distraits, et devenus incapables de recevoir aucune instruc-» tion par la méditation de leur esprit ; n'aii-* roient-ils pas un intérêt secret qui leur servi«roit d'éveil'; n'auroient-ils pas une conscience, un œil intuitif 9 où les principaux traits de la Divinité, où ses rayons se réfléchiroient ?
D'où vient en effet ce mouvement général de la part des hommes , ce mouvement naturel qui les porte à invoquer TÊtre suprême, au milieu de leurs inquiétudes et de leurs alar-^ mes; d'où 'vient->il ce mouvement presque involontaire., si ce n'est du sentiment qu'il existe au ciel un Dieu de bonté ?
D'où vient en mémei temps ce combat, ce remords de la part des hommes, quand ils enfreignent ouvertement les lois de la morale, quand ils s'abandonnent à des actions crimi* nelles ; d'où vient-il , ce remords , si ce n'est de la conviction que, par une telle conduite , ils offensent un maître puissant dont les yeux^ sant trop purs pour voir le niai? Ils ne peuvent mécoonoitre, ils ne peuvent oublier, même dans l'étourdissement de leurs passions,
DE MORALE RELIGIEUSE. Qt
qu'ils ont un usage à faire de leur vie, un compte à rendre de leur liberté ; et ils ne sau« roient sans peur dire à l'Etre suprême : Nous avons tourné contre vos vues bienfaisantes Fesprit que vous nous aviez donné , la force que vous nous aviez communiquée , les fa-^ cultes dont vous nous aviçz enrichis.
Ah! n'en doutons point, la traiiquillitç du vice et la croyance en Dieu sont incompatiblés. Ce Dieu que nous adorons , ce Dieu qui a formé les cieux et la terre , réunit en son essence le beau moral dans le plus haut degré de perfection ; et nous ne saurions concevoir autrement sa «ature et son être. Oui, c'est en lui que nous pouvons , qife nous devons chercher le pur, l'inaltérable modèle ties vertus que nous estimons sur la terre. Heureux que nous sommes d'être placés sous la protection d'un tel maître! heureux que nous sommes d'éle^ ver avec espérance nos regards jusqu'à lui !
Hélas! nous serions d'abord effrayés, en pensant que nous adressons nos prières à celui qui tient de la même main la trame de notre existenceet les ressorts des cieux; à celui nui , de la même force , anime notre souffle de vie, et met en mouvement les mondes innombrables dont le firmament est peuplé;
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mais nous sommes plus que les deux, plu^ que les mondes, auprès d'un Dieu de bonté; auprès d'un Dieu qui s'est épris du bonheur dont il pou voit être la source. Douce consolation ! adorable pensée! et qui nous conduit naturellement à vous moiitrer un nouveau rapport de la morale avec les perfections divines»
Nous sommes aimés de notre Créateur; ce nom que nous donnons au Dieu de l'univers, ce nom seul , l'expression d'une relation sublime, doit nous remplir d'espérance. Nous sommes aimés de notre Créateur; nous en sommes aimés. Nous devons vdonc aider ses vues pour lebonhe\ir des êtres intelligens et sensibles qu'tl a faits à son image;" et pour atteindre à ce but, le seul moyen qui nous >soit donné, c'est la'morale, la morale et les devoirs qu'elle impose. Nulle association po* litique ne peu t subsister sans elle ; et, de même, nulle confiance entre les particuliers , nulle union dans les familles , nulle sûreté dans le commerce, nul repos dans la possession , nul pacte de durée entre les nations^ nulle tempérance même dans les mesures du gouvernement. Jugez si la morale n'est pas bienfaisante de sa nature, et s'il est sur la terre un
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autre tribut digne d'être offert en reconnpissance à l'Être des êtres, au Dieu qui nous anime , et qui , du haut des cieux , nous protège par sa puissance, et s'unit à nous par sa bonté.
La morale, considérée dans nos rapports d'homme à homme, est une. sympathie raisonnée; et dans nos rapports intimes, dans les relations de nous avec nous, elle sert de guide à nos déterminations et de frein salutaire à notre liberté. La morale est encore dans l'ordre social la plus douce des autorité»; et dans l'administration, dans le maniement des affaires publiques , elle est la meilleure sagesse. La morale enfin , sous l'aspect de la religion, estle point de réunion des pensées de Tborome avec les pensées du Créateur; et, rapprochée de nos intérêts à venir, elle devient lepriucipe de nos espérances , puisqu'elle indique là route où nous pouvons obtenir un mérite auprès d*un Dieu de justice, auprès d'un Dieu de compassion et de charité.
La morale réunit ainsi les plus grands ca* ractères; et c'est encore un de ses traits remarquables, d'être sans cesse présente à nos regards ou à notre souvenir; de l'être autant par le remords, au moment où nous nous éloignons
ti'elie, que par la paix de rame, au moment où nous lui rendons un culte. O Dieu parfait, c'est de vous que nous tenons une législation dont l'esprit sublime se rapporte exactement et à notre nature , et à notre félicité ! Elle nous vient de vous, cette législation gravée au fond de notre conscience; elle nous vient de vous, et nous ramène à vous.
Ah ! quel hommage de reconnoissance pourrons-nous offrir chaque jour à notre généreux bienfaiteur! Nous sommes ses créatures; que ferions-nous pour lui? Nous n'avons point d'héritage à part de ses dons; nous ne possé** dons rien qu'il ne puisse reprendre. Ah ! du moins nous nous dirons, nous nous souviendrons que ses yeux sont trop purs pour voir le mal , et nous chercherons à rendre dignes de son approbation nos actions et nos pensées.
Nous nous dirons, nous nous souviendrons qu'il est le Dieu de bonté ^ le Dieu de l'ordre j / de l'ordre universel; et nous observerons les
lois de la morale , ces lois de sagesse et de charité; enfin, toujours respectueux envers l'Être suprême, nous voudrons que notre conduite soit en rapport avec ses perfections; et notre vie d'un moment , avec les temps éter-* nels dont il dispose. Yeuille l'Être suprême
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seconder nos eflbrts, et nous guider par sa lu*^ mière dans le chemin difficile que nous avons à parcourir! Ce chemin mène à lui, manquerions-nous de courage ? Ce chemin mène à lui, y entrerions-nous avec nonchalance , y marcherions nous d'un pas incertain?
O notre Dieu , que-vos regards paternels ne se détournent point de nous! Vos yeux sont trop purs pour voir le mal; mais voici : nous renoncerons à nos habitudes vicieuses, et nous renaîtrons à k. vertu; nous renaîtrons au^ sentimens que vous aimez, et novis nous réjouirons d'être aperçus de l'Éternel; noua nous réjouirons de sa toute présence. Malheur à celui qui craindroit cette pensée. Malheur à celui qui demanderoit aux ombres de la nuit de l'environner, et aux ténèbres du sépulcre de le couvrir. Hommes infortunés, qui fuiriez la justice de l'Être suprême^ et qui ne connqitriez pas sa miséricorde; que la religion, ses enseignemens , sts consolations , vous préser-- Tent d'un si tri&te sort , en préservent chacun de vous en particulier! Ah! puisse cette reli** gion ftftinte roxks purifier, vous éclairer et vous mettre en état de paroitre sans frayeur aux regards du Maître du monde, aux regards de celu^ dont les yeux sont trop puts pour voir le mal l ^
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